Châteaux de France

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:26

#38: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mar Mai 13, 2008 2:49 pm


CAUMONT, à Cazaux-Savès (40 km de Toulouse)

Le berceau d'un favori.



Dans la vallée de la Save, le château de Caumont surprend par ses
particularités architecturales.Ses toits en ardoise, inhabituels en
Gascogne, ou l'alternance de briques et de pierre de ses façades sont
quelques unes des originalités de cet édifice qui, reconstruit par les
Nogaret de La Valette à l'époque de la Renaissance, servit de cadre à
l'enfance du célèbre duc d'Epernon.



Quelle belle réussite pour un cadet! Né en 1554, au château de
Caumont, Jean Louis Nogaret de la Valette, doté d'un physique agréable,
parvient à s'agréger au groupe des mignons, qui gravite autour du roi
Henri III.C'est le début d'une grande carrière, qui le voit accumuler
une fortune considérable, contracter une brillante alliance avec la
richissime Marguerite de Foix-Candale et devenir, par la grâce du roi,
duc d'Epernon.



Le favori, qui a tout fait pour permettre le rapprochement d'Henri
III et du futur Henri IV, sombre pourtant dans une semi disgrâce à
l'avènement du Béarnais.Il mettra à profit cet éloignement pour faire
édifier, à partir de 1599, le somptueux château d'Epernon, près de
Bordeaux.



La seigneurie de Caumont, attestée dès 1112, appartient alors à
Etienne de Caumont, dont le descendant direct, Guillaume III de
Caumont, sénéchal de Toulouse, transmet ses biens à sa fille unique,
Indie.Son second mari, Guy de Comminges, resté sans enfants, lègue
Caumont au puissant Gaston Phoebus, comte de Foix, vers la fin du XVè
siècle.On ne sait si la forteresse primitive était toujours debout
quand, en 1521, Marguerite de Lisle-Saint-Aignan apporte la terre de
Caumont en dot à son mari, Pierre de Nogaret de la Valette, gentilhomme
gascon qui devait s'illustrer au côté de François 1er en Italie.

C'est eux qui entreprennent à partir de 1525, la construction du
château actuel, qui sera poursuivie, à partir de 1550 par leur fils
Jean de Nogaret.

L'édifice, un quadrilatère avec cour intérieure, est flanqué sur
ses angles extérieurs de quatre tours quadrangulaires, disposés de
biais, ce qui témoigne peut-être des restes d'une construction plus
ancienne.

Elles présentent une touche d'originalité certaine avec leurs
toits d'ardoise de forme pyramidale, en "mirande" qui contrastent avec
les toits plats, autrefois couverts en tuiles canal, du corps de logis.

L'entrée de la cour, pour sa part, est cantonnée de deux tours
polygonales à toitures en bulbes, que reliait jadis une muraille
détruite au XVIIè siècle pour ouvrir la cour sur la campagne
environnante.L'édifice dont l'aspect austère traduit encore des
préoccupations défensives, voit ses façaces animées par l'alternance
d'assises de pierre et de brique disposéees en bandeaux
parallèles.L'aile nord,percée de fenêtres à meneaux dans le goût de la
Renaissance, comporte un balcon reposant sur de puissantes consoles.



Héritier de Caumont en 1550, Jean de Nogaret, époux de Jeanne de
Saint-Lary Bellegarde, est le père du futur duc d'epernon.Jusqu'à sa
mort survenue en 1576, il s'emploie à terminer le
château,définitivement achevé lorsque en 1584, son fils y reçoit le roi
de Navarre, le futur Henri IV, dont il essayait d'obtenir la conversion
au catholicisme.Quelque peu délaissé par l'ancien mignon d'Henri III,
le château revient après sa mort à son fils Bernard de Nogaret, second
duc d'Epernon.C'est ce dernier, semble-t-il, qui fait relever l'aile
sud, détruite par un incendie en 1658.Parcourue sur sa longueur par une
galerie à arcades, elle reste étonamment proche du style adopté pour
l'aile nord.A la mort du second duc, en 1661, Caumont passe à son neveu
Louis Félix, fils de son demi-frère, Jean-Louis de la Valette

C'est le nouveau seigneur de Caumont qui fera abattre la muraille,
à laquelle donnait accès un pont-levis qui fermait la cour.Resté sans
enfant, il lègue Caumont à sa soeur, épouse de Gaspard Fieubet, premier
président au Parlement de Toulouse.Le ménage Fieubet étant resté lui
aussi sans descendance, Caumont est légué à Alexandre Percin, marquis
de Montgaillard, à charge pour lui de relever le nom de La Valette.



A la fin du XVIIIè siècle, le mariage de Pauline de
Montgaillard-La-Valette fait entrer Caumont dans la famille
Mac-Mahon.En 1830, James de Mac-Mahon, cèdant à la mode du néogothique,
fait "habiller" les façades du château dans le style troubadour, avec
fenêtres en ogives et créneaux.A proximité du château, un petit castel
couronné de créneaux et flanqué d'échauguettes rappelle seul cette
campagne de travaux.Le gendre de Mac-Mahon, le marquis de Castelbajec,
général de division et ambassadeur en Russie, hérite de Caumont.Le
château passe ensuite à son fils Gaston, né de son second mariage avec
Sophie de la Rochefoucauld, qui sera écuyer de l'empereur Napoléon
III.C'est lui qui s'emploie à supprimer les transformations apportées
dans la première moitié du XIXè siècle.Caumont appartient aujourd'hui
au vicomte et à la vicomtesse de Caste Castelbajac, qui y ont entrepris
une importante campagne de restauration, rétablissant les fenêtres à
meneaux et abaissant le niveau de la cour, surélevée au XIXè siècle, ce
qui a permis de dégager les oculies éclairant le sous-sol.



Prétendant descendre de Guillaume Nogaret, chancelier de Philippe
le Bel, les Nogaret de La Valette, que les mauvaises langues disaient
issus d'un simple notaire, connurent une extraordinaire et rapide
ascension grâce au mignon d'Henri III.Son fils aîné, Bernard(1592-1661)
fut gouverneur de Bourgogne et de Guyenne, mais se rendit si
impopulaire que l'Ormée, un mouvement municipal dirigé contre
l'autorité royale, éclata à Bordeaux en 1651, dans le contexte de la
Fronde des princes.Son frère, (Louis(1593-1639) archevêque de Toulouse,
cardinal en 1621, était tellement inféodé à Richelieu qu'il était
surnommé le "cardinal valet".



Bernard de La Valette, deuxième duc d'Epernon, fit une brillante
alliance en épousant, le 12 décembre 1622, Gabrielle-Angélique de
Bourbon (1603-1627) fille légitimée d'Henri IV et de sa maîtresse,
Henriette de Balzac d'Entragues, marquise de Verneuil.La jeune épousée
était l'une des favorites de la reine Anne d'Autriche, qui lui donna
préséance sur toutes les duchesses de sa suite.













Duc d'Epernon

Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:27

#39: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mer Mai 28, 2008 4:52 pm


SAINT FARGEAU Le mariage du Moyen Age et du Grand Siècle.



Vaste pentagone irrégulier flanqué de tours rondes, le château de
Saint-Fargeau se dresse au coeur de la paisible campagne de la
Puisaye..Mêlant avec une grâce rudesse de l'architecture féodale et
élégante du style classique, Saint-Fargeau passa entre de nombreuses
mains avant d'accueillir au XVIIè siècle l'exil de la Grande
Demoiselle, la frondeuse cousine de Louis XIV, qui y entretint une Cour
princière.



En 1652, Louis XIV, exaspéré par le humeurs frondeuses de sa
cousine, la somma de se retirer dans l'une de ses demeures.Le choix de
la Grande Demoiselle se porta sur Saint-Fargeau situé à trois journées
de Paris et à égale distance de Blois.

Dans ses Mémoires, elle reviendra sur son arrivée au château :
"Nous arrivâmes à deux heures de nuit, il fallut mettre pied à terre,
le pont était rompu, j'entrai dans une vieille maison où il n'y avait
ni porte ni fenêtre, et de l'herbe jusqu'au genoux dans la cour : j'en
eus une grande horreur.L'on me mena dans une vilaine chambre, où il y
avait un poteau au milieu.La peur, l'horreur et le chagrin me saisirent
à tel point que je mis à pleurer".



Au Xè siècle, Héribert, frère naturel de Hugues Capet et évêque
d'Auxerre, fit édifier sur les bords du Loing un rendez-vous de
chasse.Les terres des évêques passent ensuite aux mains des vicomtes de
Narbonne, de la maison de Toucy, qui assoient progressivement leur
domination sur l'ensemble de la Puisaye.En 1255, la seigneurie de
Saint-Fargeau passe par mariage à la maison de Bar.Ses membres la
conservent jusqu'en 1430, date à laquelle les terres de Saint-Fargeau
sont vendues à la maison de Montferrat.



En 1450, le manoir et la seigneurie sont vendus à Jacques Coeur,
argentier de Charles VII, dont la fortune immense lui vaut de
nombreuses inimités.En 1451, il est accusé de l'empoisonnement d'Agnès
Sorel, favorite du roi ; cette accusation entièrement fabriquée, est
bientôt relayée par d'autres.Le grand argentier, dont tous les biens
sont confisqués, parvient à s'enfuir et meurt en exil.

La légende qui entoure ce riche personnage en fait le
commanditaire du nouveau château de Saint-Fargeau.C'est cependant à son
successeur, Antoine de Chabannes qu'il faut attribuer le château
actuel.Ancien compagnon de Jeanne d'Arc devenu marcenaire, chef d'une
"bande d'écorcheurs" qui ravagent les campagnes, Antoine de Chabannes
doit surmonter l'opposition de Louis XI avant de pouvoir jouir de son
domaine.

La construction du nouveau château débute vers 1467.Le pentagone
irrégulier qui voit le jour d'élève sur les fondations de l'ancien
château.Les hautes courtines sont flanquées de six puissantes tours qui
reprennent en partie la structure des tours de l'ancienne forteresse ;
deux tours viennent encadrer l'étroite entrée à pont-levis.

Erigé en comté en 1541, Saint-Fargeau revient à Nicolas d'Anjou,
descendant d'un bâtard du roi René, qui entreprend de transformer le
fier château fort en demeure Renaissance.En 1566, Saint-Fargeau passe
par mariage à François de Bourbon, duc de Montpensier, dont la petite
fille épousera le frère de Louis XIII, Gaston d'Orléans.De ce mariage
naîtra la Grande Demoiselle.



C'est avec l'arrivée de la Grande Demoiselle que Saint-Fargeau connaît sa véritable heure de gloire.

De 1654 à 1657, elle entreprend la modernisation du château,
confiant la direction des travaux à François Le Vau.Celui-ci conserve
les tours, qu'il dote de lanternons élancés, et rebâtit les corps de
logis, qui s'ornent de belles façades classiques.Il crée également la
cour d'honneur ainsi qu'un parc à la française.Rappelée à la cour en
1657, la duchesse revint à Saint-Fargeau le temps d'une seconde
disgrâce en 1662.Passé au mari de la princesse, le duc de Lauzun, le
château est vendu en 1715 à Michel Le Peletier des Forts, futur
contrôleur des Finances, qui fit édifier l'aile nord-ouest , appelée
aile des Forts.



En 1752, un terrible incendie ravage une partie de la ville et les
trois quarts du château.L'aile Montpensier, qui abritait les
appartements de la duchesse, est totalement détruite.A la veille de la
Révolution, le château appartient à Louis-Michel Le Peletier de Saint
Fargeau, qui se range du côté des Jacobins pendant la Révolution.

Passé à sa fille, la première pupille de la nation, qui épousera
en secondes noces son cousin Le Peletier de Mortefontaine, le château
traverse sans encombre cette période trouble.Un parc à l'anglaise est
aménagé en 1809.Le château passe par héritage aux Boisgelin, aux
Anisson du Perron puis à la marquise d'Ormesson, mère de l'écrivain
Jean d'Ormesson qui a évoqué son enfance au château dans son roman "Au
plaisir de dieu".

Saint-Fargeau appartient aujourd'hui à M et Mme Guyot qui y ont entrepris une importante restauration.





Egalement connue sous le nom de tour du Moulin, la tour Jacques
Coeur présente un diamètre de 28 mètres.Elle est dépourvue de
campanile, vraisemblablement depuis le terrible incendie de 1752.Ses
murs épais par endroit de plus de 4 mètres, abritaient le donjon.Elle
possède à sa base une galerie de contremine, couloir voûté permettant
de détecter d'éventuels travaux de mine.Ceux-ci consistaient à percer
une galerie sous les courtines pour les faire s'effondrer.



Dans ses somptueux appartements, la Grande Demoiselle réunit ses
familiers, parmi lesquels son père Gaston d'Orléans, le Grand Condé,
l'un des chef de la Fronde, le maréchal d'Etampes ou encore la marquise
de Sévigné.Dans les cuisines du château officie alors un marmiton fort
doué pour le violon, Jean-Baptiste Lulli, futur maître de musique de la
famille royale...





Président à mortier au parlement de Paris, Louis Michel Le Peletier
de Saint-Fargeau (1760-1793) est élu en 1789 député de la noblesse de
Paris aux états généraux.Quelques mois plus tard, il passe du côté du
parti révolutionnaire des Jacobins en 1791.Il siège à la Convention
nationale où le 15 janvier 1793, il vote la mort du roi.La veille de
l'éxécution, il est assassiné dans un café du Palais-Royal par un
ancien garde du corps de Louis XVI, qui portant son coup, prononce ces
mots "Reçoit ta récompense".La dépouille de celui que l'on proclame
"martyr de la Liberté" est portée en grande pompe au Panthéon avant
d'être inhumée dans la chapelle de Saint-Fargeau.










Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:28

#40: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Juin 07, 2008 4:37 pm


CAZENEUVE à Préchac Le fief aquitain de la famille d'Albret



Bâti sur un promontoire dominant les confluents du Ciron et du ruisseau
de Honburens, le château de Cazeneuve, l'un des joyaux du pays
bazadais, est remarquable pour son architecture mais aussi par la
qualité de ses hôtes qui le possédèrent.Fief de la famille d'Albret
depuis le haut Moyen-Age.



A Cazeneuve, ils étaient un peu chez eux, Louis XIII le filleul
tendrement aimé par la reine Margot, passa à Cazeneuve le 10 octobre
1620.

Dans cette demeure qui avait été celle de son père, il fut
accueilli par son cousin, Raymond de Vicose, et dormi dans la propre
chambre d'Henri IV.Trente ans après, Louis XIV s'arrèta à son tour dans
le fief ancestral des Albret, alors qu'il faisait route vers
Saint-Jean-de-Luz, où il allait épouser l'infante Marie-Thérèse
d'Autriche.

Pour remercier son cousin, de son hospitalité, il lui offrit son
portrait.Cette rare représentation du roi jeune orne aujourd'hui encore
les murs du grand Salon du château.

Dès le XIè siècle, une maison forte, consistant en une simple tour
de bois et de pierre, existe à Cazeneuve.Cette tour est bâtie sur une
puissante motte qui se dresse à l'extrémité d'un promontoire rocheux
séparé du reste du plateau par une large coupure artificielle.En 1253,
un document atteste que le château est en possession d'Amanieu V
d'Albret, qui rend hommage pour son fief à Gaston de Béarn.Le château
qui reçoit à plusieurs reprises la visite d'Henri III et d'Edouard 1er,
rois d'Angleterre et maîtres de l'Aquitaine, est intégralement
reconstruit, au XIV è siècle par Amanieu VII d'Albret.

Adossée à l'ancienne tour, la nouvelle construction se présente
comme un vaste polygone irrégulier, entouré de douves et auquel on
accédait autrefois par un pont-levis.L'ensemble était précédé par une
vaste basse-cour, entourée d'une enceinte crénelée, qui abritait le
bourg de Cazeneuve, défendu par une imposante barbacane, dite " tour de
Lusignan".La cour du château est, du côté de l'ouest, bordée par une
courtine surmontée d'un chemin de ronde, les corps de logis, en équerre
et sans doute primitivement cantonnés de cour, se déployant au
nord-est.La cour du château a pour particularité de comporter deux
niveaux : le niveau inférieur, qui correspond à l'ancienne coupure
séparant la motte du plateau, abrite des caves voûtées et un puits.



Imposante résidence, le château de Cazeneuve reflète la puissance
de la maison d'Albret, alliée aux Capétiens dès le XIVè siècle, et dont
plusieurs représentants gravitent dans l'entourage royal où ils
occupent de hautes charges.En 1484, le mariage de Jean d'Albret avec
Catherine de Foix, héritière du royaume de Navarre, représente un pas
supplémentaire dans l'ascension de l'illustre maison, que renforce
encore l'alliance conclue entre Henri II d'Albret, roi de Navarre et
Marguerite de France, la propre soeur de François 1er.Leur fille Jeanne
d'Albret, sera la mère du future Henri IV qui porte, jusqu'à son
accession sur le trône de France, en 1589, le titre de roi de Navarre.

Héritier de Cazeneuve à la mort de sa mère, en 1572, Henri IV fait
preuve d'un attachement particulier pour la vieille demeure familiale,
où il aime à venir chasser.A partir de 1583, dans l'attente de
l'annulation de son mariage, il y assigne à résidence son épouse, la
célèbre reine Margot, qui, selon la légende, emprunte les souterrains
du château pour honorer de galants rendez-vous...Devenu roi de France,
Henri IV, assailli par les difficultés financières, se résout à se
séparer de Cazeneuve.Pour assurer la continuité familiale, il vend le
château en 1595, à son cousin et ami d'enfance Raymond de Vicose,
descendant des Albret.



A peine entré en possession des lieux, Raymond de Vicose s'adresse
à l'architecte Pierre Souffron, qui a déjà travaillé à Cadillac pour le
duc d'Epernon, afin de mettre au goût du jour la vieille
demeure.Entrepris en 1600, les travaux donnent naissance au château tel
que nous le connaissons aujourd'hui.De larges ouvertures sont percées
dans les murs du logis, dont les appartements, pourvus de cheminées
monumentales, sont intégralement réaménagés.Transformé en pont dormant,
le pont-levis commandant l'accès à la cour s'ouvre sur un portail à
pilastres toscans supportant l'entablement sommé d'un fronton brisé.Ce
portail s'ouvre dans un mur épais couronné d'un promenoir.Dans la cour,
de vastes communs viennent s'adosser à la courtine médiévale qui est
conservée.Elevée sur trois niveaux, les bâtiments formant le logis,
bordés d'une vaste terrasse au sud, sont coiffés d'un haut comble
couvert d'ardoise, aujourd'hui remplacé par un toit bas en tuiles
canal.

D'élégantes lucarnes dont les frontons, alternativement cintrés et
rectangulaires, sont accostés d'ailerons, s'ouvrent dans les toits.Au
XVIIè siècle, la petite fille de Vicose, épouse François de Caumont La
Force, marquis de Castelmoron.Par la suite le château passera, toujours
par mariage, aux Rochefort Theobon, puis aux Pons, descendants directs
d'Amanieu VII d'Albret par sa fille Jeanne, épouse de Ranaud V de
Pons.En 1835, le mariage d'Adélaïde de Pons avec Joseph Léonide de
Sabran-Pontevès fait entrer le château dans cette illustre famille
d'origine provencale, qui le possède toujours.Le comte Elzéar de Sabran
et son épouse président depuis 1989 aux destinées de Cazeneuve, qu'ils
ont ouvert à la visite après avoir mené à bien d'importants travaux de
restauration.



Raymond de Vicose, que son cousin Henri IV, affligé d'un fort
accent gascon, n'appelait jamais autrement que "Bissouze", fut élevé à
la Cour de Navarre.Conseiller du roi, Contrôleur général en Guyenne, il
s'illustra particulièrement au côté du souverain lors des batailles
d'Ivry et de Coutras en 1590.A Ivry, le roi lui fit dont en signe
d'affection, de son panache blanc.Le panache devint dès lors l'emblème
des Vicose, qui portaient sur leur blason un "heaume d'or panaché de
trois plumes d'autruche d'argent".



Conclu en 1572, pour des raisons politiques et religieuses, le
mariage du futur Henri IV, roi de Navarre avec Marguerite de Valois,
fille de Catherine de Médicis et soeur de Charles IX, a pour ambition
d'apaiser les tensions entre catholiques et protestants alors que les
guerres de Religion font rage.Quelques jours après la noce, le massacre
de la Saint-Barthélémy ruine ces espoirs de paix.Retenu à la Cour,
obligé d'abjurer le protestantisme, Henri parvient à s'échapper en
1576, et entreprend la lutte pour conquérir le trône de France dont il
est l'héritier légitime.Tôt séparé de son mari, la reine Margot, exilée
de la Cour par son frère Henri III en 1583, réside quelques temps à
Cazeneuve, puis au château de Nérac.Elle sera enfermée au château
d'Usson de 1587 à 1605, avant d'obtenir la permission de revenir à
Paris.L'annulation de son mariage, auquel elle avait consenti en 1599,
permit à Henri IV d'épouser Marie de Médicis l'année suivante.



Des appartement royaux.

Remarquables pour leurs encadrements de portes sculptés dans le
style maniériste cher à la Renaissance et pour leurs cheminées
monumentales, les appartement recèlent un superbe ensemble de mobilier,
de tapisseries d'Aubusson et de portraits de famille.Le salon de la
reine Margot, dans l'aile sud a été conservé de même que les chambres
d'Henri IV, avec son lit au chiffre du roi et la chambre de la reine
Margot.









Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:29

#41: Auteur: Kamikaze,
Posté le: Sam Juin 07, 2008 5:01 pm


Chère amie,



Ayant constaté votre érudition en demeures et chateaux de France et du
roi de Navarre, nous eumes une requete à formuler. Nous eumes en effet
l'occasion d'expérimenter différentes formes de beit durant notre
passage terrien. J'omets évidement l'huitre qui nous vit naitre dans le
monde sous-marin. C'est ainsi, qu'enfant nous fumes hote un temps de
conte de fée, d'un charmant petit chateau intitulé Chateau du Bois
Lapierre, sur la bien nommée commune de Louvemont (52).
Yahoooooooooouuuuu.

Nous eumes le plaisir d'apprécier toutes les couleurs de salons
(jaune, bleu...), de jouer la princesse au petit pois dans différents
lits à baldaquins, guettant le coeur serré d'un délicieux effroi, les
bruits et craquements qui s'échappaient des escaliers secrets et
corridors désertés. Nous songions aux malheurs de Sophie. Nul prince à
l'horizon du bois, nul loup non plus, ni pierre couchée percée d'une
épée ne nous apparumes pour nous sauver.



En sauriez vous plus sur cet aimable hermitage à tout zazard? je ne
sais s'il su gré à l'histoire de l'inviter dans l'histoire de France
alors je m'adresse à votre diligence.


Recevez, ma mie, mes plus délicieux souvenirs.

#42: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Juin 07, 2008 5:37 pm


Après moultes recherches dans mes livres et sur
Internet, je reste bredouille???? tu ne l'as pas inventée HEIN
billout........JE PLAISANTE

#43: Auteur: Kamikaze,
Posté le: Sam Juin 07, 2008 6:02 pm


Après molles recherches vouliez vous dire ma mie.



[img][/img]





En fait de mon temps charmant, des ronces géantes environnaient cet
hermitage, m'imaginates attendant le baiser de schrek? oui je suppose.



Voici Louvemont on wiki



http://fr.wikipedia.org/wiki/Louvemont



Voici Louvemont on quid:

http://www.quid.fr/communes.html?mode=detail&id=13206&req=52&style=fiche

#44: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Juin 07, 2008 6:35 pm


Molles en effet(comme mes selles), n'eussiez
vous dit près de Wassy, j'eus trouvé......car mes doigts avaient cliqué
sur vos liens donnés....je fus trop accaparé par le nom du Bois
Lapierre, ce qui m'induisit en erreur......j'espère que vos temps
charmants ne datent pas d'avant guerre Il vous faut y retourner pour en savoir son histoire

#45: Auteur: symphonie,
Posté le: Sam Juin 07, 2008 7:04 pm


Le massacre de Wassy le 1 MARS 1562



http://fr.wikipedia.org/wiki/Wassy

#46: Auteur: Kamikaze,
Posté le: Sam Juin 07, 2008 7:08 pm


Ces temps datent d'avant ma présente guerre ma
mie. Donc en attendant de retourner à Louvemont, yahouuuuuuuuuu (c'est
génétique, ne le prenez pas mal, pas peur, pas peur....) je décrete que
l'histoire de France de ce chateau, c'est bibiche. Cela s'appelle une
chimère.



Mais en herminant sur la toile, je chus intempestivement sur un
autre chateau du bois de la pierre qui lui possède une pierre
druidique. Pour info:



http://quid.notrefamille.com/cartes-postales-photos/cartes-postales-photos-Quartier-du-Pied-d-Ane-3150-ST-GERAND-LE-PUY-03-allier-375551-69506-detail.html

Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:30

#47: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Juin 20, 2008 6:39 pm


PALAIS DUCAL de Nancy

Le château des ducs de Lorraine.



Victime de nombreuses destructions, le palais des ducs de Lorraine ne
ressemble plus guère à l'édifice qui, plusieurs siècles durant,
accueillit la Cour des ducs.Convoité par le duc de Bourgogne puis par
Louis XIV, le duché de Lorraine connut quelque répit au XVIIIè siècle
avant de devenir un enjeu des relations franco-allemandes.C'est cette
histoire que raconte aujourd'hui le palais de Nancy et le musée qui
l'abrite.



Fils du Héraut d'armes du duc Charles III de Lorraine, le graveur
Jacques Callot jouit à la cour de France d'une grande
renommée.Illustrateur génial, formé à Rome et à Florence, il exécute
pour Louis XIII une série de gravures sur la prise de l'île de Ré et de
La Rochelle.

Mais en 1633, alors que les troupes du roi assiègent Nancy, ce
lorrain d'origine doit choisir son camp.Alors que Louis XIII lui
demande d'immortaliser le siège de Nancy, Jacques Callot préfère
montrer son pays dévasté par les troupes de Richelieu.D'une grande
intensité dramatique, sa série des "Misères et malheurs de la guerre"
constitue un témoignage poignant sur les violences perpétrées par les
troupes françaises.



Vers 1050, Gérard d'Alsace, duc de Haute-Lorraine (le duché ne
prend le nom de Lorraine qu'au XIIIè siècle) et fondateur de la maison
de Lorraine, fait édifier sur un site marécageux une place forte du nom
de Nanciacum.Le château fort qui voit le jour, au centre de la vieille
ville actuelle, devient deux siècles plus tard la résidence permanente
des ducs.A la fin du XIIIè siècle, le duc Ferri III entreprend la
construction d'un nouveau château.Celui-ci est largement ruiné par les
attaques répétées de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui
trouvera la mort en 1477, devant les murs de Nancy.

Au début du siècle suivant, René II entame la reconstruction de
l'édifice Renaissance qui sera à bien à partir de 1508, sous le règne
de son fils Antoine.

Une nouvelle campagne de travaux est entreprise vers 1570 par
Charles III.En 1617, le palais ducal consiste en un bâtiment
quadrangulaire dôté de quatre corps de logis comportant chacun trois
étages.Au centre, la cour d'honneur, très vaste, qui accueillait aux
siècles précédents tournois et joutes, est entouré de galeries
couvertes à arcades.Des édifices de cette période ne subsiste que
l'aile sur la Grande-Rue dont la porterie, la galerie des Cerfs et le
tour de l'Horloge constituent d'importants vestiges.



Si l'empire des Habsbourg reconnaît au XIVè siècle l'indépendence
du duché, les ambitions françaises en Lorraine se font de plus en plus
pressantes et Louis XIV occupe à plusieurs reprises ce territoire dont
il conteste la souveraineté.

Léopold 1er, empereur germanique et duc de Lorraine, est chassé à
maintes reprises de son palais, que ces années d'occupation dégradent
progressivement.Après la paix de Ryswick, l'empereur entreprend de
rénover le palais ducal mais la guerre de Succession d' Espagne met un
terme à ses travaux.Voulant s'assurer la neutralité de la Lorraine dans
ce conflit, Louis XIV occupe en effet la région ; Léopold s'installe
alors dans son"Petit Versailles" de Lunéville.

En 1714, les troupes françaises parties, Léopold 1er reprend ses
projets d'embellissement.Les plans d'un "nouveau Louvre" sont établis
par l'architecte Germain Boffrand.

Les deux tiers du palais Rennaissance sont détruits et remplacés
par des édifices classiques.En 1722, pourtant des difficultés
financières contraignent le duc à interrompre les travaux : au coeur de
Nancy, château démolli et constructions inachevées offrent pendant plus
de quinze ans un tableau pathétique.

Le fils de Léopold Ier, François-Stéphane, qui épouse ne 1736 Marie Thérèse d'Autriche, abandonne son duché contre la Toscane.

Le roi de France, Louis XV, acquiert ainsi la Lorraine et y établit
en 1738 son beau-père, Stanislas Leszczynski.Après avoir ordonné en
1745 la destruction presque totale des anciens édifices, l'ancien roi
de Pologne fait édifier sur l'emplacement du palais ducal, l'hôtel de
l'Intendance, d'après les plans d'Emmanuel Heré.



Ainsi cohabitent les vestiges d'un palais Rennaissance et d'un
nouvel hôtel de style rococo.Le vieux palais accueille successivement
les officiers de la garnison, la gendarmerie puis une école primaire de
garçons, tandis que sont installés les premières collections qui
forment l'embryon du musée actuel.Le palais restauré sous le Second
Empire par l'architecte








Emile Boeswillwald, est victime d'un incendie en 1871 et presque
entièrement reconstruit par Proper Morey.Celui-ci reprend le principe
des ouvertures à meneaux d'origine et les hautes toitures bordées de
gargouilles.En 1937, le vieux palais devient officiellement le Musée
lorrain.



Le premier architecte de Léopold 1er, élève et neveu de
Hardouin-Mansart, Germain Boffrand (1667-1754) contribua à
l'épanouissement artistique de la Lorraine au XVIIIè siècle.Il
entreprend pour Léopold la construction du palais de Lunéville,
réplique modeste de Versailles et future résidence du roi Stanislas.Il
a réalisé à Paris des hôtels d'inspiration classique (tel le
Petit-Luxembourg qui accueille désormais la présidence du Sénat) ainsi
que des décorations intérieures de style rococo, comme à l'hôtel de
Rohan-Soubise.



A la mort de Stanislas Leszczynski en 1766, le duché de Lorraine
est intégré pour la première fois au royaume de France.La guerre
franco-allemande de 1870-1871, conduit à la partition de la Lorraine :
une partie des départements de Moselle et Meurthe-et-Moselle est
annexée à l'Allemagne.La perte de ces territoires nourrit un
contentieux durable entre les deux pays, qui culmine à la veille de la
première Guerre mondiale.A la fin de ce conflit, le traité de
Versailles (28.6.1919) rétablit l'intégralité territoriale en faveur de
la France.



Le Musée lorrain retrace l'histoire politique et artistique de
cette région marquée par de nombreux conflits.Ses nombreuses
collections (archéologie, art de la Rennaissance, peintures...)
rappellent également le souvenir de grandes personnalités lorraines
telles que Jacques Callot, l'abbé Grégoire ou Maurice Barrès écrivain
et homme politique.
















Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:32

#48: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Jeu Juil 03, 2008 5:02 pm


NANTES Le château des ducs de Bretagne.



L'histoire du château de Nantes est intimement liée à celle de sa
ville, cité des ducs de Bretagne.Edifié surtout au XIVè siècle, ce
château fut notamment celui de la duchesse Anne de Bretagne, épouse de
deux rois de France, Charles VIII, puis louis XII.Depuis la partition
de la Bretagne en 1941, Nantes n'est plus bretonne, du moins du point
de vue administratif.



Fille unique de François II de Bretagne, Anne de Bretagne n'est
âgée que de onze ans lorsqu'elle hérite du duché en 1488.Peu de temps
avant sa mort, le duc de Bretagne signe un traité le contraignant à
marier sa jeune fille avec le futur Charles VIII qui meurt
accidentellement au château d'Amboise.C'est dans la chapelle de Nantes
que la reine tant convoitée épouse ne janvier 1499 Louis XII, cousin du
souverain défunt.Elle demeurera l'unique reine ayant épousé deux rois
de France.



Les premières pierres du château de Nantes sont posées au milieu du
XIIIè siècle, à l'époque de Guy de Thouars.Portant le nom de "Chastel
de la Tour Neuve", le château est placé à l'angle sud-est de l'enceinte
gallo-romaine.Cette petite forteresse dont il ne reste que le tracé, va
s'étoffer au fil des années.Il faut attendre la victoire de Jean de
Montfort en 1364, lors de la guerre de succession de Bretagne, pour que
la construction du château prenne un tournant décisif.

Entre 1436 et 1445, le château est intégralement reconstruit.Mais
c'est surtout sous le duc de Bretagne François II (1435-1488) qu'il
acquiert son statut d'emblême du duché et de la ville.En effet, à
partir de 1466, le duc décide d'habiter une demeure digne d'un grand
prince, rivalisant avec le roi de France Louis XI.Son entourage
constitue une véritable cour royale : il dispose de plus de 600
serviteurs, son épouse Marguerite de Foix a 21 dames de compagnie et
120 personnes sont chargées de l'éducation de sa fille Anne de
Bretagne.

Les nouveaux bâtiments sont établis sur les anciens
fossés.Adaptées à l'armement moderne, c'est à dire capables de résister
au canon , des tours massives remplacent les anciennes tours.Ayant
achevé ces défenses, François II déclare la guerre à la France en
1488.Battu, il meurt la même année et laisse le duché à sa fille.La
forteresse avait résisté au siège des troupes royales pendant sept
semaines.



Anne de Bretagne poursuit la transformation du château.Elle achève
ainsi le Grand Logis, dans un style d'époque, aux fenêtres à meneaux (
divisées par des montants perpendiculaires).Le front ouest, le plus
ancien, comprend la porte, encadrée de tours et donnant accès à la
ville, et la tour des jacobins, couronnée de machicoulis typiquement
bretons.Les parties sud et est du château, terminées à la fin du XVème
siècle, comprennent l'énorme tour du Fer à cheval (1491).

Malheureusement, Anne, qui avait réussit à conserver
l'administration de son duché, est contrainte de marier sa fille Claude
de France au futur François Ier, amorçant le rattachement de la
Bretagne à la France, officialisé par un traité en 1532.

Devenu demeure royale, le château connaît d'autres aménagements.

A la fin du XVIème siècle, le duc de Mercoeur, nommé par Henri III,
renforce les fortifications par de nombreux bastions.Pendant les
guerres de Religion, celui-ci soutient la Ligue et interdit le
protestantisme en Bretagne.Se révoltant contre Henri III après
l'assassinat du duc de Guise, il s'oppose ensuite à Henri IV.

Mercoeur abandonne finalement le gouvernement de Bretagne après négociations.

Le roi pénètre dans la ville en avril 1598 et signe au château le
fameux édit de Nantes, instaurant la tolérance entre catholiques et
protestants.

Au début du XVIIè siècle, le château est transformé en caserne
puis, entre 1760 et 1780, ses murailles sont sont modifiées et la
plupart des bastions de Mercoeur disparaissent.Sous la Révolution, le
château est converti en prison et en arsenal d'artillerie.La tour des
Espagnols est d'ailleurs détruite par une explosion accidentelle en
1800.

La ville de Nantes, devenue propriétaire du château en 1915, en fait un musée municipal.



La guerre de la succession de Bretagne.



Ce conflit s'engage en 1341 en raison d'une succession contestée
entre les deux branches de la famille du duc Jean III.Alors que débute
la guerre de Cent Ans, Jeanne de Penthièvre, opposée à Jean de
Montfort, se range derrière le roi de France.

Jean de Montfort, quant à lui, décide de reconnaître l'autorité
d'Edouard III d' Angleterre.Le conflit s'enlise et trouve son issue au
profit de Jean de Montfort à la bataille d'Auray en 1364, soldé par le
traité de Guérande en 1365.



De l'ancienne forteresse édifiée au XIVè siècle, il reste une tour
polygonale à l'intérieur de l'enceinte du château.En 1440, Gilles de
Laval, seigneur de Rais, que l'on gratifiera plus tard du surnom de
Barbe-bleue, est incarcéré et condamné à mort dans cette tour du
château de Nantes.Ses nombreux crimes l'auront rendu plus célèbres que
ses faits d'armes aux côtés de Jeanne d'Arc.



Les colonies du royaume assurent à Nantes une prospérité sans
précédent par le biais du commerce triangulaire (traite des Noirs).De
multiples châteaux extravagants appelés "folies" se construisent autour
de Nantes et la ville elle-même s'embellit(Place Graslin, île Feydeau).

Toutefois, les différents aménagements modifient les abords du
château, remblayent le bras de Loire qui baigne au sud ses
murailles.C'est pourquoi le château des ducs semble aujourd'hui si
"enfoncé" par rapport aux édifices qui l'entourent.












Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:51

#49: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Juil 21, 2008 5:08 pm


ERMENONVILLE La nouvelle Arcadie.



Situé à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Paris, le château
d'Ermenonville est une imposante demeure rebâtie au XVIIIè siècle.Il
doit essentiellement sa célébrité à l'un de ses hôtes les plus
illustres, le philosophe Jean-Jacques Rousseau et à son parc, composé
de milieux et de paysages forts différents qui allie le charme des
jardins à l'anglaise au pittoresque des parcs à fabrique.



Le soleil est au zénith ce 2 juillet 1778, lorsque Jean-Jacques
Rousseau rend son dernier soupir à Ermenonville, où il s'était installé
six semaines avant dans un petit pavillon attenant au château.A 66 ans,
le philosophe genevois, isolé et malade, épuisé par une vie d'errance,
est victime d'une crise d'apoplexie.Deux jours plus tard, par une
chaude nuit d'été, il est inhumé dans l'île des Peupliers, située dans
le parc du château, qui porte depuis son nom.Seize ans plus tard, en
octobre 1794, la Convention fait transférer au Panthéon les cendres du
philosophe genevois.



Au bas Moyen-Age, les terres d'Ermenonville appartiennent aux Le
Bouteiller de Senlis, famille qui détient du Xè siècle jusqu'au XVè
siècle la charge de bouteiller auprès des rois de France.D'abord
cantonnée au service du vin, la fonction du bouteiller fit du titulaire
de cette charge un familier du souverain, avant que cet office, devenu
honorifique, ne disparaisse sous Charles VII.Du château de cette
famille ne subsiste aujourd'hui plus rien à Ermenonville.

L'édifice a été en effet remanié à plusieurs reprises.Du château
où Henri IV installa un temps sa maîtresse Gabrielle d'Estrées, avant
de l'offrir à un de ses compagnons d'armes, Dominique de Vic,
gouverneur de Calais, il n'existe pas davantage de témoignages.

L'actuel château fut construit dans la première moitié du XVIIIè
siècle par la famille Lombard, en respectant toutefois une partie du
tracé propre au château médiéval.Ceint de douves, l'édifice adopte un
plan en quadrilatère, chacun des angles étant flanqué d'une tour
cylindrique, sans que ces éléments remplissent une quelconque fonction
défensive.



En 1763, le marquis René de Girardin devient propriétaire par
héritage du domaine d'Ermenonville.Autour du château s'étend un terrain
sableux de vastes proportions, mais au couvert marécageux.En 1765, le
marquis entreprend d'aménager une centaine d'hectares autour de son
château, afin de créer un jardin paysager à l'anglaise.Il s'entoure
pour y parvenir d'un architecte Jean-Marie Morel et fait appel à des
jardiniers écossais.

Parc à l'anglaise traversé par une petite rivière, la Launette, le
parc d'Ermenonville est aussi un parc à fabriques, comme ceux de
Chantilly, de Méréville ou du Petit Trianon, tous dessinés et créés au
XVIIIè siècle, ornés de fabriques, c'est à dire de petites
constructions à vocations décoratives et philosophiques.Au hasard de
ses pérégrinations dans le parc, le visiteur découvre ces édifices,
implantés de telle sorte qu'ils ménagent des effets de surprise et de
saisissement et forment ensemble un parcours de réflexion.



Avant même de s'installer à Ermenonville, Jean-Jacques Rousseau
marque cet endroit de son empreinte.C'est en effet muni de "La Nouvelle
Héloïse", ouvrage de ce philosophe, que le marquis de Girardin, par
ailleurs grand admirateur de Montaigne, entreprend l'aménagement de ce
parc conçu dans une perspective philosophique.Une cinquantaine de
fabriques le parsème, accompagnée chacune d'un texte philosophique ou
d'un poème.Le cénotaphe élevé en l'honneur de Jean-Jacques Rousseau sur
l'île des Peupliers et le temple de la Philosophie constituent les
fabriques les plus importantes du parc.Imitant les ruines du temple de
la Sibylle à Tivoli, le temple de la Philosophie repose sur six
colonnes dont chacune porte le nom d'un philosophe.Des pierres sur le
sol témoignent de son non -achèvement et semblent encourager de
nouvelles générations de philosophes à se lever.



Après l'enterrement de Jean-Jacques Rousseau sur l'île des
Peupliers en 1778, Ermenonville devient un lieu de pèlerinage où les
esprits éclairés se pressent pour venir rendre un dernier hommage au
philosophe.

Parmi les personnalités qui vinrent, citons Thomas Jefferson,
Chateaubriand, Bonaparte, Gérard de Nerval.Le transfert de la dépouille
vers le Panthéon en 1794 ne mit pas fin à cet engouement jusqu'à nos
jours.Depuis 1939, le parc est classé monument historique.Il a été
racheté en 1995 par le conseil général de l'Oise.



En 1874, les héritiers du marquis de Girardin se défirent du
château, ouvrant la voie au démembrement du domaine, dont une partie
fut lotie.Depuis seul le parc Jean-Jacques Rousseau, correspondant aux
terres situées au sud du château reste ouvert au public.Au nord, le
désert naturel appartient aujourd'hui à l'Institut de France, tandis
que la zone couverte d'étangs et de canaux est louée par une entreprise
privée pour les loisirs de ses salariés.Le château transformé en hôtel
ne se visite pas.



Avant d'hériter du domaine d'Ermenonville en 1763, à la suite du
décès de son grand-père, le marquis de Girardin avait poursuivi une
carrière militaire, atteignant le grade de colonel des dragons.Esprit
libéral et éclairé, qui éleva ses six enfants dans les principes
inspirés de "L'Emile", le célèbre traité de Rousseau, il fut un fervent
défenseur de la Révolution française, ce qui ne l'empécha pas d'être
inquiété à l'époque de la Terreur.




Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:52

#50: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Aoû 08, 2008 6:28 pm


JOSSELIN Les grandes heures de l'histoire bretonne.



Flanqué de puissantes tours, élevé au-dessus d'une paroi abrupte, le
château de Josselin évoque, outre les âpres luttes féodales du
Moyen-Age, l'interminable guerre de succession de Bretagne qui opposa
les Montfort aux Penthièvre.La cour intérieure à l'architecture de
pierre ouvragée fait de Josselin l'un des joyaux de la Renaissance
bretonne.



En ce 26 mars 1351, trente chevaliers bretons quittent le château
de Josselin.Conduits par Jean de Beaumanoir, seigneur des lieux, les
hommes parcourent plusieurs kilomètres de champs et de forêts pour
gagner le lieu où les attendent trente chevaliers anglais.Commandés par
le capitaine Thomas Dagworth, les Anglais ont traversés la Manche, pour
défendre le droit à la couronne ducale de Jean de Montfort, opposé dans
ce conflit à Jeanne de Penthièvre.



En optant pour le combat singulier, les chefs des deux camps
espèrent épargner leurs troupes, déjà profondément éprouvées par la
longue lutte successorale qui oppose, depuis dix ans déjà, les
Montfort, soutenus par les Anglais, et Charles de Blois, l'époux de
Jeanne de Penthièvre, nièce et héritière du dernier de Bretagne.Au bout
d'une journée de bataille, les Bretons sont victorieux : le chef
anglais ainsi que huit de ses compagnons d'armes gisent à terre.

Cet épisode connu sous le nom de combat des Trente est suivi de
quatorze années de conflit au cours desquelles la place-forte de
Josselin ne cesse de jouer un rôle de premier plan.



L'histoire de Josselin débute au IXè siècle par la découverte
miraculeuse d'une statue de la Vierge non loin d'une rivière, l'Oust,
dans le Morbihan.Au XIè siècle, le vicomte de Porhoët et son fils,
Josselin, font édifier un château à proximité du lieu du
miracle.Incendié en 1168 par Henri II de Plantagenêt, le chateau est
relevé de ses ruines et devient au XIVè siècle une place forte de
Charles de Blois.



Le combat des Trente est l'une des plus illustres batailles de ce
conflit qui dure de 1341 à 1365.Après la victoire du parti anglais,
Josselin reste cependant aux mains des Français.Il entre en 1407 dans
la famille de Rohan par le biais d'Olivier de Clisson, un grand
seigneur dont le chroniqueur Jean Froissart retrace avec force détails
les exploits guerriers dans son épopée en prose rédigée au XIVè siècle.



Au début du XVè siècle, les murailles féodales de la façade
extérieure sont aussi fières que l'est la devise des Rohan : "Roi ne
puis, prince ne daigne, Rohan suis"

Toutefois, ces murs imposants font de l'ombre au duc de Bretagne,
qui les fait en partie raser en 1488, après que Jean II de Rohan eut
pris parti pour le roi de France.

Trois ans plus tard le roi Charles VIII récompense Jean II, dont
les efforts et la diplomatie ont permis son mariage avec Anne de
Bretagne, scellant ainsi l'union de la France et de l'ancien duché.Les
sommes importantes que lui allouent le monarque permettent au seigneur
de Josselin d'entreprendre la restauration du château et surtout la
construction d'un superbe corps de logis doté d'une magnifique façade
Renaissance.



Au XVIIè siècle, Henri de Rohan est l'un des chefs du parti
huguenot qui dirige la lutte des protestants contre Richelieu.Bien
qu'il bénéficie en 1629 de la paix d'Alès, qui rétablie la liberté de
culte, il demeure l'un des ennemis jurés du cardinal qui fait raser le
donjon et cinq tours de l'enceinte.

Les Rohan délaissent alors le château qui comme de nombreuses
demeures seigneurales, est converti en prison à la Révolution,
affectation qu'il conservera jusqu'au premier Empire.

Au milieu du XIXè siècle, alors qu'elle voyage à travers la
Bretagne, la duchesse de Berry remarque ce château délabré qui domine
le cours de l'Oust.Elle plaide alors sa cause auprès des Rohan, qui
attendrons cependant 1850 pour engager les premiers travaux de
restauration de leur antique demeure.Les appartements qui abritent un
magnifique ensemble de mobilier datant des XVII et XVIIIè siècle, sont
entièrement réaménagés.

Josselin, rare témoignage d'une succession ininterrompue depuis le
le début du XVè siècle, est aujourd'hui la propriété de l'actuel duc de
Rohan.



Au début début du IXè siècle, une statue de la Vierge est
découverte dans un roncier.Un paysan l'emporte mais la statue disparaît
durant la nuit : on la retrouve le lendemain dans le même buisson.Une
chapelle est alors édifiée à cet emplacement, aujourd'hui au coeur de
la ville de Josselin.L'église détruite en 1168 en même temps que le
premier château, est reconstruite dans le style gothique et baptisée
"Notre-Dame du Roncier".Elle héberge le tombeau d'Olivier de Clisson.



Homme de guerre, Olivier de Clisson se distingue durant la guerre
de Cents Ans en contribuant notamment à faire disparaître les Grandes
Compagnies, troupes mercenaires levées par les Princes.A la mort de Du
Guesclin, il est nommé connétable de France.Il finit ses jours en 1407
dans le château qu'il a fortifié en élevant une vaste enceinte dont le
tracé épouse un socle rocheux.





Notre-Dame de Roncier

Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:52

#51: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Jeu Aoû 21, 2008 5:26 pm


FOUGERES

Une forteresse stratégique aux marches de la Bretagne.



Elevé au XIème siècle sur un rocher au relief tourmenté cerné de
marécages, le château de Fougères s'est souvent trouvé au coeur des
conflits qui ont matqué l'histoire de Bretagne.De la guerre de cent ans
aux évènements dramatiques de la chouannerie , cette forteresse a dû
faire face à de multiples assauts et a souffert de nombreuses
destructions.



A la mort de Louis XI, en 1483, son fils Charles VIII n'a que 13
ans et sa soeur, Anne de Beaujeu, qui excerce la régence, et par
François II, duc de Bretagne, les grands féodaux déclenchent deux ans
plus tard la Guerre folle contre l'autorité royale.



En 1488, les troupes du roi de France se massent devant les
fortifications de Fougères.Menée par Louis II de la Trémoille, l'armée
royale dispose d'une lourde artillerie qui lui permet d'abattre
rapidement les murs de la ville.Une semaine plus tard, c'est au tour du
château de succomber à cette puissance de feu.

Les Fougerais n'ont sans doute pas alors idée des retombées de
cette défaite pour la Bretagne toute entière.La Trémoille vient
d'ouvrir la voie de Saint-Aubin-du-Cormier où, 3 jours plus tard, il
inflige à l'armée bretonne une lourde défaite.

François II est contraint de signer le traiter de Sablé, qui donne
au roi de France un droit de regard sur le mariage de ses filles.En
1491, Charles VIII épouse Anne de Bretagne, préparant le rattachement
du duché breton à la Couronne.

Le seigneur de Fougères, Méen, qui s'embarque en 1066 aux cotés de
Guillaume le Conquérant pour aller combattre le roi d'Angleterre Harold
II, ne laisse derrière lui qu'un donjon de bois, protégé par de hautes
palissades élevées dans le même matériau.Un siècle plus tard,
exactement en 1166, ces constructions seront détruites par un
descendant de Guillaume, le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt.

Le seigneur d'alors, Raoul II de Fougères, fait reconstruire alors
sur ce site une forteresse en pierre, dont subsistent aujourd'hui
quelques tours, notamment la tour-porte située à l'est de
l'édifice.L'élévation de ces fortifications, associée à la position
géographique stratégique du château situé aux marches de Bretagne, font
de Fougères un maillon important dans le dispositif défensif du duché
breton.



Le jeu des alliances féodales fait du seigneur de Fougères le
vassal du duc de Bretagne, lui même vassal du roi de France.Or, tout au
long des XII,XIV et XVè siècles, ces deux puissants seigneurs n'ont
cesser de s'affronter, plaçant le seigneur de Fougères dans une
position d'autant plus inconfortable que sa forteresse se situe
géographiquement à la charnière de leur position.

Entre 1229 et 1231, cette situation se présente lorsque le duc de
Bretagne Pierre Mauclerc se révolte et prend les armes contre saint
Louis, alors roi de France.

Le baron de Fougères, Raoul III, prend alors ouvertement parti
pour saint Louis, qu'il reçoit à cette occasion dans sa forteresse.

Quelques années plus tard, Raoul III, devenu proche du roi, l'accompagnera en Egypte lors de la septième croisade.



Les barons de Fougères seront bien mal récompensés de cette
fidélité à la Couronne.En 1307, alors que la baronnie de Fougères est
devenue par mariage la propriété de la famille de Lusignan, Philippe le
Bel (1285-1314) confisque le château.

Après lui, deux rois de France, Philippe IV de Valois(13281350) et
Jean II le Bon (1350-1364) règneront également sur ce territoire dont
ils confieront la gestion à leurs fidèles, en manière de récompense.
Jean III le Bon offre finalement Fougères en apanage à la famille
d'Alençon.

Ces derniers, installés en Basse Normandie, n'excercent qu'une
autorité lointaine sur Fougères et le château est quelque peu délaissé.

Dans la cité, les bourgeois, profitant de l'absence d'un seigneur
puissant, connaissent un regain de puissance et font élever des
monuments témoignant de leur richesse, comme le beffroi.Les d'Alençon
se sépareront finalement de Fougères , qu'ils revendent au début au
début du XVè siècle aux ducs de Bretagne.Jusqu'en 1515, date officielle
du rattachement de la Bretagne à la France, le château appartient à
cette maison.



Alors que le château s'était trouvé au centre de bien des combats
aux cours des XIV et XVè siècle, il connait une longue période
d'accalmie après le rattachement du duché breton à la Couronne.Tout
change avec la Révolution française, lorsque Fougères de vient l'un des
foyers de la chouannerie, révolte menée par la noblesse et la
paysannerie de l'Ouest contre les autorités révolutionnaires.

Rassemblés dans la forêt de Fougères dès 1792, les chouans
assaillent la cité et la forteresse au sein desquelles les gardes
républicains se sont retranchés.Très vite Fougères est prise et les
exécutions sommaire s'enchaînent, laissant derrière elles leur cortège
de cadavres.La riposte ne se fait pas attendre : quelques semaines plus
tard, le même scénario se reproduit alors que les rôles sont
inversés.Le pays mettra de nombreuses années à panser les plaies nées
de ces luttes fractricides.



Victor Hugo, dans son roman "Quatre Vingt Treize", comme Balzac,
dans les "Chouans", ont évoqué les évènements dramatiques de Fougères
et de la chouannerie.Au sein de chacun de ces romans, on peut trouver
des descriptions très précises de la forteresse de Fougères.



Seigneur de Fougères, à partir de 1130, Raoul II fut une importante
personnalité de la Bretagne au XIIème siècle.Homme de guerre, il
affronta sans relâche le roi d'Angleterre et fut un véritable soutien
pour la Couronne.Ce seigneur, dont la foi était au moins aussi
exemplaire que son courage, participa également aux grandes guerres de
religion de l'époque, que furent les croisades.En 1187, il s'engagea
pour la troisième croisade aux cotés du roi de France Philippe Auguste.

Puis en 1194, sentant sa mort proche, il prit l'habit monastique.



La Tour Mélusine.

C'est en l'honneur de leur ancètre légendaire, la fée Mélusine, que
les seigneurs d'Alençon baptisèrent cette tour, qu'ils firent édifier
au début du XIVè siècle.De forme parfaitement cylindrique, cette tour
habitée et aménagé en 4 étages est considérée comme la plus belle du
château.Ses murs polychromes, où altèrnent moellons de schistes et
pierre de taille en granit, s'élèvent à environ 30 m de hauteur et
possèdent une épaisseur de plus de 3 m.



En 1449, alors que la guerre de Cent Ans connait une trêve,
Fougères est le théâtre d'un véritable drame orchestré par une armée
d'Aragonais menée par un certain Surienne.De manière imprévisible,
cette troupe attaque la cité et sa forteresse, massacre la population
et pille tout ce qui peut l'être.Ne respectant pas le code d'honneur
qui régit le déroulement d'une guerre à l'époque médiévale, cet assaut
mené au nom de la Couronne anglaise déclenche la reprise des
hostilités, qui prendront définitivement fin en 1453, après le départ
des troupes anglaises.






Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:53

#52: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Sep 19, 2008 6:22 pm


SACHÉ, le lieu balzacien par excellence.



Austère bâtisse de pierre grise émergeant d'un paysage de prairies et
de bois, le château de Saché, en Touraine, est passé à la postérité
grâce à Honoré de Balzac, son hôte le plus illustre, qui y fit de
fréquents séjours.C'est dans ce "débris de château sur l'Indre", comme
se plaisait à ironiser parfois l'auteur de la "Comédie humaine", qu'il
rédigea quelques-uns des romans les plus célèbres.



Bien qu'il s'évouât "gêné par la vie de château", qui l'obligeait à
"s'habiller à heure fixe, il arrivait que Balzac partageât son dîner
avec ses hôtes et leurs invités.Après le repas, l'écrivain, manuscrit à
la main, acceptait parfois de lire aux invités regroupés dans le grand
salon quelques-uns des nouveaux chapitres qu'il venait de composer à la
faveur de longues nuits de veille.A la lueur des bougies, l'écrivain
modifiait sa voix pour donner vie à ses personnages, Louis Lambert,
Goriot, Rubempré ou Rastignac, fantômes de papier qui s'animaient
soudain dans l'ombre du vieux château.



La terre de Saché, fief ancien dont les premières mentions datent
du XIIIè siècle, passe au XVè siècle à la famille Savary, vassale du
comte de Sainte-Maure.

René de Rouxelley, qui acquiert le domaine à la fin du XVIè
siècle, transforme l'ancienne demeure, fortifiée durant la guerre de
Cent Ans, en un manoir de plaisance.De l'époque médiévale ne subsistent
aujourd'hui qu'une tour d'enceinte, la vis d'escalier ainsi que les
douves de la façade nord.

Les descendants de René de Rouxelley conserveront Saché jusqu'en 1747.

en 1779, la dame Briochet, veuve du chevalier de Péan, se sépare
des seigneuries de son défunt époux.Jean Butet, écuyer appartenant à la
petite noblesse, fait ainsi l'acquisition de la seigneurie de Saché, au
plan irrégulier, à hauts pignons, dont les toits fortement pentus sont
coiffés d'ardoise.



En 1803, les époux Margonne, petits enfants de Jean Butet - mari et
femme sont en effet cousin- s'installent au château.Jean Margonne,
homme d'allure simple, qui portera parfois la particule eu égard à son
statut de propriétaire terrien proche de la noblesse, fait aménager le
château au goût du jour.Mais le couple passe le plus clair de son temps
dans sa résidence de Tours.Parmi leurs voisins figurent l'ambitieux
Bernard-François Balzac, adjoint au maire et administrateur de
l'hôpital, son épouse, née Anne-Charlotte Laure Sallamber, de trois ans
sa cadette et leurs trois enfants, Honoré, Laure et Laurence.

En 1807, la famille s'agrandit d'un nouvel enfant dont il semble fort que le père soit Jean Margonne.

Déjà doué d'un sens aigu de l'observation, le jeune Honoré a sans
doute noté que Jean Margonne est un visiteur assidu à la maison
familiale.Envoyé en pension au collège de Vendôme entre 1807 et 1813,
Honoré ne reçoit en six ans que deux visites de sa mère.A son retour,
le jeune garçon de quatorze ans découvre un foyer rongé par
l'hypocrisie où son jeune frère Henri, le dernier né, bénéficie de
toutes les attentions.Physiquement affaibli, Honoré en pleine crise de
croissance, est envoyé à Saché afin de recouvrer quelques forces.Ce
premier séjour sera suivi de beaucoup d'autres.



En juin 1829, après avoir connu avec "Le dernier Chouan" son premier succès littéraire, Balzac vient se reposer à Saché.

Pendant des années, l'écrivain toujours accueilli avec une
paternelle bonhomie par M.Margonne et son épouse, une austère dévote,
fait de ce "débris de château sur l'Indre" un lieu d'inspiration et un
refuge qui lui permet à l'occasion de fuir ses créanciers parisiens.

Chaque année , Balzac retrouve la chambre minuscule où sont
rédigés "Louis Lambert, Le Père Goriot, César Birotteau ou encore
Illusions perdues".

Fuyant son éditeur qui le somme de livrer sous quarante-huit
heures deux volumes des "Etudes des Moeurs", Balzac se réfugie à Saché
en juin 1836.Une nouvelle fois , il se soumet " au plus dur des
despotismes" travaillant jour et nuit au volume qui deviendra
"illusions perdues" jusqu'à s'écrouler, victime d'un malaise.

En 1848, Balzac emprunte la nouvelle ligne de chemin de fer reliant Paris et Tours en six heures seulement.

Ce séjour à Saché sera le dernier.

Gravement malade, l'écrivain part rejoindre en Ukraine une grande
dame polonaise, Mme Hanska, son égérie depuis quinze ans, qu'il épouse
en 1850.A peine revenu à Paris, il meurt d'une méningite, sans avoir
revu sa chère Touraine.

Depuis 1952, souvenirs personnels de l'écrivain, manuscrits et
documents sont rassemblés dans le musée du château, dont la famille
Métadier, qui le possèdait, a fait don en 1958 au département
d'Indre-et-Loire.



Inchangée depuis l'époque de Balzac, la chambre de Saché a conservé
le lit à rideaux de toile et la petite table sur lesquelles le
romancier couvrait ses pages durant des heures.Sur les murs, le papier
jaune orné de frises de palmette a été reconstitué à partir de
fragments découverts sous un papier peint plus récent.C'est dans cette
chambre que Balzac venait se réfugier, "comme dans un monastère".



Après avoir enduré un voyage de vingt-trois heures pour parvenir
jusqu'à Tours, Balzac n'hésitait pas, lorsqu'il était désargenté, à
effectuer à pied les nombreux kilomètres séparant la capitale de la
Touraine de Saché en empruntant un raccourci par
Plessis-lez-Tours.c'est ce chemin que suit à son tour Félix de
Vandenesse, héros du "Lys dans la Vallée", qui paraît en 1836.



En 1608 nait Marguerite, fille de René de Rouxelley, seigneur de Saché et de Marguerite de Montmorency.

Pieuse et généreuse, l'enfant devenue jeune fille acquiert une
grande réputation de sainteté.Sa disparition, à 17 ans à peine, suscite
une vague de piété immense.Une stèle funéraire élevée dans l'église du
village témoigne de la ferveur que suscite aujourd'hui encore la
"bienheureuse de Saché.




Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:54

#53: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Sep 26, 2008 4:40 pm


LES BAUX DE PROVENCE Un fantôme de pierre.



Dans un paysage chaotique de roches calcaires érodées par les vents et
la pluie, la forteresse déchue des Baux témoigne d'une histoire
mouvementée et parfois violente.Son dédale de ruines conserve notamment
la trace d'un plan en labyrinthe, avec fausse porte et utilisation
habile des accidents du terrain, qui assurait une excellente défense et
des moyens de fuite discrètes aux seigneurs de Baux.







Les orgueilleux seigneurs de Baux prétendaient descendre des rois mages.

Suivant l'étoile du Berger, ces derniers auraient passé les Baux, nom qui signifie en celte"rocher perché".

Les Rois mages y auraient fait une halte, durant laquelle l'un
d'entre eux, Balthazar, aurait rencontré une bergère à la beauté
saisissante.

Il lui aurait alors promis de l'épouser au retour de sa divine
mission et de lui faire édifier un palais à l'endroit même où s'était
noué l'idylle.



La légende prétend que la promesse aurait été accomplie.L'insolite
devise des seigneurs des lieux " Au hasard Balthazar" y fait
directement référence.



Des fouilles récentes ont révélé la présence de plusieurs tombes du
1er siècle av.J.C, mais le site des Baux de Provence n'entre réellement
dans l'histoire qu'avec l'apparition de puissants seigneurs des Baux,
qui règnent du IX è au XIVè siècle sur quelque 79 villes et bourgs
provençaux.



Après avoir élevé au XIè siècle, la première forteresse sur
l'éperon rocheux des Baux, ces seigneurs, au caractère indocile
n'eurent de cesse d'empiéter sur les prérogatives des comtes de
Provence.

"Race d'aiglons, jamais vassale", ainsi le poète français du XIXè
siècle, Frédéric Mistral résumait-il leur tempérament.Sans cesse
engagés dans des conflits ruineux, ces seigneurs n'en parviennent pas
moins à faire de leur résidence un centre culturel brillant.Poètes et
troubadours y affluaient au XIVè siècle pour chanter l'amour courtois
aux demoiselles des Baux.

Cependant, cette dimension culturelle disparaît avec les derniers
seigneurs de Baux, en particulier avec Raymond de Turenne, le "fléau de
la Provence", qui laisse une région ravagée au terme de son règne
brutal et sanguinaire.

A la mort d'Alix, dernière princesse des Baux en 1426, la
forteresse est rattachée au comté de Provence et élevée au rang de
baronnie.Sous le règne du bon roi René, les Baux sont gagnés par la
Renaissance et reçoivent de nouvelles bâtisses élégantes, dont
certaines subsistent encore, tels les hôtels de Brion et Manville.



Après le décès du roi René, en 1483, la baronnie devient une
propriété de la Couronne et les rois de France en disposent dès lors à
leur guise, l'offrant ainsi à quelques fidèles administrateurs.En 1528,
sur ordre de François 1er, elle échoit au connétable de Montmorency,
sous l'administration duquel elle connaît un dernier âge d'or.Le
château est alors reconstruit et la cité agrandie abrite plus de 3 000
habitants.

Au XIVè siècle, pendant les guerres de Religion, les Baux servent
de refuge aux protestants..Au siècle suivant, la population s'engage
aux côtés de Gaston d'Orléans, qui organise un soulèvement contre Louis
XIII.Le cardinal de Richelieu fait détruire, aux frais des habitants du
lieu, les remparts et le château.Les terres sont offertes aux Grimaldi,
mais la cité est abandonnée.L'ancienne seigneurie connaît alors une
longue décadence, jusqu'au XXème siècle.



Le développement du tourisme a permis la renaissance des Baux de
Provence et le lieu a été classé en 1999 parmi "les plus beaux villages
de France"

La fin du XXè siècle a vu la mise en oeuvre d'ambitieuses
politiques de restauration et de réhabilitation qui permettent à la
cité médiévale de retrouver progressivement son ancienne splendeur.



Devenu seigneur des Baux en 1372, Raymond de Turenne, cousin et
neveu de deux papes avignonnais, se transforme en pirate démoniaque et
met la Provence à feu et à sang.Avec ses hordes de bandits, il pille et
saccage les villes et villages de Provence, s'amusant à capturer des
hommes qu'il contraint ensuite à se jeter du haut des tours de son
château des Baux.



La Maison de la Tour du Brau, elle date de la fin du XIVè
siècle(voir les écussons des ses voûtes d'ogives) et abrite le petit
musée historique et archéologique des Baux.Des maquettes montrent
l'état du château au XIII et XVIè siècle.





[/img]

Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:54

#54: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Oct 18, 2008 6:33 pm


MIROMESNIL le berceau de Maupassant.



Non loin de Dieppe, sur le plateau crayeux du pays de Caux, s'élève le
château de Miromesnil.Au coeur de la plus belle hêtraie de la région,
ce château aux hauts toits d'ardoise déploie sa façade typique du XVIIè
siècle, où la brique rouge alterne avec la pierre.Remaniée au XIXè
siècle, la demeure, qui appartint à plusieurs grandes familles
normandes, a cependant conservé une harmonieuse unité.



La chaleur est pesante en ces premiers jours du mois d'août 1850.

De la fenêtre du petit cabinet de toilette installé au premier
étage du château de Miromesnil, dans la tour gauche de la façade
donnant sur le parc, retentissent les tous premiers cris d'un
nourrisson.L'épouse de Gustave de Maupassant,née Laure le Poittevin,
vient de donner naissance à un robuste garçon.



Ce lieu de la naissance de Guy de Maupassant à longtemps porté à
polémique, certains biographes prétendant que le futur écrivain avait
vu le jour, plus démocratiquement à Fécamp ou à Dieppe, ce que ses
parents qui s'étaient offert le luxe de louer le château de Miromesnil,
auraient tenté de dissimuler, par snobisme.L'étude des registres
paroissiaux et ceux de l'état civil semblent cependant confirmer la
thèse maternelle, qui n'est plus guère contestée aujourd'hui.

Les Maupassant s'établirent peu après au château de
Grainville-Ymauville, près de Fécamp, où devait naître Hervé, le frère
cadet de l'écrivain.Ce dernier ne revint à Miromesnil que bien plus
tard, tentant d'y retrouver de très lointains souvenirs.



Au nord de la Normandie, sur l'ancien territoire de la tribu celte
des Calètes, ancêtres des Cauchois, qui contrôlaient l'embouchure de la
Seine, un seigneur nommé Milon édéfie sans doute avant le XIIè siècle,
un château fort.

Durant de nombreux siècles, la France et l'Angleterre se disputent
le duché de Normandie dont dépendent les seigneurs de cette forteresse
baptisée "Milonmesnil".

Au XVè siècle, le roi de France, Louis XI déclare la province
solidaire du domaine royal.C'est alors Jean Leroux, son échanson, qui
possède le château.Celui-ci passe plus tard entre les mains d'une
belle-soeur de l'évêque de Lisieux, Thomas Bazin.

Au siècle suivant, c'est la très ancienne et puissante famille des
Dyel, dont plusieurs membres seront gouverneurs généraux à la
Martinique et aux "Isles" qui possède le domaine.

En 1589, Miromesnil est dévasté par les troupes de Henri IV lors
de la bataille d'Arques, qui oppose le roi de France aux gens de la
Ligue.



Jean Dyel décide de faire reconstruire le château dès la fin du
XVIè siècle.Le temps des châteaux forts étant dépassé, il entreprend de
faire élever un nouveau bâtiment sacrifiant au goût du jour.Le château
prend la forme d'un corps de bâtiment muni d'un haut toit couvert
d'ardoises et flanqué de deux tours rondes du côté du jardin.Sur les
façades, d'ordonnance classique, s'ouvrent de hautes fenêtres et des
lucarnes à frontons.Au XVIIè siècle, après la mort de son oncle,
Jacques Dyel poursuit la reconstruction.Vers 1640, il dote la façade
sur cour d'un décor sculpté monumental.Ses successeurs seront Jean Dyel
des Hameaux, comte d'Auffay, premier président au parlement de
Normandie, membre des conseils du roi et ambassadeur à Venise, puis, à
partir de 1668, Thomas Hue de la Roque, intendant de Champagne puis de
Tours, qui obtient l'érection de Miromesnil en marquisat.Son petit fils
couronnera cette ascension en devenant garde des sceaux du roi Louis
XVI.Populaire, il parvient à préserver le château des troubles et des
destructions de la Révolution.



Vendu par les héritiers du marquis de Miromesnil en 1805, le
château passe entre différentes mains au cours du XIXè siècle.Il est
loué à la famille de Maupassant entre 1849 et 1853.En 1860, son
propriétaire fait édifier, du côté de la cour, deux ailes latérales en
retour flanquant les tours.Cette modification tardive, respectant le
style de l'ensemble, ne nuit donc pas au caractère du bâtiment.Depuis
1938, le château est la propriété de la famille de Vogüe qui y
entretien un splendide jardin potager fleuri ouvert à la visite.Les
salons du château conservent de nombreux souvenirs du marquis de
Miromesnil, de Guy de Maupassant, mais aussi des ancêtres des
propriétaires actuels, Lannes, duc de Montebello, l'un des maréchaux
favoris de Napoléon , et l'académicien Albert de Mun, l'une des grandes
figures du catholicisme social à la fin du XIXè siècle.


Nous sommes le 21 septembre 1589.C'est la déroute parmi les soldats du
duc de Mayenne, chef de la Ligue catholique.Alors qu'ils occupaient le
château de Miromesnil, ils doivent fuir devant l'armée du roi Henri IV,
qui fonce droit sur eux.Victorieux sur le champ de bataille d'Arques, à
quelques kilomètres de là, le tout nouveau roi donne l'ordre de raser
le château de Miromesnil.



Nichée au sein de la futaie de hêtres de 10 hectares qui entoure le
château, la chapelle est l'unique témoignage du château initial.Son
intérieur est décoré de vitraux et des statues polychromes des XVI et
XVIIè siècle.



Armand Thomas Hue, marquis de Miromesnil (1723-1796) est garde des
Sceaux du roi Louis XVI de 1774 à 1787.il s'est rendu populaire en
abolissant la "question", c'est à dire la torture pratiquée sur les
prisonniers pour obtenir des aveux lors des enquêtes criminelles.

Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:55

#55: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mar Oct 28, 2008 4:44 pm


LA POSSONNIERE , à Couture Sur Loir, l'enfance d'un poète.



Au flanc d'un coteau, proche des rives du Loir, le manoir de la
Possonnière jouit d'une juste célébrité pour avoir été celui de la
famille du poète Ronsard, qui y naquit.Malgré ses proportions modestes,
il est aussi, par son architecture, un interressant témoignage de la
pénétration du style de la Renaissance en France.



La paisible campagne du Vendômois, baignée par le Loir, servit de
cadre aux premières années du poète.C'est elle qui sera, plus tard,
l'une des sources priviligiées d'inspiration.



Dès l'âge de 12 ans, le jeune gentilhomme, devenu page de Madeleine
Stuart, épouse de Jacques Stuart, roi d'Ecosse, connaît la vie
brillante d'une Cour royale.Destiné à la diplomatie ou à la carrière
des armes, il voit ces perspectives se fermer lorsque à l'âge de 15
ans, il se découvre atteint d'une surdité irréversible.Retiré à la
Possonnière, le jeune homme délaisse bientôt les vers latins auxquels
il s'essayait pour composer en langue française.Admirateur de Marot,
lié avec Peletier du Mans, Baïf et Du Bellay, il parfait sa formation
auprès de l'hélléniste Dorat.En 1550, la publication de ses "Quatre
Premiers Livres d'odes", qui évoquent notamment son amour impossible
pour la belle Cassandre, l'intronise comme l'un des chefs de la
nouvelle école poétique française.



Originaire, selon Ronsard, de Hongrie, la famille du poète se
serait installée en France pour s'établir au service du roi Philippe VI
de Valois, au XIVè siècle.Si cette origine n'a pas été confirmée, on
retrouve le grand-père du poète, Olivier de Ronsard dans le Vendomois,
où il possède un fief relevant du duc de Vendôme.

Avec son épouse, Jeanne d'Illiers des Radrets, il y fit bâtir vers
la fin du XVè siècle le manoir de la Possonnière.A l'origine, la
gentilhommière, aujourd'hui mutilée de sa chapelle, de son corps de
logis sud-est et d'un bâtiment adossé au coteau, à l'est, s'ordonne
autour d'une cour, bordée par des communs en partie troglodytiques.

Il ne subsiste aujourd'hui de la construction initiale qu'un corps
de bâtiment au nord, en moellons enduits et chaînes d'angle
appareillées, percé de fenêtres à meneaux, et comportant en son centre
une tourelle d'escalier polygonale, dont le toit conique est chevauché
d'une haute lucarne surmontée par un fronton.



L'aspect Renaissance du manoir résulte certainement des
remaniements opérés, vers 1515, par le père du poète, Loys de Ronsard,
de retour des guerres d'Italie.Gentilhomme de l'Hôtel du roi Louis XII,
cet homme cultivé, qui aura une profonde influence sur la formation de
son fils, fait graver sur les façades du manoir et sur la cheminée de
la grande salle, des sentences latines et françaises, ainsi que divers
emblèmes, qui sont comme un résumé de sa philosophie personnelle.

Pendant bien longtemps, c'est à travers ces sentences que Ronsard
apprendra à connaître ce père lointain qui a quitté la demeure
familiale peu après sa naissance.Maître d'Hôtel des Enfants de France,
Loys de Ronsard partage en effet la longue captivité du dauphin, le
futur Henri II, retenu à Madrid par l'empereur Charles Quint à la suite
du désastre de Pavie.



Malgré son précoce éloignement de la maison familiale, Ronsard
restera toujours fidèle à celle-ci, et y séjournera fréquemment tout au
long de sa vie.C'est cependant au prieuré de Saint-Cosme, près de
Tours, dont il s'est vu attribuer le bénéfice du temps du roi Henri II,
que s'achèvent ses jours.Echu au frère du poète, Claude, le manoir
reste dans sa descendance jusqu'au milieu du XVIIè siècle.Il passe
ensuite par alliance, aux Château-Renault, qui compta parmi ses
illustrations, François de Chateau-Renault, vice-amiral et maréchal de
France.Le souvenir de ce vaillant soldat, qui combattit au début du
XVIIIè siècle dans la guerre de Succession d'Espagne, est encore
rappelé à la Possonnière par trois plaques de cheminées gravées à ses
armes.

Passé ensuite à la famille d'Estaing, puis transformé en ferme
dans le courant du XVIIIè siècle, le manoir très délabré, est amputé
d'une partie de ses bâtiments, notamment l'aile sud-est où Ronsard
aurait vu le jour.Il faut attendre 1850 pour voir commencer sa
restauration entreprise par l'architecte Eugène Fanost pour le nouvel
acquéreur M.Delahaye.La Possonnière appartient aujourd'hui à ses
descendants, les Hallopeau, qui y acceuillent régulièrement des
visiteurs venus s'imprégner de l'atmosphère des lieux où naquit l'un
des plus célèbres poètes français.



La grande salle du manoir, décorée de fresques datant de la fin du
XVI ème siècle, comporte une imposante cheminée en tuffeau,
vraisemblablement exécutée vers 1515.Soutenue par des pilastres ornés
de sculptures dans le goût de la Renaissance italienne, le manteau
comporte une riche décoration "parlante", avec ligne de médaillons
armoirés, blason des Ronsard, ronces ardentes, poissons et écailles
rappelant leurs armes parlantes, salamandre du roi François Ier, ou
encore hache d'armes des gentilshommes de l'Hôtel.Au centre du manteau,
on déchiffre une sentence latine "Non fallunt futura merentem", que
l'on peut traduire par "L'avenir ne trompe pas le mérite"



La façade sur la cour du corps de bâtiment a conservé 18
inscriptions gravées au linteau des portes et des fenêtres.Elles
témoignent de diverses influences : celles de la philosophie chrétienne
présente par des sentences tirées de la Genèse et de l'ancien
Testament, de la philosophie antique, mais aussi celle des penseurs
alors "modernes"

comme Erasme.



Clerc tonsuré, Ronsard, qui ne fut jamais prêtre, mena une
existence aisée grâce aux bénéfices écclésiastiques qui lui furent
accordés par ses protecteurs, successivement Henri II et Charles
IX.D'abord décrié par sa manière quelque peu obscure et emphatique, le
"Pindare français" évolue peu à peu vers un style plus simple,
témoignant d'un authentique sens du lyrisme.Dès 1556, il apparaît comme
le chef de file de la Pleiade, groupe littéraire comptant notamment Du
Bellay, qui défend la langue française mais prétend l'enrichir par
l'apport des Anciens.



Malgré son souhait d'être inhumé dans "cette île verte" qui se
trouve, à Couture, au confluent du Loir et de la Braye, Ronsard fut
enterré dans le choeur de l'église priorale de Saint-Cosme.Son père,
décédé en 1544 et sa mère Jeanne Chaudrier, furent pour leur part
enterrés dans l'église paroissiale de Couture, où subsistent leurs
gisants très mutilés.






Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:55

#56: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mar Nov 25, 2008 8:06 pm


LA PALISSE , à Lapalisse (-Auvergne-Limousin.)

La gloire du Maréchal.



Rude forteresse bourbonnaise patiemment transformée en demeure
Renaissance, le château de La Palice garde, dans sa chapelle gothique,
la mémoire des hommes de guerre illustres qui en furent les seigneurs
et travaillèrent à l'embellir.Le fief ancestral des Chabannes, qui
quitta leur famille pendant deux siècles, leur est revenu sous le règne
de Louis XV.Il est resté depuis lors en leur possession.



"De toutes choses, ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est
sauve" écrivit François 1er à sa mère Louise de Savoie, au soir du
désastre de Pavie, le 24 février 1525.

Contemplant le champ de bataille jonché des cadavres de 10 000 de
ses hommes, le roi, qui avait tenu à aller au combat malgré l'avis de
son entourage, pleurait la mort de ses plus fidèles compagnons,
Bonnivet, La Trémoille et La Palice.

Le connétable de Bourbon, qui combattait la France dans les rangs
des impériaux, tint à faire des obsèques impériaux à son vieil ennemi,
le maréchal de La Palice : précédé du cheval du défunt, une litière
tirée par deux mulets portait le cercueil, escorté vers l'église de
Pavie où se pressaient ses compagnons d'armes, ses serviteurs et de
nombreux représentants du camp adverse.Le corps fut ensuite rapatrié
dans la demeure bourbonnaise du maréchal, où sa veuve commanda un
somptueux gisant destiné à la chapelle du château.



Une forteresse sur la Besbre.

Avant que la famille du maréchal ne s'y implante, il existait déjà,
depuis le XIIè siècle, une maison forte dominant la Besbre, édifiée par
les seigneurs de La Palice.Quelques éléments en subsistent dans la
construction actuelle, principalement les deux tours de la façade ouest
et celle qui flanque l'aile en retour du côté nord.En 1429, le fief
devenu propriété du duc de Bourbon, est acquis par Jacques 1er de
Chabannes, l'un des plus valeureux compagnons de Jeanne d'Arc, qui
avait joué un rôle décisif dans la lutte contre les Anglais.Il devait
trouver la mort en 1453 à Castillon, la dernière et tardive bataille de
la guerre de Cent Ans, où son ultime fait d'arme fut le coup fatal
qu'il infligea au redoutable capitaine anglais Talbot, alors âgé de
près de 80 ans.

La Palice revient alors à son fils Geoffroy, auquel on doit sans
doute l'achèvement de la grande chapelle seigneuriale, alors isolée au
sud du château.L'édifice abrite aujourd'hui encore les deux gisants de
Jacques 1er de Chabannes et de son épouse, Anne de Lavieu, autrefois
intégrés dans un monument funéraire plus important.



Au début du XVIè siècle, le château revient au fils de Geoffroy,
prénommé Jacques comme son grand-père.Modèle de courage et de bravoure,
La Palice, qui passe pour l'un des chevaliers les plus accomplis de son
temps, a fait toutes les campagnes d'Italie au côté des rois Charles
VIII et Louis XII, avant de servir fidèlement François 1er.

Grand soldat mais aussi homme de goût, il fait relier la chapelle
à la courtine regardant la cour, à l'est, débarrassée de ses
dispositifs défensifs et pourvue d'un corps de logis Renaissance.

Peut-être due à des artistes florentins, la façade de celui-ci,
interrompue en son centre par une tourelle d'escalier à pans coupés,
présente un décor losangé faisant alterner briques roses et briques
bleues vernissées, contrastant avec la pierre blanche des encadrements
de la fenêtre.

Après la mort du maréchal en 1525, sa veuve, Marie de Melun, lui
fait édifier dans la chapelle un splendide tombeau, que son propre
gisant viendra orner après sa mort, réunissant les deux époux pour
l'éternité.Le fils du maréchal, Charles, meurt au siège de Metz, en
1552, sans laisser de postérité masculine.

Le château alors passe à sa fille Eléonore, qui épouse
successivement Just de Tournon puis Philibert de la Guiche.La fille née
de son premier mariage ayant à son tour épousé un La Guiche, le château
ne quittera plus cette famille jusqu'au XVIIIè siècle.C'est au cours du
XVIIè que le château fait l'objet de nouvelles transformations : ce qui
restait des fortifications médiévales est détruit, tandis que le
château, dont les appartements sont décorés au goût du jour, est percé
de nouvelles ouvertures.A l'extérieur un vaste parc à la française est
planté.



La dernière des La Guiche, entrée dans les ordres, lègue le château
à ses cousins Rohan-Soubise, qui le vendent en 1715 à l'intendant de la
généralité de Moulins, Gilles Brunet d'Evry.Ce dernier, qui avait
obtenu l'érection de sa terre de la Palice en marquisat, s'en défait
pourtant, en 1731, au profit de François-Antoine de Chabannes,
descendant d'une branche cadette de la famille.Soldat par tradition
familiale, il devait s'illustrer en 1745 lors de la bataille de
Fontenoy.

Resté dans la famille, le château est pillé lors de la
Révolution.Au XIX, la famille de La Palice entreprend d'importants
travaux de restauration, confiés à l'architecte Jean-Baptiste Moreau.

C'est ce dernier qui construit la flèche de la chapelle et qui
ajoute, dans le prolongement de la façade un bâtiment d'un aspect peu
heureux.

Demeure familiale, objet de soins attentifs La Palice a conservé un important ensemble de mobilier et d'objets d'art.



Le grand salon contient un plafond en bois peint et doré à la
feuille.Cet exceptionnel décor a été conservé lors de la Révolutuon, le
plafond ayant été plâtré.Ce salon conserve un ensemble de tapisseries
ayant pour thème les Neuf Preux, provenant du château de Madic, autre
propriété des Chabannes.

Six de ces tapisseries, dispersées à la Révolution, furent retrouvées chez un antiquaire de 1880.

Quatre ont malheureusement été dérobées depuis, de sorte qu'il ne
resta aujourd'hui que les panneaux consacrés à Hector et Godefroy de
Bouillon.



De style gothique flamboyant, la chapelle aux murs de granit
s'adosse à la partie sud de l'édifice.Ses imposantes proportions
s'expliquent par le fait qu'elle fut, jusqu'au milieu du XIXè siècle,
l'église paroissiale du village.L'édifice conserve les gisants de
Jacques 1er et de son épouse.Le monument de Jacques II, en marbre blanc
qui ornait la nef, a été saccagé durant la Révolution.Les éléments qui
ont échappé au massacre sont conservés au musée lapidaire d'Avignon.La
chapelle, dont les fondations sont fragilisées par la roure passant à
proximité du château a fait l'objet à la fin du XXè siècle d'importants
travaux de consolidation.



Très liée avec la femme de Bertand de La Guiche, Françoise de
Varignies, la marquise de Sévigné, fit fréquemment halte à La Palice
lorsqu'elle se rendait aux eaux de Vichy.Elle a loué ce "charmant pays,
la rivière d'Allier, mille petits bois, ses ruisseaux, ses prairies,
ses moutons, ses chèvres..."



L'histoire a injustement associé le nom du maréchal de La Palice
aux lapalissades, ces phrases qui énoncent une vérité
évidente.L'origine de cette association viendrait d'une chanson,
composée après la mort du maréchal, et qui proclamait : "Monsieur de La
Palice est mort devant Pavie.S'il n'était pas mort, il ferait encore en
vie"

Le -f- de ferait fut altéré en -s-, donnant ainsi naissance à la première lapalissade.












Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:56

#57: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Déc 08, 2008 7:54 pm


MENETOU , Menetou-Salon Un palais de la belle époque.



Bâti à flanc de la colline, en contrebas d'un vaste massif boisé, le
château de Menetou impressionne par ses vastes proportions et par la
profusion de ses fçades et de ses toits, hérissés en lucarnes, de
pinacles et de girouettes.Opulent et confortable, le château construit
sur l'emplacement d'un édifice très ancien, est en fait une somptueuse
recréation de la Belle Epoque, dans le goût de la première Renaissance.



Jacques coeur était au faîte de sa puissance, en 1448 quand il fit
l'acquisition du château de Menetou.Possesseur d'immenses richesses,
cet homme qui avait voyagé et connu toutes les splendeurs gardait un
profond attachement pour son pays natal et aimait à pourvoir sa table
en vin de Menetou, produit dans son domaine.



Trois ans après, le grand argentier du roi, victime de tant de
jalousies, était arrêté sur ordre de Charles VII.Accusé de mille
forfait, et même d'avoir empopisonné la maîtresse du roi, Agnès Sorel,
il avouait sous la torture.Condamné à mort, il parvint à s'échapper,
trouva asile à la Cour du pape à Rome, avant de s'éteindre sur un
rivage grec, alors qu'il s'employait à organiser une nouvelle croisade
pour le compte de son protecteur.



Bien avant Jacques Coeur, le site de Menetou-Salon était occupé.Il
semble d'ailleurs que le nom du château soit une déformation de
Monastellum Sarlonis, ou monastère de Sarlon, nom d'un puissant
seigneur descendant des Normands qui envahirent la région à partir du
Xè siècle.

Au XIIè siècle, la forteresse primitive, située au coeur d'un
vignoble déjà réputé, reçoit une chapelle dédiée à Sainte Madeleine.

Passé à la puissante famille de Sancerre au temps de Saint-Louis,
au XIIIè siècle, l'antique forteresse est bientôt abandonnée au profit
d'un nouveau logis, bâti à flanc de colline.



Devenu propriété de Jacques Coeur, le château est confisqué après
son arrestation par le roi Charles VII, qui en fait don à sa maîtresse,
Antoinette de Maignelay, veuve d'André de Villequier.Passé ensuite à
Jeanne de Graville, puis à ses neveux Balzac d'Entragues, le château
échoit par succession au XVIè siècle à Jean Pot, dont le fils
Guillaume, chevalier de Rhodes, premier écuyer tranchant et
grand-maître des cérémonies de France, effectuera, au début du XVIIè
siècle, d'importants agrandissements, faisant notamment construire le
pavillon Henri IV.

Au siècle suivant, Pauline de Gand de Mérode, héritière de
Menetou, l'apporte en dot à son époux, Louis comte de
Brancas-Lauraguais.Leur fille unique, Pauline épouse en 1777
Louis-Engelbert d'Arenberg, faisant entrer le château dans cette
famille qui le possède toujours.



Très endommagé durant la Révolution, le château échoit au XIXè
siècle au prince Pierre d'Arenberg, pair de France sous la restauration
et époux d'une nièce de Talleyrand.Leur fils Auguste d'Arenberg
(1837-1924) président du conseil général du cher et président de la
Compagnie de Suez, très tôt veuf de Jeanne Greffulhe, entreprend une
restauration complète du château.

Conservant la construction primitive qui consistait en un corps de
logis reliant deux pavillons flanqués de tourelles d'escalier à vis,
l'architecte du prince, Paul-Ernest Sanson, l'englobe dans une vaste
construction en forme de T, dont l'allure d'ensemble s'inspire de celle
du palais Jacques Coeur de Bourges.Coiffé de hauts toits d'ardoise, les
différents éléments de l'édifice frappent par leur richesse décorative
et par leur profusion ornementale, dont les références empruntent à la
fois au gothique et à la première Renaissance.



La reconstruction de Menetou, qui coûta la somme astronomique de
1.7 millions de francs-or, soit plusieurs millions de nos francs
actuels, permet de mesurer la richesse que pouvaient déployer, à la fin
du XIXè siècle, quelques grandes familles aristocratiques désireuses
d'adapter leur cadre de vie aux progrès du temps.Pourvu du confort
moderne, ce qui n'excluait pas l'emploi d'une abondante domesticité, le
château s'ordonne autour d'un vaste vestibule, voûté en ogives, qui
donne lui-même accès au grand escalier.Le billard, la salle à manger,
la grande bibliothèque et les salons renferment un important ensemble
de souvenirs de famille provenant notamment de la famille de
Talleyrand, ainsi qu'une collection de tapisseries flamandes datant du
XVè siècle.Pierre, prince et duc d'Arenberg, et son épouse, née
Castellane, sont les actuels propriétaires de Menetou, aujourd'hui
ouvert au public.



Dans les communs du château a été installée une collection de
voitures hippomobiles et automobiles ( dont plusieurs modèles de
Panhard-Levassor) ainsi qu'un bel ensemble de harnais et de selles.



Riche de 12 000 volumes, la bibliothèque du château, lambrissée de
chaudes boiseries de chêne, comprend une très belle cheminée à
l'italienne, en marbre gris et blanc, datant du XVIè siècle.Elle
proviendrait du château de la Voûte-Poplignac, antique fief de la
famille de Polignac, dans l'actuel département de la Haute-Loire.



Les princes d'Arenberg.

Branche de l'illustre maison de Ligne, originaire du Hainaut, les
d'Arenberg devinrent souverains règnants d'un minuscule Etat du Saint
Empire situé dans la région frontière entre la Prusse et le
Hanovre.Après la dissolution du Saint-Empire, en 1806, leur Etat fut
avec 82 autres, "médiatisé" c'est à dire qu'il devint vassal de l'un
des 39 Etats formant la Confédération germanique, puis l'Empire
allemand.En France, le chef de famille, altesse sérénissime, porte
simultanément le titre de prince et de duc, ce qui constitue un cas
unique.




Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:57

#58: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mer Jan 14, 2009 6:08 pm


BAGATELLE Une folie du comte d'Artois.



Situé à la lisière du bois de Boulogne, le petit château de Bagatelle
fut bâti en 1777 pour le comte d'Artois, frère de Louis XVI.Haut lieu
de la galanterie et du divertissement en général, Bagatelle porte bien
son nom.Ce château "petit mais commode" attira nombre de personnages
illustres.Le domaine est aujourd'hui célèbre pour sa roseraie, évoquée
jusque sur des flacons de parfum réputés.



Défié par sa belle -soeur Marie-Antoinette en partance pour un
séjour à Fontainebleau, Charles-Philippe, comte d'Artois, parie avec la
jeune femme qu'au retour de celle-ci( c'est à dire 2 mois plus tard) il
aura fait construire un château à Bagatelle à la place de celui qui est
en train de se délabrer.

100 000 livres sont en jeu.Pari gagné : en moins de 70 jours, la
"folie" du comte d'Artois est achevée.Reste à meubler le pavillon, à le
décorer et à aménager son jardin.Cette bagatelle, qui a mobilisé près
de 900 ouvriers travaillant nuit et jour pendant 2 mois, a coûté au
comte plus de 2 millions de livres.



Un lieu de bagatelles.L'utilisation de Bagatelle est à l'image du
pari qui en est à l'origine : le domaine est avant tout pour le comte
d'Artois un lieu de plaisir gouverné par le libertinage, le rire, le
jeu et les distractions de tous ordres.Il en a d'ailleurs toujours été
ainsi : bien avant le comte en effet, la maréchale d'Estrées puis
Madame de Montconseil, anciennes propriétaires des lieux ( de 1720 à
1770 env) en avaient fait un lieu de réceptions, de rendez-vous galants
et de spectacles, connu de toute l'Europe galante.Cette réputation
ancienne est sans doute pour quelque chose, d'ailleurs, dans l'attrait
que produit Bagatelle sur le comte d'Artois quand en 1774, il découvre
le domaine alors en possession de son capitaine des chasses, le prince
de Chimay.



Abandonné par le comte d'Artois au moment de la Révolution, le
petit château devient successivement un logis pour légionnaires(1792),
un restaurant réputé (1796) et un pavillon de chasse pour Napoléon
(1810).

L'empereur fait rebaptiser l'endroit "Pavillon de Hollande".

Sous la Restauration le domaine restitué au comte d'Artois ( devenu Charles X) redevient "Bagatelle".

Vers 1815 celui-ci en cède la propriété à son fils, le duc de
Berry.Vendu en 1835 à l'Anglais lord Hertford, le domaine de Bagatelle
subit maints remaniements : le pavillon est doté d'un étage
supplémentaire et additionné de deux terrasses, d'une orangerie,
d'écuries et de pavillons de garde.Richard Walace, le fils naturel de
lord Hertford fait ajouter au domaine un Trianon et deux pavillons de
chasse.



A l'époque du comte d'Artois, le parc est aménagé dans le style
anglo-chinois par l'Ecossais Blaikie.Il est alors sillonné de rivières
traversées par de petits ponts, agrémenté de petites cascades qui
alternent avec des pièces d'eau, doté de pelouses à l'anglaise, de
grottes et de pavillons (maison du philosophe, pavillon de l'amour) qui
constituent autant de charmantes haltes.

A l'arrivée de lord Hertford, le jardin est considérablement
transformé.Sa surface a en effet doublée grâce à l'achat d'autres
parcelles, lord Hertford ajoute au domaine un parterre à la française
et fait restaurer l'ensemble du parc dans le style Napoléon III.Il faut
attendre le XXè siècle pour que le parc de Bagatelle acquière sa
célébrité actuelle.

Propriété de la Ville de Paris depuis 1906, le jardin est
transformé par Jean-Claude Forestier, conservateur des jardins de
Paris, qui fait aménager l'illustre roseraie, un jardin d'Iris, des
bassins emplis de nymphéas et plusieurs autres jardins à thème.



Une entrée d'honneur donnant sur le bois de Boulogne mène au
château de Bagatelle, édifice de taille modeste niché dans la verdure,
comme le sous-entend son surnom de "folie".Ecrite en lettres d'or, la
devise latine "parva sed apta (petite mais commode) est apposée à
l'entrée du pavillon, soulignant la vocation modeste du lieu.

Chacun des quatre côtés de l'édifice rectangulaire est doté d'un
perron et d'un escalier.Frises, frontons sculptés, médaillons décorent
les murs extérieurs.Les deux façades sont précédées
d'avant-corps.L'avant-corps en demi-lune donnant sur le jardin abritant
le salon de la folie.



Né en 1757, Charles-Philippe, comte d'Artois, est le plus jeune
frère de Louis XVI.Marié en 1773 à Marie-Thérèse de Savoie, il est le
père des ducs d'Angoulème et de Berry.

Réputé libertin, dépensier et hostile à toute libéralisation
politique, il est particulièrement impopulaire et doit s'exiler en 1789
pour 25 ans..en 1824, le comte devient le roi Charles X jusqu'en 1830.A
nouveau condamné à l'exil, il meurt à Görz, en Autriche en 1836.




Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:57

#59: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Dim Mar 08, 2009 4:51 pm


NOGENT LE ROTROU (PERCHE)



Dominant la petite cité qui porte son nom, le château de Nogent, appelé
également château Saint-Jean, fut tout au long de son histoire la
possession de grandes familles féodales.Sa position stratégique qui lui
permet tout à la fois de contrôler les vallées de l'Huisne et de la
Ronne, explique son impressionnant appareil défensif ainsi que son
histoire tourmentée, faite de sièges et de destructions.



Assiégé, pris, repris à de nombreuses reprises depuis sa fondation,
le château de Nogent n'en était pas à son premier assaut lorsqu'en
1427, durant la guerre de Cent Ans, le célèbre comte de Salisbury,
redoutable lieutenant du roi Henri VI d'Angleterre, mis le siège devant
Nogent.

Malgré l'héroïque résistance du brave La Pallière, capitaine de la
place, les hommes de Salisbury, ayant réussi a abattre le contrefort
nord-est du donjon, pénètrèrent dans le château par une gigantesque
brèche qui a conservé depuis son nom de "brèche des Anglais".Salisbury
fit alors incendier le donjon et exécuter la totalité de la garnison
française.Il devait mourir peu de temps après, au siège d'Orléans, mais
les Anglais se maintèrent à Nogent jusqu'à ce que Dunois, le bâtard
d'Orléans, parvienne à reprendre la place , en 1429.



Vassaux des comtes de Chartres, les Rotrou, tenanciers du fief
depuis 955, prennent à la fin du XIè siècle le titre de comtes du
Perche.A Nogent, chef lieu de leur comté, ces puissants seigneurs, dont
plusieurs participèrent aux croisades, font renforcer les défenses
d'une forteresse de terre et de bois dont l'existence est attestée bien
avant eux. La reconstruction du donjon, en pierre, date
vraisemblablement de Geoffroy IV (1079-1100) et sera poursuivie et
parachevée sous Rotrou III le Grand (1100-1144) et Rotrou IV
(1144-1191) qui adjoignent au donjon, cantonné d'une cour carrée
comportant un escalier, une puissante enceinte polygonale flanquée de
tours.

Les comtes du Perche se maintiennent à Nogent jusqu'à l'extinction
de la maison Rotrou, au début du XIIIème siècle.Le château revient en
1226 au roi Louis IX, qui le confie alors à Jacques de
Château-Gontier.Ses descendants ne conservent pas longtemps le château
qui passe vers 1270 aux ducs de Bretagne.



Constamment remanié, le château offre à la fin du XIIIème siècle,
nombre de caractéristiques d'ensemble qui sont encore les siennes
aujourd'hui.

Haut de 30m, le donjon qui possède une circonférence de 22m sur
16, est épaulé au au XIIème siècle de massifs contreforts, qui viennent
renforcer des murs pourtant épais de 3,50m.Au siècle suivant, une
puissante tour hémicylindrique, destinée à protéger sa base de la mine,
vient le renforcer.

Le donjon, dont les deux premiers niveaux au moins étaient
aveugles à l'origine, sera percé durant les XIIème siècle et XIIIème
siècles de baies en plein centre agrémentées de chapiteaux.L'enceinte,
pour sa part, ne prendra son aspect définitif qu'au XIIIème siècle
avant la construction de sept tours dont les archères sont pourvues de
fentes en rame.



Plusieurs fois assiégée et très endommagée durant la guerre de Cent
Ans, la forteresse qui appartient à cette époque à la famille de Bar
puis à la maison de Luxembourg, fait l'objet d'une importante
restauration par Isabeau de Luxembourg, veuve de Jacques d'Armagnac,
duc de Nemours, qui entre en possession de Nogent en 1472.Ne pouvant
faire reconstruire le donjon, incendié sur ordre du comte de Salisbury
en 1428, elle fit édifier un logis au revers du château d'entrée, qui
sera remanié par ses filles, Marguerite et Charlotte d'Armagnac, dames
de Nogent au début du XVIème siècle.

Revenu par héritage aux Luxembourg, le château passe, toujours par mariage, à la famille de Bourbon qui l'habitera peu.

En 1561, il connait cependant une nouvelle période faste avec
l'installation en ses murs de Louis de Bourbon, Ier prince de Condé qui
accueillera à Nogent , Ronsard, Jodelle et le poête Remi Belleaun, né à
Nogent.Personnage flamboyant, ce frère d'Antoine de Bourbon, père du
futur Henri IV, devient l'un des chefs du parti protestant durant les
guerres de Religion, avant de trouver la mort lors de la bataille de
Jarnac, en 1569.Le château, pillé par les catholiques durant les
guerres de Religion, restera dans la famille de Condé, jusqu'à sa vente
en 1624 à Maximilien de Béthune, duc de Sully, l'ancien ministre
d'Henri IV.Sully qui préfère à Nogent son château de Villebon,
multiplie cependant dans la ville les fondations pieuses et fait élever
dans l'enceinte un nouveau corps de logis dans le style Louis XIII.



Resté en possession des ducs de Sully, le château est vendu en 1779
au comte d'Orsay, qui émigrera durant la Révolution.Confisqué durant la
période révolutionnaire, transformé en prison puis en asile d'aliénés,
le château passe en 1825 à un nommé Etiembre, affranchisseur de
bestiaux, qui découronne les tours d'enceinte de leur toiture et tente,
vainement d'abattre les tours.

En fort mauvais état, le château est acquis en 1843 par M.Oeillet
des Murs, qui consacrera une partie de son importante fortune à la
restauration de l'ensemble.Cette oeuvre est poursuivie à partir de
1885, par le docteur Jousset de Bellème qui fait notamment couronner le
donjon d'un crénelage copié d'après celui du château de Rochester, en
G-B.

Endommagé par un bombardement allemand lors de la libération de la
ville en 1944, le château a été acquis en 1948 par la commune de
Nogent, qui poursuit un important travail de mise en valeur des
édifices subsistants.



Peu populaire en raison de sa qualité de protestant dans la ville
de Nogent, restée majoritairement catholique, Sully dota avec sa
deuxième femme, Rachel de Cochefilet, l'Hôtel Dieu de la ville, et
fonda le couvent des Ursulines.

Mort en 1624, il fut inhumé dans la chapelle Saint-Jacques de
l'Hôtel-Dieu (aujourd'hui église Notre-Dame) et fut plus tard rejoint
par son épouse, morte en 1672.

Leur monument funéraire, surmonté de statues sculptées par Boudin,
est toujours visible dans une petite rotonde polygonale flanquant le
choeur de l'église.



Mort en 1144, Rotrou III le Grand, comte du Perche, est l'une des
figures les plus marquantes de sa lignée.Après avoir combattu les
Sarrasins en Espagne, au côté de Rodrigue de Bivar, qui inspirera le
modèle du Cid, il participe à la première croisade (1096-1099).Revenu
en France ce grand féodal, époux de Mahaut d'Angleterre puis d'Harvise
de Salisbury, administre ses immenses possessions, qui comptent plus de
500 fiefs.C'est lui qui fonde pour loger ses officiers le
Bourg-le-Comte, à l'origine de la ville de Nogent-Le-Rotrou.

Rotrou III, qui doit subir plusieurs assauts de son ennemi juré,
Robert de Bellème, trouve la mort au siège de Rouen percé par une
flèche.




Cassiopée

Messages : 1121
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Casti le Mer 29 Avr - 21:55

Châteaux de France page 3 sur 4


www.onvousdittout.com/forum/viewtopic.php%3Fprintertopic%3D1%26t%3D1375%26start%3D0%26postdays%3D0%26postorder%3Dasc%26vote%3Dviewresult+site:www.onvousdittout.com+on+vous+dit+tout:+Forum&cd=60&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&lr=lang_fr" target="_blank" rel="nofollow">http://209.85.229.132/search?q=cache:VRSrOB6_3FYJ:www.onvousdittout.com/forum/viewtopic.php%3Fprintertopic%3D1%26t%3D1375%26start%3D0%26postdays%3D0%26postorder%3Dasc%26vote%3Dviewresult+site:www.onvousdittout.com+on+vous+dit+tout:+Forum&cd=60&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&lr=lang_fr

Casti

Messages : 91
Date d'inscription : 28/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Châteaux de France

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum