Châteaux de France

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Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:03

#1: Chateaux de France Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Nov 24, 2007 1:34 pm


YQUEM le seigneur du Sauternes



Avec sa grande enceinte formant cour, flanquée à ses angles de tours
rondes, Yquem est une robuste bâtisse campagnarde dont l'architecture
sans prétention, typique de la région bordelaise, révèle les origines
médiévales.Mais, bien davantage qu'un château, Yquem est un
mythe.Vignoble d'exception, il produit un vin liquoreux connu partout
dans le monde, que sa rareté même transforme en liquide trésor.



C'est à l'occasion de son séjour à Paris en 1787, que Jefferson (
futur président des Etats-Unis) goûta le vin d'Yquem qui lui laissa un
souvenir inoubliable, à tel point qu'il s'empressa de le faire
connaître à Georges Washington.Jefferson ne manqua plus jamais, dès
lors de commander son vin au château même, déclarant à l'un de ses
correspondants que le vin d'Yquem " se révèle un vin des plus
excellents et semble avoir touché le palais des Américains plus
qu'aucun autre vin que j'ai vu en France".



La culture de vin en Bordelais remonte à la plus haute Antiquité
mais prend son essor au XIIIè siècle, lorsque le roi de France Louis
VIII, s'emparant du port de la Rochelle, prive l'Angleterre de son
approvisionnement en vins de Poitou.La fortune de la région est dès
lors assurée et ne se démentira pas.Au Moyen-Âge, la terre d'Yquem,
dépendante de la prévoté de Barsac, appartient aux rois d'Angleterre,
ducs d'Aquitaine, puis, à partir de 1453, date à laquelle ils
reconquièrent définitivement la région, aux rois de France. A partir de
1593, la terre sera exploitée en tenure par la famille de Sauvage, qui
conservera ce mode d'exploitation jusqu'en 1711. A cette époque, Yquem
devient un fief,possèdé noblement, et ceux qui l'exploitent cessent
d'acquitter une redevance auprès du roi.



Les Sauvage, anoblis au XVIIè siècle, avaient compté un maire de
Bordeaux au Moyen Âge, du temps de la domination anglaise, ainsi que
plusieurs prévôts de Barsac.Ce sont eux, sans doute qui apportèrent
diverses transformations au château. Ce dernier, qui s'ordonne autour
d'une vaste cour rectangulaire, est flanqué, à trois de ses angles, de
tours rondes, datant du XVè siècle, dont l'une était à l'origine un
colombier.Le corps de logis seigneural, remontant aux XVI et XVIIè
siècle, forme deux côtés de la cour.L'angle dessiné par les deux corps
de bâtiment est occupé par un pavillon carré à toit d'ardoise relié à
une tour ronde faisant saillie vers l'extérieur de l'enceinte.



Yquem restera dans la famille de Sauvage jusqu'en 1785, date à
laquelle Françoise-Joséphine de Sauvage épouse Louis Amédée de Lur
Saluces, colonel du régiment de Penthièvre-dragons, lui même fils du
maréchal de camp des armées du roi.Veuve trois ans plus tard, avec un
fils unique Mme de Lur Saluces parviendra à traverser la tourmente
révolutionnaire qui sera fatale à son beau-père, condamné à mort et
exécuté à Bordeaux en décembre 1793 durant la Terreur.

En 1807, le mariage de son fils Antoine-Marie fait entrer dans le
patrimoine des Lur-Saluces,dont une branche cadette possède déjà Malle,
à Preignac, le Château Coutet, à Barsac et le Château Filhot à
Sauternes, imposant définitivement les propriétaires d'Yquem comme
l'une des familles les plus importantes de la région.



En 1855, Yquem, présent sur nombre de tables royales et impériales,
dont celle du tsar de Russie, accède à la qualification enviée de
premier cru supérieur, créée spécialement pour lui, dans la
classification commandée par l'empereur Napoléon III à l'occasion de
l'Exposition universelle.



Yquem d'hier à aujourd'hui.

Le fils d'Antoine-Marie, Romain-Bertrand, est le premier à être associé étroitement à la gestion du vignoble.

Après sa mort en 1867, la direction des affaires familiales revient
à Amédée, marquis de Lur Saluces, qui meurt sans descendance.

il aura pour successeur Bertrand, le fils de son frère cadet, Eugène président de l'Union des crus classés de la Gironde.

Forte personnalité, ce pionnier de la mise en bouteille, mort en
1968, maintient avec rigueur la réputation d'Yquem.Des chais du château
ne sort aucune bouteille lorsque l'on estime que la récolte de l'année
est de qualité insuffisante.Le successeur de Bertrand de Lur Saluces,
son neveu Alexandre, qui reprend les rênes du vignoble, étendu sur plus
de 100 ha, poursuit la même politique d'excellence, reposant sur un tri
sélectif du raisin et sur une maturation en fûts d'au moins trois
ans.Au début des années 1990, cependant des dissensions apparaissent au
sein de l'indivision possédant le château et les vignes.En 1999, au
terme d'une longue bataille juridique, une filiale du groupe LVMH prend
le contrôle d'Yquem, dont Alexandre deLur Saluces, héritier de plus de
quatre siècles de tradition familiale, continue toutefois d'assurer la
direction.



Le marquisat de Saluces.



Originaires de Franconie(allemagne) les Lur s'établissent en
Limousin au Xè siècle.Ils s'allient à la fin du XVIè siècle aux
Saluces, qui avaient règné à partir de 1142 comme marquis souverains
sur Saluces et Montferrat, petits territoires italiens situés dans le
Piémont.Annexés par Henri II en 1548, repris par Charles-Emmanuel, duc
de Savoie en 1588, le marquisat est au centre des transactions qui
aboutissent à la conclusion du traité de Lyon, en 1601.Pour prix de sa
renonciation à toute revendication de la France sur le marquisat, Henri
IV obtient en échange la Bresse, le Bugey et le pays de Gex.



La Dame d'Yquem.



Morte en 1851 à l'âge de 83 ans, Françoise-Joséphine de Sauvage,
comtesse de Lur Saluces, dut batailler ferme avec les autorités
révolutionnaires pour éviter d'être dépossédée d'Yquem.N'ayant pu
éviter la destruction des archives féodales qui établissaient ses
droits de propriété, elle dut adresser une pétition au citoyen
représentant du peuple, siègeant à Bordeaux pour demander que la vente
de ses biens soient ajournés.



Un champignon providentiel.



Selon la légende, c'est parce que le marquis de Lur Saluces tardait
à rejoindre son domaine d'Yquem en 1847, que la vendange pris du
retard.Sous l'effet d'un petit champignon, le Botrytis cinerea, les
grains de raisin se déssèchèrent et prirent une teinte grise.C'est
presque par hasard que le grand-duc Constantin de Russie, passant à
Yquem en 1859, obtint de goûter le vin issu de cette récolte, qui
n'avait pas été vendu.Il fut séduit par son goût, si différent des vins
doux que l'on faisait dans la région, consacrant la fortune de la
"pourriture noble" engendrée par ce petit champignon. u

"Dernière édition par Magnus le Sam Nov 24, 2007 1:35 pm; édité 1 fois"

Cassiopée

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:03

#2: Auteur: papou, Localisation: Lyon
Posté le: Sam Nov 24, 2007 3:32 pm


Si on attaque l'eonologie, alors là ça commence à devenir comment dire: "passionnant" ce forum...lol.



Il faut dire qu tu n'attaques pas par le plus petit boût du bouchon...



J'aime bien les Bordeaux rouges aussi, ça me rappelle mon enfance dans
le Lot et Garonne, et les dimanches à la campagne, pas mal arrosés... Tout près de Buzet/Baïse, plus trivial comme vignoble, mais pas trop mal quand même pour un petit pays.

"Dernière édition par papou le Sam Nov 24, 2007 7:26 pm; édité 2 fois"

#3: Auteur: Fleur de Diamant, Localisation: FRANCE - 66
Posté le: Sam Nov 24, 2007 7:09 pm


Et connaissez vous le Pousse Rapière inventé par Blaise de Monluc ?



Le chateau est beau, je l'ai visité...

#4: Auteur: papou, Localisation: Lyon
Posté le: Sam Nov 24, 2007 7:20 pm


Ah, Fleur, le Pousse-Rapière...(ton intuition est purement divine!!! j'en ai les larmes aux yeux!)



Oui, c'est très connu dans le sud-ouest, mes parents me l'ont fait
découvrir en en offrant à tous les invités le jour de mon mariage
(1977).



Tout le monde en boit dans mon Lot et Garonne natal.



Je suis né juste à l'endroit où le Lot rencontre la Garonne, le
petit village de Nicole au pied d'une petite colline: le Pech de Berre
orné d'un énorme crucifix qui se voit à des dizaines de km aux
alentour.



Tous les ans, au 15 août, il s'y tient un pélerinage à la vierge.



Ce village est aussi le lieu où vécut la famille de Hugues Auffray,
ma mère connaissait sa grand mère, Mme De Caubios, et moi je passais
tous les jours devant la petite maison jaune de sa soeur, la très
célèbre Céline de sa chanson, en allant à l'école quand les
débordements de la Garonne nous le permettaient.



A l'époque j'avais moins de dix ans.

"Dernière édition par papou le Sam Nov 24, 2007 7:33 pm; édité 3 fois"

#5: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Nov 24, 2007 7:35 pm


Je connais les "pousses de soja".....nan je rigole
, il y a tellement de châteaux en France...si quéquin peut m'en donner
le nombre il aura un poutou made in Graindesel..........
donc il y a les plus connus et les autres qui ont tous une histoire,
alors de pas hésiter à en parler........de ce fait je remercie Mme la
Baronne de m'avoir éclairée ..m'en vas tout lire sur ce château.

#6: Auteur: Fleur de Diamant, Localisation: FRANCE - 66
Posté le: Sam Nov 24, 2007 7:42 pm



Citation:
de ce fait je remercie Mme la Baronne de m'avoir éclairée ..m'en vas tout lire sur ce château.




Mais de rien trés chère ! Et attention : à consommer avec modération.
Les mélanges Armagnac et Vin mousseux, ça peux tordre les boyo et le lendemain, c'est le tambourinement à la tête !



P.S. : je serai une descendante de Blaise...



Papou !



Je vois que tu a la nostalgie de ton enfance... que de souvenirs
peuvent se trouver derrière nous. Et puis Hugues Auffray ! J'aimais
bien ses chansons..

#7: Auteur: pop-corn, Localisation: Herault
Posté le: Sam Nov 24, 2007 8:07 pm


le devise du chateau



"la vigne est là et le nom est partout"



y en a une autre

l'O se transforme en 20 qui se transforme en 100



manque la démonstrasion de ifsee pour nous demontrer que 0 s'est 100

"Dernière édition par pop-corn le Sam Nov 24, 2007 8:08 pm; édité 1 fois"

#8: Auteur: papou, Localisation: Lyon
Posté le: Sam Nov 24, 2007 8:21 pm


Cet endroit est vraiment très puissant pour moi,
la municipalité y a fait construire un petit kiosque pour y chanter et
y danser.



Et ils ont fait inscrire au milieu: "Cap dou Mounde" je vais essayer de joindre une photo.



Mais il y a plus, car depuis des années maintenant, ceux de
l'intérieur ne cessent de me parler d'un château situé ailleurs dans le
L&G où on devrait pouvoir bientôt se retrouver pour diverses
activités telles qu'équitation et pour se reposer dans un endroit
magnifique au milieu des pins des Landes.



C'est seulement à vingt km de là.



On me parle aussi souvent de communiquer avec l'intérieur mais
physiquement, et il y aurait des passages même ici à Lyon qui
permettraient de passer dans les tunnels de l'Agartha, mais je n'en ai
pas encore eu confirmation physique.



Car si tu es une baronne il te faudra donc au moins un petit
château... Et j'ai une belle soeur que j'ai surnommée la châtelaine
pour la même raison, ça serait trop drôle que vous vous retrouviez ensemble là bas!!!



La synchronicité de ce forum étant de plus en plus étonnante, il faut s'attendre à (presque) tout!!! lol

"Dernière édition par papou le Sam Nov 24, 2007 8:36 pm; édité 4 fois"

Cassiopée

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:04

#9: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Nov 24, 2007 8:51 pm


HAUT-KOENIGSBOURG (180km de chez moi, l'ai encore une fois visité cet été....)



Le rêve médiéval de Guillaume II (il devient propriétaire du château en 1899)



Au coeur de sombres forêts le Haut-Koenigsbourg, perché sur un éperon
rocheux, domine de sa masse altière la plaine d'Alsace.Si ses origines
remontent au Moyen-Âge, la forteresse n'a pourtant guère plus d'un
siècle.Ses ruines furent en effet relevées sous l'impulsion de
Guillaume II.Maître d'oeuvre d'une magistrale reconstitution, il
s'attacha à recréer une sorte d'archétype du château féodal.



Le 8 juin 1937 sort sur les écrans le nouveau film de Jean Renoir "La grande illusion".

Erich von Stroheim, Jean Gabin, Pierre Fresnay, Dalio composent
l'éblouissante distribution d'une oeuvre d'un pacifisme ambigu et
quelque peu désenchanté.L'histoire se passe dans une forteresse de
Poméranie où des prisonniers français sont retenus en captivité durant
la Première Guerre mondiale.L'illusion est parfaite.Couloirs de pierre
interminables, hauts remparts crénelés, donjon imposant couvert de
neige, vent glacial.en réalité cette forteresse d'où l'on ne s'évade
pas se trouve en Alsace; il s'agit du Haut-Koenigsbourg.

Même si ce château est une reconstitution, elle respecte le plan
d'ensemble d'une construction beaucoup plus ancienne.Au XIIè siècle, il
existe déjà à l'emplacement de la forteresse actuelle une vaste
enceinte fortifiée qui ne compte pas moins de deux tours, appartenant à
l'empereur Conrad III de Hohenstaufen et à son frère Frédéric le
Borgne, duc d'Alsace, le père du futur empereur Frédéric 1er
Barberousse.Au siècle suivant, les deux tours donnent naissance à deux
châteaux distincts, Koenigsbourg (ou château royal ) et OEdenbourg, qui
deviennent la propriété des ducs de Lorraine après l'extinction des
Hohenstaufen.



Koenigsbourg, donné en fief aux Hohenstaufen, devient au XVè siècle
un repaire de chevaliers pillards qui rançonnent et détroussent les
voyageurs et les convois de marchandises passant par le val de Villé et
Saintes-Marie-aux Mines, voie commerciale par laquelle transitent le
vin et le blé, le sel et le minerai d'argent.

Irrités par ces exactions, et sans doute privés de quelques
bénéfices substantiels, l'évêque et la ville de Strasbourg, alliés à
Colmar et Bâle, lèvent une armée et marchent contre les brigands.Au
terme d'un long siège, ils s'emparent du château en 1462 et le
détruisent.L'autre château OEdenbourg, n'est déjà plus habité à
l'époque.



Les ruines, désormais possession des Habsbourg, sont attribuées en
1479, au comte Oswald de Thierstein, qui entreprend la reconstruction
de l'édifice dans un style gothique tardif.Il renforce l'enceinte et y
ajoute des bastions, dotant la forteresse d'un système défensif très
perfectionné.Celui-ci est adapté aux caractéristiques de l'artillerie,
dont l'apparition a totalement bouleversé les règles de l'art
militaire.

A la mort du dernier des Thierstein en 1519, les Habsbourg
reprennent possession du château, qu'ils occupent peu mais dont ils
continuent de perfectionner les défenses.Leurs successeurs, les
chevaliers de Sickingen puis les Bollwiller, procèdent encore à divers
agrandissements au XVIIè siècle.



La ville de Sélestat, qui deviendra allemande après la guerre de
1870, acquiert les ruines en 1865.En 1899, elle fait don du
Haut-Koenigsbourg à Guillaume II, qui séjourne alors dans la
ville.Séduit par ce lieu auquel reste attaché le souvenir de plusieurs
dynasties impériales, l'empereur décide d'entreprendre la
reconstruction totale du château.il sera intégralement remeublé grâce
aux achats massifs d'antiquités réalisés en Autriche, en Allemagne et
en Suisse.

Au total, les travaux coûteront plus de 2 millions de marks, intégralement financés par les Alsaciens!.

En 1908, l'inauguration du nouveau château, sous une pluie battante
, est le prétexte d'une grande cérémonie, réunissant dignitaires
impériaux et graves historiens, tous revêtus pour l'occasion d'atours
médiévaux.

Par la suite, Guillaume II ne manqua jamais de se rendre au
Haut-Koenigsbourg, tous les ans au mois de mai.Là dans la grande salle
des fêtes, ornée des armoiries de ses ancêtres, il diserte à l'envie
sur les grandes heures de l'histoire allemande.

La défaite de l'Allemagne au terme de la Première Guerre mondiale permet le retour de l'Alsace à la France.



Par une curieuse ironie, le Haut-Koenigsbourg, bâti pour célébrer
la grandeur allemande, entre dans le patrimoine de la République
française.



Si vous visitez un jour ce château vous
pourrez chercher dans une cheminée les paroles de Guillaume II
inscrites dans la pierre à propos de la 1ère guerre mondiale "en
allemand mais je traduis" Je n'ai pas voulu cela"" et verrez la
réplique du "Graouli"......ainsi qu'une très belle collection d'armes
et canons..



Les seigneurs qui se succédent au Haut Koenigsbourg ne cesseront
par la suite de renforcer son aspect inexpugnable, notamment au XVII è
siècle, par la construction du Grand Bastion, imposant corps de
bâtiment qui vient barrer la partie occidentale de l'enceinte.Toutes
ces précautions, pourtant ne suffiront pas : durant la guerre de Trente
ans, en 1633, le château assiégé durant 52 jours par les Suédois, finit
par se rendre et est totalement incendié.



Mandaté par Guillaume II pour mener à bien la restauration du
château, l'architecte autodidacte Bodo Ebhardt (1865-1945) suscita tout
comme Viollet le Duc en son temps, de nombreuses critiques émanant
d'historiens qui qualifiaient sa restauration d'invention
grossière.Pourtant, il apparaît aujourd'hui qu'il fonda ses plans sur
de nombreux documents d'archives.Les fouilles en attestent, qui
prouvent que le beffroi de la forteresse médiévale était bien carré et
non pas circulaire comme l'affirmaient à l'époque d'éminents
spécialistes.



Si Bodo Ebhardt s'est montré scrupuleux sur la véracité historique
de sa reconstruction, au moins pour ce qui concerne l'extérieur du
château, il a donné libre cours à son imagination fortement teintée de
romantisme pour la décoration des appartements, dont le joyau demeure
l'impressionnante salle des fêtes.La statuaire comme les motifs
décoratifs, qui font la part belle à l'héraldique et aux sujets
guerriers, célèbrent à profusion l'histoire de l'Allemagne et la geste
des Hohenzollern.




Cassiopée

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:04

#10: Auteur: Fleur de Diamant, Localisation: FRANCE - 66
Posté le: Sam Nov 24, 2007 9:03 pm


Papou,




Citation:
Car
si tu es une baronne il te faudra donc au moins un petit château... Et
j'ai une belle soeur que j'ai surnommée la châtelaine pour la même
raison, ça serait trop drôle que vous vous retrouviez ensemble là bas!!!




Peut être l'ai-je été dans une vie antérieure ? Tout
ce que je peux dire est que mon père avait fait des recherches sur
l'ascendance du nom de famille. Lorsque j'ai eu l'occasion pour mon
travail, de me déplacer non loin de, là c'est la patronne de l'hôtel où
j'étais descendue, qui en voyant mon nom de famille m'a parlé de ce
château (et des recherches de la propriétaire sur la descendance de
Blaise de Monluc) où je me suis rendue. Je m'y sentais comme chez moi,
mais je n'ai pas osé aller plus loin que la simple visite de
connaissance.

Peut être qu'un jour nous aurons l'occasion de nous connaître,
avec ta belle soeur. Il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent
pas.

#11: Auteur: papou, Localisation: Lyon
Posté le: Sam Nov 24, 2007 9:40 pm


Ce que tu décris là est typiquement un "déjà
vécu" de vie antérieure, quand j'étais psy je m'étais spécialisé là
dedans, je les reconnais à cent km...lol

#12: Auteur: Fleur de Diamant, Localisation: FRANCE - 66
Posté le: Sam Nov 24, 2007 10:21 pm



papou a écrit:
Ce
que tu décris là est typiquement un "déjà vécu" de vie antérieure,
quand j'étais psy je m'étais spécialisé là dedans, je les reconnais à
cent km...lol




Argh ! Mon chateau, rendez moi mon chateau !!! Mon chateau !!!







Tu aurais vu les pierres ! Murs très épais évidemment, mais les pierres
étaient couleur terre (enfin, c'est le souvenir que j'en garde)... et
anecdote liée aux châteaux, l'hôtel où j'étais descendue avait des
chambres à thèmes : révolution française, chambre de Marie-Antoinette
etc... Bien entendu je n'ai pas logé dans une suite, mais c'était
vraiment décoré comme dans les châteaux. Il ne manquait plus que les
servantes et caméristes, lol.



Bon, fin du hors sujet. Pardon Graindesel, trés chère !

#13: Auteur: Salamandre,
Posté le: Dim Nov 25, 2007 12:03 am


Châteaux de France?

Je n'ai qu'un mot à dire: CHAMBORD.

Achetez "Le Secret de François 1er", (achetez en même deux),

et allez visitez Chambord après lecture

et là, vous serez dans la réelle perspective de ce château des milles et une nuits.




Citation:
Ce
que tu décris là est typiquement un "déjà vécu" de vie antérieure,
quand j'étais psy je m'étais spécialisé là dedans, je les reconnais à
cent km...


Il m'est souvent arrivé d'éclater en sanglot à Chambord,

mais je n'ai dirai pas plus, c'est personnel, na.

"Dernière édition par Salamandre le Dim Nov 25, 2007 12:03 am; édité 1 fois"

#14: Auteur: pop-corn, Localisation: Herault
Posté le: Dim Nov 25, 2007 1:15 am


chambord est effectivement magique, mais je
pense que dans la conscience collective, il a marqué quelque chose, car
qui n'est pas charmé dès sa premiere vision par ce chateau, s'est
l'overdose



il synthétise quelque chose



et le paradoxe la premiere impression qu'il laisse n'est jamais negative



perso je pense que je fondrais aussi sur place , sans pouvoir le definir

d'ailleurs pour le plaisir des yeux juste des plans macro, des photos en licence libre, je vous y invite, s'est un amateur qui a un site sur lequel j'ai des photos

http://www.freemages.fr/find/view.php?words=chambord&author=&color=&orientation=&size=&res=&form=2



par la même occasion flaner au vatican , la bibliotheque un bijoux( photo libre aussi, même photographe)



http://www.freemages.fr/browse/view.php?cat=italie&scat=vatican

"Dernière édition par pop-corn le Dim Nov 25, 2007 1:22 am; édité 1 fois"

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:05

#15: Auteur: papou, Localisation: Lyon
Posté le: Dim Nov 25, 2007 10:15 am



Fleur de Diamant a écrit:





papou a écrit:
Ce
que tu décris là est typiquement un "déjà vécu" de vie antérieure,
quand j'étais psy je m'étais spécialisé là dedans, je les reconnais à
cent km...lol




Argh ! Mon chateau, rendez moi mon chateau !!! Mon chateau !!!







Tu aurais vu les pierres ! Murs très épais évidemment, mais les pierres
étaient couleur terre (enfin, c'est le souvenir que j'en garde)... et
anecdote liée aux châteaux, l'hôtel où j'étais descendue avait des
chambres à thèmes : révolution française, chambre de Marie-Antoinette
etc... Bien entendu je n'ai pas logé dans une suite, mais c'était
vraiment décoré comme dans les châteaux. Il ne manquait plus que les
servantes et caméristes, lol.



Bon, fin du hors sujet. Pardon Graindesel, trés chère !




Ce pourrait être le début de ton topic sur les V.A. (Vies
Antérieures) c'est un sujet que je connais très bien ayant passé plus
de quatre années à l'étudier et le disséquer cliniquement après ma
rencontre avec des scientologues élèves directs de L.R.HUBBARD.



Je crois même pouvoir affirmer que je suis allé au delà de leur
propre compréhension, je pourrais en parler pendant des heures, et ça
fait plus de vingt ans que j'ai gardé ça secret, n'ayant jamais
vraiment eu l'occasion de trouver des interlocuteurs à la hauteur pour
leur dévoiler mes découvertes dans ce domaine.



Et comme on le sait le hasard n'étant que le fruit de notre
ignorance, j'avais à l'époque fait un petit séminaire d'une semaine
chez une amie près de Bordeaux dont les fenêtres donnaient directement
sur les vignobles du Château Yquem.



Il m'est souvent arrivé d'éclater en sanglot à Chambord,

mais je n'ai dirai pas plus, c'est personnel, na.




Toujours le même bleu pour toi Salamandre, tu sais pourquoi!...



C'est aussi typique d'un souvenir de V.A., quand je faisait
travailler mes patients sur ce théme, ils étaient parfois tellement
émerveillés de leurs découvertes qu'ils m'apportaient des bouquets de fleur à leur rendez-vous suivant, et je ne te dis pas combien de paquets de mouchoirs ils ont consommés...lol

"Dernière édition par papou le Dim Nov 25, 2007 10:23 am; édité 3 fois"

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:05

#16: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Dim Nov 25, 2007 12:49 pm


Je suis contente que cette rubrique suscite de
l'interêt..combien de fois visite t-on ces châteaux ou passe t-on
devant en voiture sans en connaître leur histoire........
je vais voir pour le livre Salamandre j'espère que ce n'est pas
compliqué à lire.........c'est vrai que Chambord que j'ai visité 2 fois
est une merveille...mais il y a tellement de monde ......et toi Fleur...ose...



CLOS VOUGEOT L'écrin enchanteur d'un grand vin





Depuis deux jours, l'envoyé de l'empereur Guillaume II goûtait les
différents crus du Clos-Vougeot.Léonce Bocquet, propriétaire et
restaurateur du château à la Belle Epoque, accueillait avec tous les
égards le comte Sedlitz, premier maréchal de la cour de Berlin :
c'était un client des plus prestigieux et des meilleurs.

Quelle ne fut pas sa déception quand après cette longue
dégustation, le comte lui passa commande de deux cents bouteilles
seulement!Piqué au vif, Léonce Bocquet eut cette répartie "Dites à
votre empereur que, pour une cour impériale, je ne facture pas deux
cents bouteilles, je les offre!"

Ce faisant, il renouait avec le panache des moines du clos-Vougeot.

A un envoyé de Bonaparte, qui traversait Dijon auréolé d'une gloire
fraîchement acquise à Marengo, dom Goblet, qui avait gardé une superbe
cave de son office de dernier moine cellerier du Clos-Vougeot, répondit
: " Je ne vendrai jamais une seule goutte de mon vin.Mais si votre
jeune général veut venir chez moi, je lui en ferai boire
volontiers".Léonce Bocquet fit revivre non seulement l'esprit de
répartie des cistériens, maîtres du Clos-Vougeot durant sept siècles,
mais le château lui même.Le fleuron du domaine viticole de Cîteaux
déclaré bien national et vendu en 1791, fut racheté en 1891 par ce
négociant en vins alors que l'exploitation était revendue en parcelles.

La restauration qu'il entreprit le ruina, mais pour prix de ses
efforts, il obtient d'être enterré en 1913 devant le château.Celui-ci
devait attendre 1944 pour retrouver un destin digne de sa renommée :
accueillir le siège de la confrérie des chevaliers du Tastevin.

Patiemment constitué par les moines de Cîteaux, du XII au XIVè
siècle, le domaine a des limites intangibles, matérialisées par un mur
enserrant les 50,85 hectares de vignes.Au coeur de ce clos sont
construits au XIIè siècle une cuverie et un cellier.A la Renaissance,
dom Jean Loisier entreprend d'y bâtir une résidence digne des abbés de
Cîteaux.C'est ainsi que le château réunit adroitement installations
vinicoles et lieu de plaisance.

Autour d'une cour trapézoïdale s'ordonnent les corps de logis au
nord et à l'est, la cuverie à l'ouest, le cellier au sud.Au fond de la
cour, le cellier roman sert aujourd'hui aux réunions de la confrérie.De
plan rectangulaire, il est constitué d'un rez-de-chaussée séparé en
trois nefs par deux rangs de colonnes monolithes et d'un étage sur
combles, le tout
couvert d'un toit dont les versants descendent presque à terre.aA
droite de la cour et à l'ouest, la cuverie a le caractère intime d'un
cloître.Ses galeries de 30m sur 10 abritent quatre gigantesques
pressoirs à cabestan datant de la fondation du clos.



Le logis composé de deux corps en retour d'équerre, se situe à
gauche de la cour.Le rez de chaussée occupé par des celliers, est
éclairé par de petites baies rectangulaires,, l'étage carré et l'étage
de comble par de grandes fenêtres à croisillons, surmontées de frontons
alternativement triangulaires ou contrées par celles des combles.Si les
tours carrées, qui flanquent le corps de bâtiment nord à ses deux
extrémités, restent médiévales, la façade du logis évoque la
Renaissance.

Elle est traversée par un passage d'entrée entre deux larges
portes cochères en plein cintre inscrite chacune dans une travée
toscane, à pilastres au nord et à colonnes cannelées au sud.L'entrée
d'honneur est encadrée de pilastres jumeaux creusés de niches
superposées formant coquilles abritant des statues de la fin du XIXè
siècle.

L'entrée franchie, un escalier à deux rampes, orné de plafonds de
pierre à compartiments richement sculptés, monte avec grâce au premier
étage.

Dans les appartements du 1er étage, très restaurés au XIXè siècle,
se trouvent quatre cheminées monumentales dont les manteaux sculptés
sont portés par des colonnes toscanes et corinthiennes.La salle
d'honneur est décorée des armes de Cîteaux et des initiales L.B rendant
hommage à Léonce Bosquet, restaurateur du château.

Elle accueille une belle cheminée Henri II, dont la plaque est
ornée du blason d'Andoche Pernot d'Ecrots, abbé de Cîteaux.Cette salle
donne accès à l'ancienne salle à manger ; celle-ci, s'ouvrant sur la
devise de dom Jean Loisier : Dita servata fide "la richesse par la
loyauté" exprime la continuité des lieux au travers des vicissitudes de
l'histoire.



Longtemps, lorsqu'une troupe militaire passait devant le
Clos-Vougeot, la tradition l'obligeait à présenter les armes.Nombreux
furent les militaires auxquels on a attribué l'origine de cette marque
de respect.Si les noms du maréchal de Saxe, du duc d'Aumale, du général
de Galliffet ou de Mac Mahon furent évoqués, c'est, aux dires de
Stendhal, le colonel Bisson, sous le premier Empire, revenant de la
campagne d'Italie et regoignant l'armée du Rhin, qui eut le premier
cette idée.



Installée depuis 1944 au Clos Vougeot, la confrérie des chevaliers
du Tastevin invite des personnalités à apprécier les vins après un
cérémonial d'intronisation inspiré de Molière et de Rabelais.Une fois
par an a lieu une dégustation à l'aveugle, les vins primés pouvant
arborer l'emblème de la confrérie.



http://romanes.com/Clos-Vougeot/Clos_Vougeot_0007.html




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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:05

#17: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Nov 30, 2007 7:55 pm


CHATEAU DE MAINTENON, l'austère résidence d'une reine de l'ombre.



Près de Chartres, Maintenon dresse ses austères tours de brique rouge
au bord de l'Eure.Plusieurs fois remanié, ce château féodal à l'allure
sévère conserve le souvenir de la marquise de Maintenon, la plus
illustre de ses propriétaires, qui y reçut fréquemment la visite de son
futur époux, le roi Louis XIV.



Un silence feutré règne au château de Maintenon en cette journée du
4 mai 1677 : la marquise de Montespan, favorite en titre du roi Louis
XIV, vient de donner naissance à une petite fille.Le nouveau-né, que
l'on appellera Mademoiselle de Blois, aura donc vu le jour dans la
demeure de sa gouvernante,Mme Scarron, future marquise de Maintenon, à
l'abri des regards indiscrets.Quelques années plus tard, le roi,
sensible au dévouement et à la grâce discrète de la gouvernante des
enfants qu'il a eu avec sa favorite, bientôt délaissée, en fait
clandestinement son épouse légitime.



Seigneurie des vassaux des comtes de Montfort, Maintenon possède au
XIIè siècle un château féodal rectangulaire flanqué d'un imposant
donjon de pierre, carré et percé de fenêtres.Au XIVè siècle, trois
tours circulaires en brique viennent s'ajouter à l'ensemble.La bâtisse
est alors cernée de larges fossés.A l'aube du XVI è siècle,Jean
Cottereau, trésorier des finances de Louis XII puis de François Ier,
achète les terres et le château de Maintenon et entreprend à partir de
1505 d'importants remaniements.

Le corps de logis principal - que l'on traverse pour accéder à la
cour intérieure - est entièrement reconstruit dans le style de la
Renaissance et doté d'une aile en retour d'équerre qui abrite écuries
et remises.L'accès à la cour s'effectue par un passage voùuté percé au
bas d'un pavillon en saillie doté de deux tours rondes.La façade
intérieure du pavillon est flanquée d'une tour d'escalier
polygonale.Enfin les deux autres côtés du quadrilatère d'origine sont
remplacés par de simples murailles.Vers 1521, Cottereau fait également
rebâtir l'église du château, la collégiale Saint-Nicolas.

En 1674, Françoise d'Aubigné, veuve Scarron, est depuis cinq ans
au service du roi pour assurer l'éducation des enfants qu'il a donné à
sa maitresse, la marquise de Montespan.Incessantes, les tracasseries de
cette dernière lui font désirer avoir un refuge loin de la Cour.Le 27
décembre de cette année, la gouvernante achète pour 250 000 livres au
Marquis de Villeray les terres de Maintenon.Celles-ci seront érigées en
marquisat en 1688, dix ans avant que Mme de Maintenon ne donne le
château en cadeau de mariage à sa nièce Françoise d'Aubigné, épouse du
comte d'Ayen, fils du duc de Noailles, futur ministre des affaires
Etrangères sous le règne de Louis XV.

C'est en 1684 que Mme de Maintenon fait construire par Jean-Pierre
Le Maistre d'après des plans de Jules Hardouin-Mansart, une aile
reliant la tour carrée au corps de logis principal, à la place de l'une
des muraille élevée par cottereau.La seconde muraille est abattue, afin
d'ouvrir le château sur les jardins.Maintenon possède désormais une
silhouette en "U", de facture classique.Dans le même temps, une grande
aile abritant les communs et dotée à l'étage d'une longue galerie est
reliée à la collégiale, dans laquelle on aménage une tribune pour que
le roi Louis XIV puisse assister aux offices lors de ses fréquents
séjours au château



Au fond du parc, une succession d'arcades constitue le seul
témoignage du colossal projet d'aqueduc dont on doit la paternité au
ministre Louvois.Ce dernier avait envisagé en 1684 de détourner les
eaux de l'Eure pour alimenter les bassins du château de Versailles.Le
mathématicien La Hire est chargé des nivellements, tandis que Vauban
supervise les 30 000 hommes travaillant à la construction de l'ouvrage,
qui doit compter trois niveaux.Le chantier, véritable gouffre
financier, est interrompu en 1688 par le déclenchement de la guerre de
la ligue d'Augsbourg et reste à jamais inachevé.

A partir de 1852, Paul, duc de Noailles, membre de l'Académie
française, confie à l'architecte Parent, le remaniement des façades,
qui sera accompli de manière quelque peu radicale.

En 1855, il restaure également la galerie de l'aile des communs
pour y exposer des portraits des membres de sa famille.Les appartements
de la marquise de Maintenon restent intacts, en particulier la fameuse
antichambre tapissée de cuir doré.Transmis en ligne maternelle,
Maintenon appartient toujours aux descendants du duc de Noailles.



C'est à Maintenon que C



harles X, roi de France détrôné, passe sa dernière nuit en France,
du 3 au 4 aôut 1830.Renversé par le souffle populaire des Trois
Glorieuses, qui vont porter au pouvoir LouisPhilippe, il fait route
vers les côtes de la Manche, d'où il gagnera la Grande-bretagne.



E, 1689 et 1691, le poète dramatique Jean Racine séjourne à deux
reprises à Maintenon, à la demande de la maîtresse des leix pour
laquelle il écrit Esther et Athalie, oeuvres d'inspiration religieuse,
destinées à être jouées par les pieuses de Saint-Cyr.



Petite fille de l'écrivain Agrippa d'Aubigné, la future marquise de
Maintenon naît en prison, où son père est enfermé pour escroquerie.Pour
échapper au couvent, elle épouse en 1652, le poète libertin Scarron,
âgé de 25 ans de plus qu'elle.Veuve à 22 ans, elle est engagée en 1669
pour veiller sur les enfants nés des amours illégitimes de Louis XIV et
de Mme de Montespan, qu'elle supplantera dans le coeur du roi.Jusqu'en
1715, date de la mort du roi qu'elle a épousé trente plus tôt, elle
excerce une grande influence à la Cour, notamment dans le domaine
religieux.Veuve à nouveau, elle se retire à Saint Cyr, maison
d'éducation pour jeunes filles pauvres de la noblesse qu'elle à fondée
en 1686.



http://www.photos-balades.com/index.php?/tags/129-maintenon

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:05

#18: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Déc 03, 2007 5:14 pm


BEYCHEVELLE une élégante chartreuse du Médoc



Dominant de beaux jardins en terrasse qui descendent vers la Gironde,
le château de Beychevelle est une demeure de plaisance bien
caractéristique de l'élégance du XVIIIè siècle.Beychevelle, bâti sur
l'emplacement d'une place forte qui appartint à la grande famille de
Foix, puis aux ducs d'Epernon, est aussi le siège d'une exploitation
viticole qui produit un vin réputé.



Une tradition tenace voudrait que le nom de Beychevelle vienne du
gascon "bacha velo" en français "baisse la voile", injonction qu'un
guetteur adressait à tout bateau remontant l'estuaire vers Bordeaux, afin qu'il s'arrète pour acquitter un droit de péage.



D'autres y voient une allusion au salut que l'impopulaire duc
d'Epernon, premier amiral de France et gouverneur de Guyenne, exigeait
qu'on lui adressât lorsqu'un bateau croisait au large de son
domaine.Cette tradition continua sous le fils du duc, Bernard
d'Epernon, gouverneur qui se fit tellement détester durant la Fronde
que la ville de Bordeaux, insurgée, se donna un gouvernement municipal,
l'Ormée.Elle fut promptement battue en brèche après la disgrâce dont le
duc fut victime.On raconte que les marins, dépassant Beychevelle toutes
voiles dehors crachaient alors en direction de la maison.



Les origines de Beychevelle sont fort anciennes.Au Moyen Âge, une
maison forte, pourvue d'un donjon servant de poste de guet, dominait la
rivière, non loin d'un pré, le "Prat Laourat" qui accueillait sorcières
et loups garous pour de nocturnes sabbats.

La seigneurie de Beychevelle, l'une des plus importantes du Médoc
appartient au XIVè siècle à Archambaud de Grailly, issu d'une puissante
maison, héritière du captalat de Buch, qui soutient traditionnellement
les intérêts du roi d'Angleterre en Aquitaine.Par son mariage avec
Isabelle de Foix, Archambaud de Grailly est à l'origine de la deuxième
lignée de comtes de Foix, dont descend en ligne directe le roi Henri
IV.



Passé à la branche des Foix-Candale, Beychevelle échoit à la
dernière héritière de cette maison qui l'apporte en dot, ainsi que la
terre de Cadillac, à son époux, Jean Louis de Nogaret de la Valette,
mignon du roi Henri III qui le comblera d'honneurs et le fera duc
d'Epernon.

Tombé en disgrâce sous le règne de Henri IV, l'ancien favori, veuf
très tôt se désinterresse de Beychevelle, lui préférant sa terre de
Cadillac où il fait bâtir un somptueux château dans l'esprit de la
Renaissance.Son fils Bernard de la Valette qui lui succède dans ses
domaines, remanie le château féodal de Beychevelle, qu'il flanque de
deux pavillons latéraux à toits d'ardoise.A sa mort en 1661, le duc
laisse de nombreuses dettes et le château revient à la Couronne qui le
revend à la famille d'Abbadie.



Au XVIIIè siècle, où la prospérité du vignoble favorise la
construction de nombreux châteaux dans le Bordelais, le propriétaire de
Beychevelle, le marquis de Brassier, fait élever une nouvelle demeure
sur l'emplacement de l'ancien château féodal.La nouvelle construction
adopte le plan typique des chartreuses, ces logis de forme allongée qui
ne comptent généralement qu'un niveau.

A Beychevelle, ce logis, bâti sur une terrasse fortement exhaussée
par rapport au niveau du sol, vestige de l'ancienne enceinte, est
pourvu du côté sur le parc d'un avant-corps légèrement en saillie, orné
d'un fronton.La construction centrale, coiffée d'un toit en tuiles
plates bordé d'une balustrade, rejoint les deux pavillons construits au
temps du duc d'Epernon.Du côté de la cour, fermée par une grille
entourée de piliers portant des lions de pierre, ces pavillons sont
prolongés par les bâtiments d'exploitation.



Après la tourmente révolutionnaire, marquée par l'émigration des
Brassier et la confiscation du domaine, celui-ci revient finalement à
Mme de Saint-Hérem, née Brassier, qui le revend en 1800 à un négociant
bordelais, Jacques Conte.Beychevelle passe ensuite à un neveu de ce
dernier, Pierre-François Guestier, qui se consacre au développement du
vignoble.

Le domaine est acquis en 1875 par le banquier Armand Heine, qui
fait faire à Beychevelle d'importants travaux.De cette période date
notamment la grande aile en retour d'équerre, construite du côté du
parc qui dévale en pente douce vers la Gironde.

Beychevelle passe ensuite à la fille du banquier, épouse de
Charles-Achille Fould.Le château est resté l'entière propriété de leurs
descendants jusqu'en 1984, date à laquelle la Garantie mutuelle des
fonctionnaires a pris une participation minoritaire dans la société
d'exploitation du domaine, avant d'en acquérir la totalité en
1986.Cette vente, comme celle du château Margaux quelques années plus
tôt, marquait l'entrée des prestigieuses propriétés viticoles du
Bordelais dans le jeu complexe des grands intérêts financiers.

Beychevelle est aujourd'hui exploité par la société Grands Millésimes de France.



Situé dans le Médoc, cette presqu'île s'étendant au nord de
Bordeaux entre l'océan et l'estuaire de la Gironde, le vignoble de
Beychevelle sur la commune de Saint-Julien, produit un vin rouge qui
fut classé 4ème cru en 1855, à l'occasion de l'exposition
universelle.Depuis les années 1970, le domaine commercialise également
un deuxième vin sous la marque "Amiral de Beychevelle".



Sous la monarchie de Juillet, les Guestier, ardents orléanistes,
reçurent à Beychevelle deux des fils du roi Louis-Philippe, les ducs
d'Aumale et de Nemours.En réponse au toast du maître de maison
célébrant Louis-Philippe, lee "meilleur des rois", ses invités levèrent
leur verre "au meilleur des vins".Plus récemment, le château a reçu le
comte et la comtesse de Paris ainsi que le roi et la reine des Belges,
alors princes de Liège.







http://www.tourisme-aquitaine.fr/fr/hebergement.asp?s=1&idFiche=PCUAQU033FS00003&sitLangue=fr&sitTable=sitPatrimoineCulturel

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:06

#19: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Déc 07, 2007 7:50 pm


NERAC Le château des beaux esprits.



Construit en bordure de la Baïse, le château de Nérac, aujourd'hui
amputé des trois quarts de ses bâtiments, fut l'une des résidences de
la puissante maison d'Albret.Château très aimé de la célèbre Marguerite
d'Angoulème, fille de Charles de Valois et de Louise de Savoie, devint
reine de Navarre par son mariage.Esprit universel, auteur de poêmes et
de comédies, l'une des femmes les plus instruites de son temps, le
château résonne encore des fastes de la Cour du roi de Navarre, le
futur Henri IV, qui aimait à y séjourner.



Veuve de Charles d'Alençon, Marguerite d'Angoulème, soeur de
François Ier avec lequel elle gardera toujours des liens très étroits,
se remarie en 1527 avec Henri d'Albret, roi de Navarre.Malgré la
naissance d'une fille Jeanne, future mère du roi Henri IV, l'union
n'est guère heureuse et Marguerite séjourne de plus en plus
fréquemment, seule, au château de Nérac.



Là, cette femme brillante et cultivée correspond avec tout
ce que la France comprend d'humanistes, de poètes ou de penseurs
religieux.Clément Marot et Rabelais -qui lui dédiera son Thiers Livre,
Lefèvre d'Etaples et Calvin, Etienne Dolet ou encore Bonaventure Des
Périers sont quelques uns des familiers de cette femme remarquable.

C'est à Nérac, encore que Marguerite, poète et dramaturge, compose
ses oeuvres les plus célèbres, notamment son recueil de contes
l'Heptaméron.

La maison d'Albret est présente à Nérac, qu'elle tient des évèques
de Condom, dès le XIIIè siècle.Le château, baigné de douves sauf du
côté de l'est où il est bordé par la Baïse, constitue un vaste
quadrilatère, flanqué de tours, s'ordonnant autour d'une cour
carrée.Son accès est commandé, à l'ouest par un pont-levis gardé par
deux autres tours, à demi-engagées dans la courtine.

Au début du XVI siècle, Alain le Grand, sire d'Albret, épous de
Françoise de Bretagne qui lui apporte en dot le comté de Périgord et le
vicomté de Limoges, entreprend la transformation du château qu'il dote
, du côté de l'aile nord, d'une galerie haute ouverte en loggia,
reposant en encorbellement sur un important soubassement.



Après la mort d'Alain d'Albret en 1521, Nérac connaît des heures
brillantes du temps de Marguerite d'Angoulème, épouse de son petit fils
Henri, qui s'entoure d'une société choisie.Elle reçoit notamment
Calvin, qui séjourne au château en 1534, puis l'année suivante Clément
Marot, fuyant Paris où il est accusé d'hérésie.C'est à cette époque
qu'est aménagée l'aile méridionale donnant sur la rivière, ainsi que
les parterres qui la longent.

Le château où Charles IX et sa mère Catherine de Médicis, font
escale en 1565, devient sous Jeanne d'Albret, reine de Navarre et mère
du futur Henri IV, l'un des foyers de la religion réformée.Veuve depuis
1562 d'Antoine de Bourbon, la reine, qui se partage entre Pau et Nérac,
s'est en effet convertie au protestantisme sous l'influence du
successeur de Calvin, Théodore de Bèze, qui réside alors à Nérac.

Jeanne d'Albret meurt en 1572, peu avant le mariage de son fils
Henri avec Marguerite de Valois, la soeur de Charles IX.Henri, qui
quelques heures après son mariage à dû abjurer sa religion pour
echapper au massacre de la Sainte arthélemy, est retenu à la Cour de
France, mais parvient à s'en échapper en 1576.Ayant retrouvé ses Etats,
il revient sur son abjuration et reprend la tête du parti
protestant.Deux ans plus tard, alors que l'heure est à la
réconciliation, il accueille à Nérac son épouse et sa belle-mère , avec
laquelle il négocie les "conférences de Nérac", qui entérinent au
profit des protestants la reconnaissance d'un certain nombre
d'avantages.

Commence alors à Nérac, l'un des séjours préférés des souverains
de Navarre, une nouvelle période faste.Le roi, entouré d'une brillante
Cour de gentilshommes et de jolies femmes, ne prétends pas plus que son
épouse à la fidélité et multiplie les conquêtes.Les fêtes se succèdent
dans l'enceinte du château, tandis que Marguerite fait aménager, de
l'autre côté de la rivière, une promenade ombragée que l'on appelle "la
garenne".

L'ascension de Henri IV au trône de France, et plus encore sa mort, en 1610, marquent la fin des belles heures de Nérac.

Passé aux ducs de Bouillon, devenus ducs d'Albret en échange de
l'abandon de leur principauté de Sedan, le château n'est plus guère
entretenu à la veille de la Révolution.

En 1793, lors de la démolition de trois des quatre ailes du
château, seule l'aile de la galerie est épargnée, tandis que les
jardins sont saccagés.Les vestiges du château ont été rachetés par la
municipalité de Nérac en 1925.L'aile subsistante abrite désormais le
musée d'Histoire de la ville.

Le pavillon des Bains, épargné lors de la Révolution, un charmant
pavillon octogonal coiffé d'un comble à l'impériale subsiste dans le
Jardin du Roi, longeant la Baïse.Construit à l'époque d'Alain d'Albret,
il était utilisé pour servir une collation aux baigneurs.



L'ascension de la maison d'Albret.

Originaires de la petite seigneurie gasconne de Labrit, entre la
Chalosse et le Bazadais, les d'Albret sont connus depuis le nommé
Amanieu, au Xiè siècle.Une série de brillantes alliances permet à ses
représentants d'accroître leurs possessions des comtés de Pérogord,
d'Etampes, de Béarn et de Foix et du royaume de Navarre au XVè siècle,
de l'Armagnac au siècle suivant.En 1548, le mariage de Jeanne d'Albret
avec Antoine de Bourbon-Vendôme consacre la fusion des deux plus
importants héritages féodaux de France.Le fils né de cette union, Henri
IV, réunira ces biens à la Couronne de France.



Les chapiteaux de la galerie.

La galerie comporte 11 arcades en anse de panier soutenues par des
colonnes torsadées surmontés de chapiteaux.L'un des chapiteaux a pour
thème Mélusine, allusion à une alliance de la famille d'Albret avec les
Lusignan, qui prétendaient se rattacher à la fée ; un autre porte un
moine entouré de lièvres, qui rappelle tout à la fois l'éthymologie du
berceau de la maison d'Albret, Labrit, et les moines de Condom.



http://www.cg47.fr/archives/cartes/Nerac_chateau_HIV.htm

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:06

#20: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mer Jan 02, 2008 4:47 pm


LOCHES la beauté d'Agnès Sorel et les sombres cachots de Louis XI



Elevé au XIè siècle, le donjon de Foulques Nerra, comte d'Anjou, domine
du haut de ses 37m la véritable cité qu'est devenu le château de
Loches, sis sur le cours de l'Indre, à mi-chemin entre Tours et
Châteauroux.Les successeurs de Foulques Nerra n'ont eu de cesse, en
effet, de transformer et d'enrichir cette forteresse, renforçant sa
vocation défensive sans pour autant négliger le confort de son accueil.

C'est à Loches, où elle coula des jours heureux auprès de son
royal amant Charles VII, qu'Agnès Sorel (1422-1450), première favorite
de l'histoire de France, demanda à être inhumée.



Lorsqu'il prend Mathilde de Normandie pour épouse, le 17 juin 1128,
au ans, le propriétaire du château de Loches, Geoffroy Plantagenêt, en
dépit de ses 15 ans, ne peut ignorer qu'il lie alors son destin avec
l'un des meilleurs partis d'Europe.Seigneur d'Anjou, de Touraine et du
Maine, Geoffroy, en contractant cette union avec la fille unique du roi
d'Angleterre, obtient un droit sur cette couronne d'Outre-Manche, que
ceindront en effet son fils et ses descendants de la dynastie des
Plantagenêts.

Cette puissance nouvelle de la maison angevine ne pouvait
cependant manquer de susciter la méfiance des rois de France, qui
n'auront de cesse de démanteler les possessions continentales des
Plantagenêts.



Une forteresse disputée.

Au coeur de cette rivalité franco-anglaise, le château de Loches
fera l'objet d'une lutte obstinée, qui le placera tantôt dans un camp,
tantôt dans l'autre.En 1189, Richard Coeur de Lion, fils du roi
d'Angleterre Henri II Plantagenêt, entame le premier d'une longue série
de sièges devant les remparts de Loche, qui appartient alors à son
propre père.

Pour mener à bien cette entreprise, il s'allie avec le roi de France, Philippe Auguste.

Cette alliance ne résistera cependant pas à la disparition d'Henri
II et à l'avènement de Richard au trône d'Angleterre.En effet, en 1193,
Philippe Auguste profite de l'absence de son ancien allié, alors retenu
en captivité en Allemagne pour s'emparer de Loches.Libéré l'année
suivante, Richard lavera cependant rapidement cet affront, car il ne
faudra que trois heures à ses soldats pour reprendre la forteresse.En
1205, à l'issue d'un siège qui durera cette fois une année, Philippe
Auguste s'empare de nouveau du château, qui demeurera désormais une
possession française.



Loches , château royal

Loches rend compte des évolutions de l'architecture militaire et du
mode de vie au cours des cinq derniers siècles du Moyen Âge.Son
histoire débute au XIè siècle, lorsque Foulques Nerra, comte d'Anjou,
hérite d'une motte féodale, déjà plusieurs fois reconstruite.Vers 1030,
il fait ériger le donjon de pierre remarquable édifice dont les
qualités architecturales ont longtemps fait penser que sa construction
avait pris presque deux siècles.Il semble en fait qu'elle n'ai duré que
dix ans.!!

Au XII è siècle, Henri II Plantagenêt complète le système défensif
de Loches.Vers 1180, un vaste rempart (près de 2 km) doublé d'un fossé
sec englobe tout le promontoire.On distingue désormais la basse-cour,
accessible par la seule Porte royale (où s'éleveront l'église et le
logis royal) et le donjon, château dans le château.Au XVè siècle, une
troisième ceinture de remparts viendra protéger la ville basse.



Le donjon de Loches présente deux innovations qui ont fait
progresser l'architecture militaire médiévale.Alors qu'auparavant on
rejoignait le sommet des donjons à l'aide d'échelles mobiles, le donjon
de Loches est pourvu d'un escalier, abrité par un donjon secondaire
beaucoup plus étroit et moins élevé.Par ailleurs, le sommet du donjon
est coiffé d'une galerie en bois, établie en encorbellement, depuis
laquelle on lançait toutes sortes de projectiles sur les armées
ennemies.



Refuge de Charles VII surnommé aussi "roi de Bourges " par ses ennemis,et prison sous Louis XI.

Durant la guerre de Cent Ans, les Anglais assiègèrent Loches en
vain.Charles VII qui y réside souvent, bâtit le logis royal et un
nouveau donjon sur le rempart, la tour Ronde.C'est là que Jeanne d'Arc,
après sa victoire d'Orléans en 1429, viendra l'exhorter à oser le
voyage et le sacre à Reims.Charles VII entrera à Paris en 1437, deux
ans après la signature du traité d'Arras, qui réconcilie la France et
la Bourgogne.

Fils de Charles VII et de Marie d'Anjou, Louis XI fait du château
de Loches, une sombre prison où il installe ses célèbres cages de fer,
les "fillettes".Parmi les prisonniers qui honorent Loches de leur
présence, figurent le chroniqueur Philippe de Commynes, le duc de
Milan, Ludovic Sforza, protecteur de Léonard de Vinci et surtout le
ministre de Louis XI, le cardinal de la Balue, lui-même créateur de cet
instrument de supplice qu'est la "fillette", qui devaient leur nom à
leur infernale exiguïté.

Loches continuera à servir de prison jusqu'en 1926.Au début du XXè
siècle, ce sont d'ailleurs des prisonniers qui, sous les ordres d'un
gardien-chef féru d'archéologie, dégagent les souterrains du château.



La dame de beauté.

Les cheveux et les sourcils épilés afin de rendre le front plus
haut, la taille gracile et cambrée, les seins hauts et petits, toutes
les descriptions d'Agnès Sorel rendent compte d'un idéal de beauté au
XVè siècle.Cependant, de celle qui était la maitresse "en titre" et la
conseillère de Charles VII, on ignore en fait la réalité des traits :
aucun des portraits qui nous sont parvenus posthumes, ne peut être
considéré comme fidèle.Même le visage du gisant qui orne sa tombe fut
martelé à l'époque de la Révolution française, puis restauré sous
l'Empire.








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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:06

#21: Auteur: Péronnelle, Localisation: Terre Normande
Posté le: Mer Jan 02, 2008 7:28 pm


SUPERBE



Merci graine de sel pour ton gout à nous faire partagé ta passion de l'histoire.



Moi aussi cà m'a passionné quelque temps, mais on nous ment tellement que je ne sais plus trop ce qui est vrai



Bisous petite historienne

#22: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mer Jan 02, 2008 7:38 pm


Merci Peronnelle, moi aussi je sait qu'il y a
l'Histoire et l'histoire, où n'y a t'il pas mensonges?????enfin là
c'est du solide c'est fait en pierre

#23: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Jan 18, 2008 7:24 pm


SAVERNE, le palais des évêques de Strasbourg.



Possession territoriale de l'évêque de Strasbourg à partir du XIIIè
siècle, Saverne accueille très tôt un château fort dont la première
mention remonte à 1387.



Dès le XVè siècle, un second château appelé Oberhof est édifié par
l'évêque Guillaume de Diest (1394-1439) qui fait de Saverne le siège de
l'administration épiscopale.

Au début du XVI è siècle, un château de style Renaissance est
édifié sur l'emplacement de la forteresse primitive par Guillaume de
Honstein.Chassés de leur siège strasbourgeois pendant la Réforme, les
évêques s'installent entre 1561 et 1681 dans ce château neuf.Dans la
seconde moitié du XVII è siècle, les évêques de Furstenberg font
édifier à partir de 1667 un nouveau château dit "château carré" qui
marie les influences italienne, allemande et française.



A partir de 1670, Egon de Furstenberg, qui occupe le siège
épiscopal de Strasbourg entre 1663 et 1682, fait prolonger le "château
carré par un palais luxueux, vaste corps de bâtiments long de 110
mètres.Si ce palais, dont il fait sa résidence d'été, présente
extérieurement un aspect sévère, sa décoration intérieure jouit dans
l'Europe entière d'une grande réputation.En 1681, les appartements
d'honneur accueillent Louis XIV, venu à Saverne pour signer la
capitulation de Strasbourg.

A cette époque, de vastes jardins, dont l'aménagement a nécessité
de considérables travaux de terrassement, entourent la résidence.



Cardinal ambitieux, proche de Louis XIV, Armand-Gaston de
Rohan-Soubise entreprend dès 1712 d'imprimer sa marque sur le palais de
Saverne : le premier architecte du Roi, Robert de Cotte, propose un
ensemble de modification mais peu de réalisations extérieures
aboutiront.La décoration des appartements, à laquelle participent
notamment les sculpteurs Robert Le Lorrain ou Antoine Coysevox, fait
une large place à la collection de tableaux du cardinal qui possède
entre autres plusieurs toiles d'Aninibal Carrache et de Simon
Vouet.Dans les jardins l'aménagement d'un canal débouchant sur un plan
d'eau de 260m de diamètre, entre 1717 et 1733 mobilise de nombreux
ouvriers.

Des hôtes prestigieux sont accueillis dans ces appartements qui figurent parmi les plus beaux d'Europe

En 1749, François Armand de Rohan-Soubise succède à son
oncle.Malade, il s'éteint en 1756 au château de Saverne où il s'est
installé.En 1770 Louis-Constantin de Rohan, de la branche des Guéménée
Montbazon, reçoit à Saverne l'archiduchesse Marie-Antoinette, en route
vers Paris où elle doit épouser le dauphin.



En 1779, Louis-René Edouard de Rohan-Guéménée prend la suite de son
oncle dont il était le coadjusteur depuis 1760.Peu de temps après son
arrivée, un terrible incendie ravage le château pendant trois
jours,dont les ruines sont rapidement rasées.

C'est un jeune architecte, Nicolas-Alexandre Salins de Montfort,
qui conçoit les plans du nouveau palais, taillé dans le grès rouge, que
le cardinal souhaite grandiose.Le corps de logis, de style
néo-classique, se développe sur 140 mètres et est prolongé par deux
ailes en retour d'équerre.Le chantier , extrêmement coûteux, est
financé en partie grâce à des impôts crées spécialement pour
l'occasion..

En 1789, le palais et le parc sont presque achevés.Comme
l'ensemble des biens du clergé, le palais est confisqué.Mis en vente
dès 1792, le château, qui ne trouve pas d'acquéreur, loge une garnison
tandis que le parc est dépecé et vendu par lots.Pendant plus de
cinquante ans, le palais connaît une lente dégradation, jusqu'à ce
Louis Napoléon Bonaparte, alors président de la 2ème République en
fasse un asile de veuves.

De 1871 à 1945, le palais des Rohan, totalement délabré, abrite une caserne.

Racheté par la municipalité de Saverne en 1952 pour 10 000 francs
d'alors, le château a depuis fait l'objet d'importants travaux de
restauration.




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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:07

#24: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Dim Jan 20, 2008 11:46 am


LA BOURDAISIERE, à Montlouis(Tours), le château des favorites.



Les pierres du château Renaissance, acquis depuis peu par le duc de
Choiseul, sont transportées à Amboise pour servir à l'embellissement de
son château de Chanteloup.Peu à peu disparaissent les salons et les
alcôves où vécurent Marie Gaudin et Gabrielle d'Estrées, favorites de
François 1er et Henri IV.



Forteresse dotée de douves, le premier château de La Bourdaisière,
vraisemblablement édifié au XIIIè siècle, eut un siècle plus tard pour
seigneur le fameux maréchal de France, Jean le Meingre, connu sous le
nom de Boucicaut, Compagnon du connétable Du Guesclin, il sert Jean II
le Bon, qu'il suit à la croisade, et combat au côté de son roi à
Azincourt, où il est fait prisonnier par les Anglais.Passé
successivement de la famille de Meingre de Boucicaut aux Champagne, le
château de la Bourdaisière est acquis au XVè siècle par la famille
Gaudin.

Argentier de la reine, Victor Gaudin, seigneur de la Bourdaisière,
a une fille dont la beauté est célébrée dans toute la région.En 1509,
Philibert Babou, secrétaire du roi et argentier à Bourges, est
prétendant au mariage avec la jeune Marie.

Le mariage est célébré à la Bourdaisière, baronnie transmise en dot à la jeune mariée.

Châtelain heureux, Philibert Babou est en faveur auprès de Louis
XII, puis de François 1er.Sensible aux charmes de Marie Gaudin,le
souverain, visiteur assidu, sait se montrer prodigue.L'édification du
château Renaissance et des communs, élevés à l'emplacement de
l'ancienne forteresse vers 1520, est largement financée par les
libéralités du roi.

Treize larges fenêtres surmontées de lucarnes richement décorées
éclairent la façade, dont le centre s'orne d'une baie centrale en
saillie.Construit sur l'esplanade terminée en bastion de l'ancienne
forteresse, le château est cependant dépourvu de l'ostentation qui,
ailleurs, caractérise les châteaux de la Loire.

Un demi siècle plus tard naît à la Bourdaisière Gabrielle
d'Estrées, fille d'Antoine d'Estrées, grand maître de l'artillerie, et
de Françoise Babou de la Bourdaisière, petite fille de Marie Gaudin.

La blonde jeune femme, favorite d'Henri IV à qui elle donnera trois enfants, fait de la Bourdaisière sa résidence favorite.



Au XVIIè siècle, le domaine passe successivement aux mains de
plusieurs familles, notamment les Saladin de Savigny, les Gouffier, les
Pellisary, les Rohan-Soubise et les Luynes.

En 1768, Etienne François, duc de Choiseul, acquiert la
Bourdaisière.Entré dans la carrière diplomatique grâce à la protection
de Mme de Pompadour, l'influente favorite de Louis XV, il entame une
ascension qui fait de lui, après le second traité de Versailles conclu
en 1757, le véritable chef du gouvernement.

Homme d'esprit, ami des encyclopédistes, Choiseul, qui cumule les
porte-feuilles des Affaires étrangères, de la Guerre et de la Marine,
aime le faste.

A Amboise, il fait de son domaine de Chanteloup une résidence princière.

En 1764, à la mort de la marquise de Pompadour, Marie Jeanne Bécu,
comtesse du Barry, devient la nouvelle favorite du roi.Choiseul qui
déplaît à la comtesse, est disgracié en 1770.Retiré dans son château de
Chanteloup, le duc redouble de magnificence et réunit autour de lui une
cour de fidèles.

Afin d'agrandir son château à moindre frais, il fait démanteler
celui de la Bourdaisière, qui fournit de magnifiques pierres de taille.

Cette manoeuvre est également pour lui un moyen de déjouer les
plans de son rival, le duc d'Aiguillon, qui a contribué à sa chute, et
dont la convoitise se porte depuis peu sur le domaine de la
Bourdaisière.Seuls sont épargnés les communs et les écuries de la
forteresse médiévale.

Le domaine est acquis en 1786 par le duc de Penthièvre avant d'être déclaré bien national en 1794.

Au XIXè siècle , le baron Angelier entreprend de reconstruire le château dans le style néo-renaissance en vogue à l'époque.

Un vaste parc de 55 hectares entièrement aménagé, entoure la
fastueuse demeure, qui passera par la suite aux Monstiers-Mérinville.

Actuel propriétaire du château avec son frère, Philippe-Maurice de
Broglie, le prince Louis-Albert de Broglie (dit le prince jardinier).Ce
dernier renouant avec la tradition millénaire du potager, a entièrement
restauré cet espace qui présente aujourd'hui une grande variété de
légumes, d'herbes aromatiques et de fleurs, ainsi qu'un conservatoire
de la tomate.



Issue d'une grande famille originaire de l'Artois, Gabrielle
d'Estrées (1573-1599), jeune femme blonde au teint très pâle, fut l'une
des plus influentes maîtresses d'Henri IV.En 1592, le roi arrangea son
mariage avec Nicolas d'Amerval, seigneur de Liancourt, mais fit annuler
l'union deux ans plus tard.Titrée marquise de Montceaux puis duchesse
de Beaufort, elle connut à vingt-six ans une mort si brutale que
certains, tel le poète Agrippa d'Aubigné, soupçonnèrent
l'empoisonnement.Elle donna au roi trois enfants, dont César, futur duc
de Vendôme.








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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:07

#25: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mar Jan 29, 2008 7:41 pm


BONAGUIL La dernière forteresse féodale.



Ces ruines imposantes qui s'élèvent sur un éperon rocheux entre les
vallées de la Thèze et de la Lémance, à la frontière du Quercy sont
celles du tout dernier château fort féodal élévé en terre de France.

Illustrant magnifiquement l'évolution des techniques de défense du
Moyen-Âge à la Renaissance, le château de Bonaguil, qui n'eut à subir
aucun assaut, fut en définitive démantelé à la Révolution.

Puissant seigneur, Béranger de Roquefeuil (1448-1530) qui fit de
l'édification de Bonaguil l'un de ses plus grands défis, eut le
privilège de servir cinq rois.



Béranger de Roquefeuil, ce grand seigneur dont le caractère emporté
était célèbre par tout le Midi, ne fut pas de ceux qui acceptèrent de
voir s'effondrer les privilèges de sa caste.Lorsqu'une querelle
concernant un impôt sur les marchandises, l'opposa à ses vassaux de
Castelnau-Monratier, le baron répondit sans hésiter par l'envoi
d'arbalétriers.

Le peuple se révolta, assaillit ses soldats et pilla son château
de Sauveterre.Ajoutant à l'outrage, la Cour de Toulouse condamna le
baron, le 20 juillet 1493, au versement de dommages et intérêts!C'en
était de trop pour l'orgueilleux seigneur.

Il se retrancha dans son château de Bonaguil dont il fit une forteresse capable de défier les plus puissants.



Situé aux confins de l'Agenais et du Quercy, le château initial est
élévé au XIIIè siècle par une famille de chevaliers dont le nom s'est
perdu.

Bâti sur un ergot rocheux, il se réduit alors à une grosse tour pentagonale flanquée d'une salle basse.

Au début du XVè siècle, en pleine guerre de Cent Ans, la seigneurie
passe aux mains des Roquefeuil, vieille lignée méridionale qui possède
alors dix-huit châteaux!.

Entre 1445 et 1482, Jean de Roquefeuil fait subir au noyau
primitif d'importantes transformations.Le donjon acquiert sa forme
fuselée, favorable à la défense, des bâtiments d'habitation dotés de
fenêtres à meneaux(barre divisant l'ouverture) encadrent une cour
fermée qui épouse les contours irréfuliers du rocher.



La paix règne depuis trente ans lorsque Bérenger, fils du premier
seigneur de Roquefeuil, décide de doubler la surface et les défenses du
château.En ces temps où s'épanouit en France l'architecture
Renaissance, donnant lieu à des merveilles comme Chenonceau, Chambort,
ce fier seigneur reste fidèle à l'image du château médiéval qu'il porte
en près de quarante années de travaux, à sa perfection.

Tours circulaires et rectangulaires s'élèvent de toutes parts :
créneaux, mâchicoulis, pont-levis et enceintes basses viennent former
un ensemble fascinant capable de résister aux développements récents de
l'artillerie.C'est là l'originalité principale de Bonaguil qui, doté de
cent canonnières, constitue un dispositif de défense novateur.

L'imposant barbacane, au nord de l'édifice, sert alors de sas d'entrée et de bastion avancé.

Deux pont-levis, quinze canonnières, quatre-vingt mètres de chemin
de ronde en fond un chef d'oeuvre de l'architecture défensive.



Toutefois, Bonaguil malgré ses allures de forteresse indomptable,
n'est pas un site vraiment stratégique.Ni le soulèvement du Périgord,
ni les guerres de Religion au XIV siècle, ni les révoltes des Croquants
et la Fronde au siècle suivant, ne menacent l'édifice.A peine soupçonne
t-on par endroits quelques dérisoires traces de boulets.

Lorsque Bérenger est inhumé en 1530, sous une simple dalle de la
chapelle selon ses voeux, le château devient la demeure confortable des
héritiers de Roquefeuil.

Un mariage malheureux et une mauvaise gestion compromettent la
fortune considérable de la famille qui, en 1791, se défait du
château.Il est vendu à la famille de Fumel, dont les terres sont
voisines.Châtelaine du lieu, Marguerite de Fumel transforme certains
bâtiments défensifs en résidences.Elle demeure au château de Bonaguil
jusqu'à sa mort, le 22 décembre 1788.



Confisqué lors de la Révolution française, le château de Bonaguil
est condamné au démantelement : portes, planchers, toitures sont
arrachées ; les grandes cheminées du logis seigneurial s'ouvrent
désormais sur le vide.

En 1799, le citoyen Jean-Antoine Troupel-Lagrave l'acquiert pour 200 francs.

En 1860, Bonaguil est racheté par la commune de Fumel qui le fait
ensuite classé monument historique.diverses campagnes d'entretien et de
restauration entreprises ont permis de maintenir le site en état, et de
lui rendre une partie de son cachet perdu.



Passionné d'architecture médiévale, l'officier et écrivain
britannique Lawrence d'Arabie effectue au début du XXè siècle un
périple de 4 000 km à vélo sur les chemins médiévaux de France.La
découverte de Bonaguil en 1908, lui inspire ces mots "Elle est si
parfaite qu'il est presque ridicule d'appeler cela une ruine".



L'ancien donjon ouvre sur la cour d'honneur, où se trouve le puits,
profond de 47 m.Elevé au XVè siècle, le donjon a été prolongé en forme
de navette pour n'offrir aux projectiles que des lignes de fuite.Un
escalier de 108 marches mène a deux salles qui abritent aujourd'hui un
petit musée.



C'est en 1271 qu'est mentionné pour la première fois Bonaguil, alors nommé "Bona Accus" - la bonne aiguille -.

En 1239, il est encore le fief de Jeanne de Toulouse, unique
héritière du vaste comté de Toulouse.Son mariage forcé avec Alphonse de
Poitiers, frère de saint Louis, prépare l'annexion de l'ensemble de ses
possessions à la Couronne de France.Celle ci devient effective en 1271,
sous le règne de Philippe III le Hardi, à la mort d'Alphonse de
Poitiers.Situé au coeur des territoires que se disputent la France et
l'Angleterre durant la guerre de Cent Ans, Bonaguil n'est rattaché
définitivement ) la Couronne de France qu'en 1453.




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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:07

#26: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mer Fév 06, 2008 7:18 pm


BEYNAC un balcon sur la Dordogne.



En 1194, de retour de captivité après dix ans d'absence, Richard Coeur
de Lion trouve un grand nombre de ses possessions menacées par la
convoitise de seigneurs locaux, voire par celle du roi de France.

En Aquitaine toutefois, grâce à la vigilance d'un de ses
compagnons, le lieutenant Mercadier, ses châteaux et territoires ont
conservé leur intégrité.

Afin de remercier ce seigneur de sa fidélité, Richard lui offre le
château de Beynac, dont il s'empare de manière autoritaire après la
mort de son propriétaire, Adhémar de Beynac, qui ne laisse derrière lui
aucun héritier direct.

Le présent profitera cependant très peu à Mercadier, qui sera
assassiné à Bordeaux en 1200.Les neveux d'Adhémar de Beynac pourront
alors récupérer le château, qui continuera d'appartenir à cette famille
jusqu'au XVIIIè siècle.



Le premier membre de la famille de Beynac dont l'histoire a
conservé la trace s'appelait Maynard.Son nom apparaît en 1115 dans un
cartulaire de l'abbaye de Cadouin, qui fait état de ses biens et de ses
donations.

A l'exception des six années au cours desquelles le château fut
occupé par le compagnon de Richard Coeur de Lion, les Beynac furent
propriétaires de cette seigneurie jusqu'en 1753, année où s'éteignit le
dernier représent mâle de la famille.En effet, après l'assassinat de
Mercadier, les neveux d'Adhémar parvinrent à faire valoir leur droit
sur cette propriété.Par leurs choix religieux, leurs prises de
positions politiques, les comtes de Beynac se trouvèrent tour à tour
alliés puis opposés à la Couronne de france.



Si rien ne permet d'affirmer qu'ils devinrent eux-même cathares, ni
même qu'ils donnèrent refuge aux hérétiques, les comtes de Beynac,
alliés du comte de Toulouse, furent tenus par Simon de Montfort pour
des ennemis de l'Eglise dont il convenait de soumettre le fief.Ce fut
chose faite en 1214 : le "siège de satan" fut assailli et amputé de la
partie supérieure des murailles et de sa tour, punition infligée à "son
seigneur très dangereux, tyran très cruel..", qui avait pillé plusieurs
églises et en avait emporté quantité de biens ecclésiastiques".

Le domaine ne fut toutefois pas confisqué, de telle sorte qu'il se
releva rapidement.Ainsi dès 1217, Gaillard de Beynac put-il mobiliser
des troupes pour venir en renfort au comte de Toulouse lors de la
reconquête de Carcassonne.



Occupé brièvement par les Anglais au début du XIVè siècle
(1300-1309)Beynac s'affirma clairement dans le camp français lors de la
guerre de Cent Ans (1337-1453), contrairement à Castelnaud, son rival
traditionnel.En 1350, Pons de Beynac fut nommé sénéchal du Périgord sur
ordre du roi de France Charles VII et prit une part active, comme le
feront ses successeurs, à la lutte contre les Anglais.Ces derniers
parvinrent cependant à s'emparer brièvement du site en 1360 et 1368.



S'ils n'ont sans doute pas adhéré à l'hérésie cathare, les comte de
Beynac se sont en revanche convertis au protestantisme, en la personne
de Geoffroy de Beynac au milieu du XIV è siècle.A la fin du XVIIè
siècle toutefois, cette famille se convertit de nouveau à la foi
catholique.La disparition du dernier héritier mâle des Beynac en 1753
met un terme à l'histoire de cette turbulente dynastie.

Le domaine revient aux Beaumont par l'alliance de Marie-Claude de
Beynac avec Christopne de Beaumont en 1761.Deux siècles plus tard, le
château change à nouveau de propriétaire, repris par Lucien Grosso, qui
a également été l'artisan de la restauration de Quéribus dans l'Aude.

Après avoir procédé à la mise hors de l'eau, il entreprend un
projet considérable : redonner à la forteresse son aspect original.

Cent ans, estime t-il, seront nécessaires pour y parvenir, même si
Beynac s'affirme déjà à nouveau comme le plus beau château médiéval du
Périgord.



Un siècle de division.

Durant un peu plus d'un siècle entre 1241 et 1379, la seigneurie de
Beynac fut divisée entre deux branches de la famille.En effet, en 1241,
deux frères de Beynac, Gaillard et Maynard, se partagent l'héritage
paternel, l'un règnant depuis le château de Commarque, qui dépend de la
châtellerie de Beynac, l'autre s'installant dans le château de Beynac.



Un décor de cinéma.

De nombreaux films ont été tournés sur le site de Beynac, parmi
lesquels Jeanne d'Arc(1998) de Luc Besson avec Mila Jovovich ou la
fille de d'Artagnan(1994) de Bertrand Tavernier avec Sophie Marceau
.C'est également ici que Jean-Marie Poiré a réalisé les scènes
médiévales des Visiteurs II(1997).








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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:08

#27: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Fév 16, 2008 7:55 pm


MONTSOREAU le château des passions fatales.



Le château de Montsoreau, dominant la Loire à son confluent avec la
Vienne, surveillait le passage entre Saumur et Chinon.Reconstruite au
XVè siècle, la vieille forteresse fit place à un édifice, médiéval
encore d'aspect, mais dont certains raffinements annonçaient la
Renaissance.Fief d'une grande famille de serviteurs de la Couronne, le
château fut le théâtre de plusieurs épisodes dramatiques, dont l'un fut
popularisé par Alexandre Dumas.



Contre toute attente, ce n'est pas au château de Montsoreau, mais
au manoir de la Coutancière, situé à quelque distance au nord de la
Loire, que se déroula en 1579 le sinistre drame qui devait faire entrer
Montsoreau dans la légende.



Surprenant un compromettant billlet dans lequel Bussy d'Amboise,
gouverneur d'Anjou, se vante d'avoir attiré "la biche du grand veneur
dans ses filets", le roi de France Henri III, s'empresse de mettre en
branle la machination qui va perdre ce grand personnage devenu
encombrant.Charles de Chambes, grand veneur du duc d'Anjou, est
promptement informé de l'infidélité de son épouse.Sous la menace d'un
poignard, celle-ci est invité à fixer un rendez-vous clandestin à
l'entreprenant gouverneur.

A l'heure dite, ce n'était pas la belle qui l'attendait, mais dix
hommes de mains.Malgré l'héroïque résistance du séducteur, celui-ci
écrasé par le nombre finit par tomber sous les coups de ses
assaillants.La suite, oubliée par Dumas, est plus surprenante.

Le comte de Montsoreau et sa femme, réconciliés eurent neuf
enfants, et, si nul ne peut affirmer qu'ils furent heureux, on sait
qu'ils vécurent près de quarante ans ensemble.



Dès le Xè siècle, il existe à Montsoreau une forteresse, siège
d'une seigneurie qui possède le privilège de recevoir un droit de péage
sur toutes les marchandises transitant par la route du bord de
Loire.Possession des Montbazon, des Craon, puis des Chabot, la
seigneurie passe au XVè siècle à Jean de Chambes, époux de Jeanne de
Chabot.Seigneur vassal des ducs d'Anjou et maître d'hôtel du roi
Charles VII, Jean de Chambes fait reconstruire la forteresse entre 1440
et 1455.

L'edifice qui affecte la forme d'un quadrilatère, consiste dans un
corps de logis en tuffeau encadré sur trois côtés par une enceinte
basse, aujourd'hui presque totalement détruite.

La façade extérieure, autrefois baignée par la Loire, et
maintenant séparée d'elle par la route, est flanquée de tours d'angle
et couronnée par un chemin de ronde à mâchicoulis.L'ensemble, austère,
annonce la fonction défensive de l'édifice.Cependant, les fenêtres à
meneaux et le double étage de lucarnes - que l'on retrouve plus tard, à
Azay-le-Rideau- annoncent déjà la demeure de plaisance.Cette évolution
est plus sensible encore sur la façade du côté de la cour, dont la
décoration est achevée au début du XVIè siècle.Cette façade sud,
cantonnée de deux gros pavillons en saillie, possède à chacun de ses
angles une tourelle d'escalier polygonale, l'une datant du XVè siècle,
l'autre ajoutée sous le règne de François 1er, et gracieusement décorée
dans le goût de la Renaissance italienne.

A peine achevé, le château est, en 1472, le cadre d'un premier
drame : Nicole de Chambes, veuve du sire de Montsoreau, reçoit
fréquemment au château le duc de Guyenne, son amant, qu'elle encourage
à se lancer dans la guerre de la Ligue du Bien public, dirigée contre
son frère, le roi Louis XI.Est ce l'effet d'une vengeance royale? La
dame et son amant périssent dans d'horribles souffrances, après avoir
mangé une pêche empoisonnée.

Près d'un siècle plus tard, l'histoire semble se répéter : Jean de
Chambes, qui se signale par les atrocités de la nuit de la Saint
Barhélémy, meurt assassiné, lèguant son château et sa fiancée,
Françoise de Méridor à son frère, Charles de Chambes, en faveur duquel
Montsoreau est érigé en comté en 1572.La suite est connue :
l'infidélité de Françoise de Méridor, que Dumas rebaptisera Diane, et
l'issue fatale de sa liaison avec Bussy d'Amboise.



Passé par alliance aux Bouchet des Sourches, le château connaîtra
désormais une histoire plus paisible.A la veille de la Révolution, il
appartient au marquis de Sourches-Tourzel, dont la femme, née
Louise-Elisabeth de Croy d'Havré(1749-1832) sera la dernière
gouvernante des enfants de France, dont elle partagera un temps la
captivité au Temple.

Dépecé après la Révolution, le château, vidé de son mobilier, est
acquis en 1913 par le département de Maine-et-Loire, qui en a entrepris
la restauration.Il abrite aujourd'hui un musée consacré au souvenir des
Goums marocains, ces troupes indigènes qui servirent dans les troupes
françaises durant la colonisation du Maroc, puis durant la Seconde
Guerre mondiale.





Soldat connu pour ses duels et son caractère querelleur, qu'une
chanson du temps décrit comme un "beau chercheur de noises", Bussy
d'Amboise, qui fut un temps l'amant de Marguerite de Valois, la future
reine Margot, est connu pour ses bonnes fortunes comme pour son
caractère impitoyable : il n'hésite pas, lors de la Saint-Barthélémy, à
assassiner de ses mains son cousin Antoine de Clermont, avec lequel il
était en procès.

Favori du duc d'Anjou, le futur Henri III, il accompagne ce
dernier en Pologne, dont il a été élu roi, mais ne tarde pas à regagner
la France, à la grande fureur de son protecteur.Proche du frère du roi,
François, devenu duc d'Anjou, il est nommé en 1576, sur les instances
de ce dernier, gouverneur d'Anjou, région où il se fait détester de
tous par sa tyrannie.

Brouillé avec le duc, qui l'accuse d'être responsable de l'échec
de son expédition en Flandre, il est tombé en disgrâce lorsque, l'année
suivante, il est assassiné par les hommes du duc de Montsoreau.

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:09

#28: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Lun Fév 25, 2008 7:49 pm


MÉNARS La dernière demeure de Mme de Pompadour.



Situé au nord de Blois, Ménars est l'un des rares châteaux de style
classiques des bords de Loire.Remanié à trois reprises, il constitue
pourtant un ensemble d'une exceptionnelle homogénéité.Propriété de la
marquise de Pompadour, le château fit l'objet au XVIIIè siècle de
somptueux aménagements.Son parc, est aujourd'hui encore l'un des plus
beaux du Val de Loire.



"Vivre seule serait trop ennuyeux" écrit un jour Mme de Pompadour à
son frère, le marquis de Marigny.Lorsqu'elle se réfugie à Ménars, la
"maison des champs" qui a subitement remplacé le château des Champs
dans son coeur, elle est toujours accompagnée d'un cercle de courtisans
qui n'hésitent pas à entreprendre le voyage avec elle.



Car l'ancienne favorite, aimable et spirituelle, reste l'un des personnages les plus influents de la Cour.

De plus en plus isolée, malgré sa puissance, dans ce rôle ingrat de
maîtresse déchue, la marquise n'ignore pas ce qu'on d'insincères les
relations qui l'entourent.

Mais cette compagnie bruyante est encore préférable à une solitude
qui lui renvoie chaque jour davantage l'image de sa propre mort.Durant
les dernières années de sa vie, la course qui la mène de Bellevue à
Champs, puis de Champs à Ménars, semble être une fuite fébrile face à
la tuberculose qui la ronge inexorablement.C'est à Versailles, par une
nuit d'avril 1764, que l'amie fidèle de Louis XV, épuisée par près de
vingt ans de vie de Cour, succombe à une congestion pulmonaire.



Le château des Charron.

Si les archives du château ont conservé le nom de quelques anciens
propriétaires, tels Jean de Taillemant,Jean du Thier, qui fit
construire Beauregard, près de Blois, ou Simon Testu, on ne sait rien
en revanche du château qui précéda l'édifice bâti vers 1646 par
Guillaume Charron, fils d'un simple vigneron du Blesois, devenu
trésorier général de l'Extraordinaire des guerres.Le château édifié par
le conseiller du roi consiste en un corps principal prolongé à ses
extrémités de pavillons en saillie, couverts de toits indépendants.

A sa mort, son neveu, Jean Jacques,président à mortier au
Parlement de Paris et beau-frère de Colbert, agrandit considérablement
la seigneurie.Etendu sur plus de quinze paroisses, Ménars, que Louis
XIV érige en marquisat en 1676, constitue bientôt l'un des plus vastes
domaines du Blésois.

Embelli par le président, qui s'éteint en 1718, Ménars constitue
une demeure somptueuse dans laquelle louis XV peut loger sans rougir,
de 1728 à 1732, le roi Stanislas Leszczinski et la reine Catherine
Opalinska, ses beaux parents qui fuient l'humidité de Chambord.



En 1759, les descendants du président Charron cèdent Ménars à Jeanne Antoinette Poisson, marquise de Pompadour.

Depuis quelques années, la belle marquise n'est plus la favorite du
Bien-Aimé, mais elle demeure l'une de ses amies les plus chères.Elle
jouit d'une pension colossale qui lui permet d'aménager avec faste, les
nombreux châteaux qu'elle a acquis ou reçus du roi.En 1760, elle
délaisse brutalement le château de Champs, qu'elle louait depuis trois
ans, pour celui de Ménars.

Mme de Pompadour confie à l'architecte Gabriel, qui s'est formé à
Versailles, le soin d'agrandir le château.De nouvelles ailes couvertes
en terrasses remplacent celles édifiées par Charron.De chaque côté de
la cour d'honneur sont élevés deux bâtiments de service, le pavillon de
l'Horloge et celui du Méridien.Meubles et objets d'art sont acheminés
depuis le château de Bellevue, vers les nouveaux appartements.La
marquise effectue de nombreux séjours à Ménars, toujours accompagnée de
nombreux invités.Tous les trois mois,carrosses et chars accompagnent
Mme de Pompadour vers la Loire.Mais elle s'éteint en 1764, sans avoir
eu le temps de voir achevés les travaux de sa dernière demeure.



Son frère, Abel Poisson, marquis de Vandières et de Marigny,
directeur des Bâtiments du roi,hérite du domaine.Faisant appel a
l'architecte Jacques-Germain Soufflot, l'un des chefs de file de
l'école néo-classique, il poursuit l'embellissement de Ménars.

L'architecte du Panthéon remplace les balustrades surmontant les
ailes par des combles à forte pentes.Dans les superbes jardins que fait
remodeler le marquis, l'architecte élève trois ouvrages : l'orangerie,
la rotonde et le nymphée, ou salle de fraîcheur.

Les étagements qui, devant le château, descendent jusqu'à la
Loire, sont remplacés par une terrasse unique.Statues, vases et
fabriques viennent orner le parc gigantesque, qui compte aujourd'hui
encore, malgré la disparition progressive de sa statuaire, parmi l'un
des plus beaux de la région.



L'héritier du marquis de Marigny, Poisson de Malvoisin, se défait
rapidement d'une partie des collections.En 1804, Victor, futur maréchal
et duc de Bellune par la grâce de l'empereur Napoléon, acquiert le
château qui a souffert de diverses dépradations durant la période
révolutionnaire.

Devenu ministre de la Guerre de Louis XVIII, Victor donnera à
Ménars des fêtes somptueuses.En 1830, Emilie Pellapra, surnommée
l'Aiglonne", qui passait pour la fille naturelle de Napoléon, hérite du
domaine.Son second époux, le prince de Chimay, fils de la célèbre Mme
Tallien, transforme le château en établissement d'enseignement pour les
jeunes gens, nanti d'un audacieux programme pédagogique.Passé ensuite à
la princesse de Beauffremont, née Chimay, le château est vendu en
1879.Dès lors, il faut attendre le rachat du domaine par la compagnie
de Saint-Gobain, qui l'a possédé jusqu'en 1983, pour que le château,
entre temps dépouillé de son mobilier, fasse l'objet d'une restauration
d'ensemble.



Le parc à fabriques de Ménars.

la fin du XVIIIè siècle se développe en France le goût des parcs à
fabriques ou jardins anglo-chinois.Sous le nom de fabriques sont
désignés de petits édifices décoratifs, imitant l'architecture
orientale ou antique, ainsi que des édifices utilitaires - laiteries,
glacières- - dont la découverte au cours de la visite du parc, doit
éveiller chez le visiteur des réflextions philosophiques.A Ménars, le
marquis de Marigny commanda notamment à l'architecte Charles de Wailly
un kiosque chinois, tandis que Soufflot, s'inspirant des jardins des
grandes villas italiennes, élevait une nymphée au bord du grand bassin.



Ironie des boudoirs.

En 1767, le marquis de Marigny, épouse Julie Marie Françoise
Filleul, née des amours de Louis XV avec Irène du Buisson de Longpré,
éphémère favorite qui succèda à la Pompadour dans le coeur du
Bien-Aimé.La nouvelle marquise de Marigny compte parmi la vingtaine
d'enfants illégitimes qu'eut le roi, en plus de dix enfants que lui
donna la reine de France, Marie Leszczynska.






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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:09

#29: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Jeu Fév 28, 2008 7:52 pm


L'EMPÉRI Le plus ancien château fort de Provence.



C'est à Salon que Nostradamus, médecin ordinaire du roi Charles IX,
reçoit le souverain acccompagné de sa mère.Nous sommes en 1564 et
depuis la visite de François 1er, en 1536, jamais la petite cité n'a
connu une telle effervescence, car c'est la cour toute entière qui
accompagne la famille royale.La rencontre a lieu au château de
l'Empéri, dans le cadre superbe de la salle des Anges.



Cinq ans auparavant Catherine de Médicis, alors régente de France,
avait fait appel à l'illustre astrologue afin qu'il établisse les
horoscopes de ses fils.Ses prédictions, étonnantes, lui avaient annoncé
que trois de ses héritiers mâles ceindraient la couronne.Après François
II, décédé en 1560, c'est Charles IX qui règne sur la France.Mais il a
encore une frère cadet, qui règnera sous le nom d'Henri III.



Le palais des évêques d'Arles.

Un château primitif, dont il ne subsiste aucune trace, semble avoir
été édifié au Xème siècle afin de contrer les invasions nombreuses,
notamment sarrasines, qui ravagent la région depuis trois siècles.Bâtie
sur le rocher du Puech, la forteresse, mentionnée pour la première fois
sous le nom de "castrum de Sallone", appartient dès cette époque aux
évèques d'Arles.

La partie la plus ancienne du château date du XIIè siècle.Elle
s'organise autour de la cour de l'Empéri dont le nom ,attribué
désormais à l'ensemble du château, rappelle qu'à cette époque le
royaume d'Arles dépend du Saint Empire romain germanique et non du
royaume de france.Plusieurs empereurs, tels Conrad II ou Frédéric Ier
Barberousse, seraient venus au château lors de leur passage à Arles.



A partir du XIIè siècle, et pendant cinq siècles, les archevêques
font du château leur résidence principale.La situation stratégique de
salon, situé à la croisée des routes menant à Marseille,
Aix-en-Provence, Avignon et Arles, ainsi que la sécurité qu'offre le
château expliquent ce choix.Le vieux château du XIIè siècle, formé,
d'une salle, d'une tour et d'une chapelle, sépare la cour d' l'Empéri
de la cour d'honneur, tous deux édifiées aux siècles suivants.

Le palais initial est agrandi et reconstruit pour l'essentiel au
XIIIè siècle, notamment par l'archevêque Jean des Baux.Un bâtiment à
deux niveaux, mentionné dès 1227, en ferme la face nord.Le gros donjon
carré qui marque l'un des angles de la cour d'honneur est édifié vers
la même époque.Parmi les premières constructions, il faut également
noter la grande tour du guet, édifiée de 1219 à 1220, qui domine
l'entrée du château.



Comme le palais des Papes à Avignon, le château est doté de
puissantes fortifications.On accède à la tour d'entrée par un
pont-levis qui franchit un fossé aujourd'hui comblé.Les éléments
défensifs -tour de guet et tours d'angles, courtines, créneaux et
mâchicoulis- surplombant de hauts remparts - laissent cependant une
grande place aux espaces d'apparat.

Installés dans le château de l'Empéri où ils mènent grand train,
les archevêques, qui se succèdent jusqu'au XVIIè siècle apportent
chacun à leur tour des modifications aux constructions de leurs
prédécesseurs.Dallages précieux, voûtes d'ogives et fenêtres géminées
viennent doter le château de nouveaux raffinements.Au début du XVIè
siècle, l'archevêque Jean Ferrier dote le sud-ouest de la cour
d'honneur d'une galerie à arcades surmontée d'une salle éclairée de
fenêtres à meneaux et desservie par un grand escalier à vis.



Entre 1590 et 1595, durant le conflit qui oppose les partisans du
nouveau roi de France, Henri IV, à la ligue, l'Empéri subit trois
sièges.Restitué aux évèques en avril 1595, il fait l'objet jusqu'a la
Révolution de peu de modifications.

Le dernier archevêque d'Arles, Mgr du Lau, est massacré durant la
Révolution.Racheté par la commune de Salon, le château est transformé
en prison puis, de 1831 à 1920 accueille une caserne.En 1909, un séisme
meurtrier frappe la Provence et endommage fortement l'aile est.Le
premier chantier de restauration débute au cours des années 1970.

Désormais consacré à l'art militaire , le musée de l'Empéri est,
après le musée de l'Armée de Paris, le second de ce type en France et
au monde.Uniformes, armes,techniques de défense et de combats, depuis
l'époque médiévale jusqu'à la Première Guerre Mondiale , sont présentés
à travers une trentaine de salles.



Sous Louis XIV, l'archevêque Jean-Baptiste Adhémar de Monteil de
Grignan, assume le plus long épiscopat de l'histoire d'arles(1643-1689)
et marque de sa personnalité le château.Issu d'une importante famille
de l'aristocratie provençale, il est l'oncle de françois, gendre de Mme
de sévigné, et de Louis, évèque de Carcassonne.


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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:17

#30: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Jeu Mar 13, 2008 7:49 pm


VAUX-LE-VICOMTE à Maincy. La seconde vie d'un éternel chef-d'oeuvre.



Malgré le destin tragique de Nicolas Fouquet qui fut son créateur,
malgré les guerres et les révolutions, le château et les jardins de
Vaux sont restés tels que le conçurent, il y a trois siècles, Le Vau et
Le Nôtre .Plus qu'un chef -d'oeuvre, Vaux-le-Vicomte, est un modèle
auquel les plus grands châteaux du XVIIè siècle, à commencer par
Versailles, doivent presque tout.



Claude Louis Hector, duc de Villars et maréchal de France
(1653-1734) acquit en 1705, le domaine de Vaux.Celui-ci portera dès
lors et jusqu'en 1764, le nom de Vaux-Villars.



Comme il aurait été présomptueux et périlleux peut-être de
convoiter le prestigieux domaine de Vaux-le-Vicomte alors que Louis
XIV, pourtant en pleine gloire, nourrissait encore une rancune tenace à
l'endroit de son créateur.Surtout ne jamais prononcer devant le roi le
nom de l'ancien surintendant, qui dépérissait dans une geôle où dont il
ne devait plus jamais sortir.

Depuis l'arrestation de Fouquet, au lendemain de la fête
somptueuse, et fatale, qu'il donna pour son roi, le château est sous
scellés.Le mobilier a été vendu, acquis en grande partie par Louis XIV
qui a également pu enrichir ses collections personnelles de livres, de
sculptures ou de tapisseries provenant du château.



La naissance de Vaux-le-Vicomte.

Par chance, le courroux royal, qui se mue peu à peu en un
indifférent silence, épargne les édifices de Vaux.En 1673, les
héritiers de Fouquet récupèrent le château et ses terres, encombrant
héritage, dont se défait en 1705 la veuve du surintendant.Le maréchal
deVillars acquiert à peu de frais un somptueux domaine, qui, sous le
nom de Vaux -Villars, est aussitôt érigé en duché.Renouant avec le
faste, le château est remeublé et redécoré.

A partir de 1764, Vaux, aussitôt rebaptisé Vaux-Praslin, est la
demeure des Choiseuls-Praslin qui apportent quelques modifications aux
appartements du premier étage.

Sauvé de la destruction pendant la Révolution grâce à la duchesse
de Praslin, Vaux fait l'objet d'importants travaux de restauration en
1842.Mais l'assassinat mystérieux de la duchesse de Praslin en 1847,
puis le suicide de son mari, ouvrent une longue période d'abandon.

Le domaine qu'acquiert en 1875, Alfred Sommier, riche industriel
sucrier, est menacé de ruine.D'importants travaux sont menés par
l'architecte Hippolyte Destailleurs, tandis que les jardins sont
recrées par les architectes paysagistes Lainé et Duchêne.

Vaux appartient aujourd'hui à l'arrière petit fils d'Alfred
Sommier, le comte Patrice de Vogüé, qui s'attache à poursuivre l'oeuvre
de son ancêtre.



Visiter Vaux-le-Vicomte aujourd'hui,c'est plonger à la source d'une
révolution qui a donné ses lettres de noblesse à l'architecture
française.

Premier ouvrage de Le Nôtre, Vaux présente pour la première fois
la composition axée qui connaîtra en France un large succès.Au centre
des appartements du rez-de-chaussée figure le Grand Salon, ovale et
surmonté d'une rotonde, dont les courbes surprenantes créent une
saillie sur la façade arrière du château.

De part et d'autres se répartissent deux appartements d'apparat,
l'un destiné initialement au roi, l'autre à Fouquet.Là encore, la
nouveauté réside dans la distribution double des pièces en
profondeur.Au sous-sol comme aux étages, un couloir longitudinal sépare
et dessert les pièces côté cour et côté jardin.Pilastres colossaux et
bas-reliefs surmontant les fenêtres peuplent les façades de Vaux.Ornant
le centre de la façade sur cour, le grand fronton sculpté surmonte des
colonnes baguées.



Que serait Vaux sans ses jardins merveilleux, écrin sur mesure qui,
de terrasse en parterre amplifie et prolonge le majestueux équilibre
des volumes et des formes du château ? Aucun jardin en France n'avait
jusqu'alors fait l'objet d'une élaboration si complexe : l'alchimie de
l'eau et de la lumière, la simplicité des bosquets répondant à
l'enchevêtrement complexe des buis,participent d'une scénographie,
impeccablement règlée qui s'appréhende d'un regard depuis la petite
terrasse centrale.

La statuaire nombreuse est l'une des nouveauté qu'apporte le parc
dans la tradition des jardins français.On retrouve ici l'influence des
grands jardins italiens de la Renaissance, où sphinges, dieux et
déesses de la mythologie abondent.Les statues qui peuplent aujourd'hui
les allées et les bassins datent des restaurations effectuées par
Alfred Sommier ; elles s'inspirent largement des groupes décoratifs que
Le Brun réalisa plus tard pour le parc de Versailles.A l'origine les
jardins de Vaux comptaient davantage encore de bosquets et de
termes.Dans leur état actuel, les jardins, heureusement restaurés,
composent, par leur harmonie même un somptueux écrin pour le château,
incarnation parfaite de la tradition française telle qu'elle fut
définie au Grand Siècle.



Grâce à l'abondance des témoignages de La Fontaine ou de Mme de
Scudéry, grâce aux gravures des jardins et du château effectuées par
Israël Silvestre ou Marot au XVIIè siècle, les restaurations peuvent
restituer le château d'origine.Les dernières restaurations, qui
portaient sur le décor intérieur, ont été commandée récemment par le
comte Patrice de Vogüé.







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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:18

#31: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Mer Mar 19, 2008 7:58 pm


BAZOCHES Une forteresse qui en vit naître beaucoup d' autres.



Située aux confins du Nivernais et du Morvan, la forteresse médiévale
de Bazoches conserve de ses origines défensives une allure massive de
place forte et un plan de quadrilatère irrégulier.De ses propriétaires
successifs se détache la figure de l'illustre Vauban : c'est à Bazoches
que l'ingénieur militaire de Louis XIV travailla aux plans de plus de
300 ouvrages fortifiés.



Présent au siège de Maastricht en 1673, Louis XIV peut apprécier
l'étendue des talents de son ingénieur militaire, Sébastien Le Prestre
de Vauban.A l'occasion de ce siège, Vauban applique pour la première
fois son système des parallèles d'attaque, qui consiste à creuser de
larges tranchées parallèles aux murs de la place forte assiégée, afin
d'avancer à couvert.Au terme de treize jours de siège, la ville tombe.



Impressionné, Louis XIV accorde à Vauban le titre de commissaire
général aux fortifications, accompagné d'une gratification de 60 000
livres.Vauban emploiera cette somme à réaliser un vieux rêve, acquérir
un domaine dans sa région natale : ce sera Bazoches.



Entre les XII et XIV siècles, le château édifié par Jean de
Bazoches passe, par le jeu des mariages et des successions, aux mains
de quatre familles : il échoit tour à tour aux Bazoches,aux Chastellux,
aux Follets, aux Motmorillon et enfin aux La Perrière, quittant parfois
le patrimoine d'une de ces familles pour y revenir quelques décennies
plus tard.

Le 29 octobre 1589, la fille du propriétaire de Bazoches,
Françoise de la Perrière, épouse Jacques Le Prestre de Vauban,
grand-père de l'illustre ingénieur.Cependant ce couple n'hérite pas
directement du château de Bazoches, qui ne devient une propriété
familiale de Vauban qu'un siècle plus tard, en 1675, lorsque Sébastien
Le Prestre, marquis de Vauban, l'achète au comte de Melun.



Le château de Bazoches a été bâti selon un plan trapézoïdal :
chaque angle de l'édifice est marqué par la présence d'une tour ronde,
tandis que les deux côtés non parallèles comportent une tour carré.a
l'origine la tour ceinte par ces bâtiments était ouverte sur
l'extérieur.Vauban fait élever un long bâtiment, qui, en complétant le
trapèze, permet de fermer la cour.

Dans cette nouvelle aile, il installe les bureaux où il travaille
avec ses ingénieurs à l'édifice d'un beau portail d'entrée à refends,
auquel mène un pont dormant, qui facilite le trafic des voitures entre
l'intérieur et l'extérieur du château.Complétant ces importants
aménagements, Vauban fait agrandir les écuries.



Vauban meurt en 1707, alors que son "Projet d'une dîme royale", qui
propose un système de fiscalité égalitaire, l'a fait tomber en
disgrâce.

Il laisse derrière lui deux filles, Jeanne Françoise et Charlotte, qui héritent du château.

La première s'éteint à l'issue d'une courte vie et la seconde,
épouse de Jacques-Louis de Mesgrigny, se sépare du château qu'avait
tant aimé son père en le vendant en 1745 à Denis-François Angran
d'Alleray.

Comme destiné cependant à partager la destinée des Vauban, le
château de Bazoches réintègre un siècle plus tard le patrimoine de
cette famille par le jeu des alliances matrimoniales.En 1838, le
propriétaire de Bazoches, Fernand de Vibraye, héritier de
Denis-François, épouse Henriette Le Peletier d'Aunay, descendante de
Vauban par sa fille Charlotte.



Depuis cette date, le château a continué d'appartenir aux
descendants de Vauban, qui se sont appliqués à conserver les traces et
souvenirs laissés par leur illustre aïeul.

Au XXème siècle, le château a ainsi retrouvé une apparence proche de celle qu'il avait au XVIIè siècle.

Dans la chambre qui fut celle du célèbre architecte subsistent
notamment son lit d'apparat et le buste que fit de lui le sculpteur
baroque Antoine Coysevox.

Le père de l'actuel propriétaire, Tony de Vibraye, a constitué une
impressionnante bibliothèque rassemblant les textes de la plume de
Vauban, ainsi que les ouvrages traitant de son oeuvre.



Dans la cour de Bazoches, Vauban était fier de montrer à ses
visiteurs, quatre imposants canons qui lui avaient été offert par le
Grand Dauphin, fils aîné de Louis XIV après le siège réussi de
Philippsburg (Allemagne), lors de la guerre de la ligue d'Augsbourg.

Deux d'entre eux seulement subsistent aujourd'hui à Bazoches, les deux autres se trouvant au château de Marcilly.



Des motifs d'inspirations orientales, très à la mode au XVIIè
siècle, ornent les tentures du lit d'apparat et les pièces des
tapisseries qui décorent le pare-feu de la chambre de Vauban.

Arabesques, costumes, animaux domestiques et scènes de vie tout
droit sortis des contes des "Milles et Une Nuits" constituaient le
décor familial dans lequel évoluait Vauban.



Né en 1633 à Saint-Léger-de-Fourcheret, non loin de Bazoches, dans
une famille de la petite noblesse, Sébastien Le Prestre de Vauban ne
semble pas voué à connaître un grand destin en dehors de sa
province.Son sens de la strétégie militaire et son génie de bâtisseur
vont cependant assurer sa fortune.Nommé ingénieur ordinaire du roi à 22
ans, il devient à 41 ans, brigadier général, puis à 45 ans commissaire
général des fortifications. En 1704, quelques années avant sa mort,
Louis XIV le fait maréchal de France.

Dans la galerie où Vauban avait établi son bureau d'études sont
aujourd'hui exposés les plans de ses fortifications et quelques
maquettes de places fortes particulièrement impressionnantes.










Cassiopée

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:18

#32: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Sam Mar 29, 2008 7:46 pm


CHAMPS, à Champs-sur-Marne.

Les fastes intimes d'une demeure du XVIIIè siècle.



Mis en valeur par les majestueuses perspectives de son parc, le château
de Champs frappe par son allure élégante et ses proportions
harmonieuses, faussement modestes.Exemple achevé du raffinement tel
qu'on le concevait à l'époque de la régence et de Louis XV, Champs eut
pour plus célèbre occupante l'une des maîtresses du Bien-Aimé, la
marquise de Pompadour, née Jeanne Antoinette Poisson



Plus on monte haut, plus la chute paraît brutale! Les mésaventures
de Paul Poisson de Bourvalais, châtelain de Champs à partir de 1701, en
fournissent un témoignage éclatant.Fils de paysans, Poisson monte à
Paris, devient laquais chez un fermier général puis entame une
fulgurante ascension, devenant au tournant du XVIIIè siècle, l'un des
plus fastueux financiers de Paris., l'un de ces hardis "traitants" qui
n'hésitent pas à venir au secours des finances de l'Etat à condition
que sa bourse y trouve son compte.

Las ! La mort de Louis XIV précipite une brève ère de
moralisation.Accusé de malversations, Bourvalais est embastillé et se
voit confisquer son château.Finalement réhabilité, il mourra, oublié de
tous en 1719, sans que ses biens lui aient été rendus.



Champs était décidément placé sous l'étoile de la finance.Avant
Bourvalais, c'est un autre homme d'argent, Charles Renouard de la
Touanne, trésorier de l'Extraordinaire des guerres, qui, en 1699,
commande à Jean Baptiste Bullet les plans d'un château sur la terre de
Champs, qu'il vient d'acquéruir.Deux ans plus tard, totalement ruiné,
il meurt d'une syncope alors que ses créanciers viennent le
saisir.Bourvalais, qui rachète Champs, mène à bien, à partir de 1703,
la suite des travaux qui seront achevés en 1707.

Elegante maison de campagne, qui se veut à la fois intime et
confortable, la construction, coiffée d'un toit à la Mansart, comporte
du côté de la cour d'honneur, un corps de logis central, flanqué de
deux pavillons en fort ressaut et occupé en son centre par un
avant-corps légèrement en relief, surmonté d'un fronton.Du côté du
parc, l'ordonnance de la façade est interrompue en son centre par une
gracieuse rotonde.Le tout se signale par son harmonie, et par des
proportions humaines, qui rappellent celles d'un hôtel particulier
parisien.



Rendu au comte de Simiane, gendre de Bourvalais, le château est
acquis par la princesse de Conti, fille légitimée de Louis XIV et de
Mme de la Vallière, qui en fait donation à son cousin, le duc de la
Vallière.C'est sans doute ce dernier qui passe commande à Claude
Desgots du dessin des jardins.Offrant une majestueuse ordonnance de
parterres à broderies, bordés par des allées d'arbre strictement
taillés qui en accentuent la symétrie, les jardins descendent en pente
douce vers une vaste forêt où se perd le regard, perspective çà-et-là
interrompue par de vastes bassins ornés en leur centre de groupes
sculptés.Ils seront, bien plus tard, complétés à la périphérie par un
vaste parc à l'anglaise.

A la mort du duc de la Vallière, en 1739, c'est son fils qui
devient châtelain de Champs.Esprit brillant et cultivé, le duc est un
grand ami de Voltaire, qu'il recevra à Champs.Cependant, peu à peu
accablé par les difficultés financières, il loue en 1757 le château à
Mme de Pompadour.Bien que locataire, celle-ci fait redécorer une grande
partie des appartements dans le style délicat caractéristique de
l'époque et commande à Garnier d'Isle de nouveaux aménagements des
jardins.Pourtant elle délaisse Champs trois ans après, ayant fait
l'acquisition du château de Ménars.



En 1763, le duc de la Vallière vend Champs à Michel, l'un des
directeurs de la Compagnie des Indes, qui le lèguera à sa fille, la
marquise de Marboeuf, guillotinée sous la Terreur.Commence alors pour
Champs une période d'instabilité.Vendu par le duc Lévis-Ventadour,
héritier de la dernière châtelaine de Champs, le château passe entre
diverses mains, avant d'être acquis en 1895, par un banquier, le comte
Cahen d'Anvers.Amoureux de Champs, le nouveau propriétaire entreprend
un minutieux travail de restauration, confiant la remise en état du
parc aux paysagistes Henri et Achille Duchêne et rétablissant les
combles, entretemps transformés en terrasses à l'italienne, dans leur
configuration initiale.La famille Cahen d'Anvers fait don de Champs à
l'Etat en 1935.Le château accueille de temps à autres des chefs d'Etat
étrangers en visite officielle.



Champs servit de décor pour de nombreux films, entre autres "que la
fête commence " (1975 de Bertrand Tavernier et "Les liaisons
dangereuses"(1989) de Stephen Frears.



Neveu et assistant de Le Nôtre, Claude Desgot s(mort en 1732)
contrôleur des bâtiments du roi, fut notamment l'auteur, outre des
plans de Champs, de ceux du Palais-Royal, à Paris, de Chantilly, de
Bizy, ainsi que ceux de châteaux de Bagnolet et de Saint-Maur,
aujourd'hui disparus.Il était le beau-père de Jean-Charles Garnier de
l'Isle (1697-1755) qui travailla également à Champs.



Grand amateur de théàtre...mais aussi d'actrices, le duc de la
Vallière subit les foudres du cardinal de Fleury, principal ministre de
Louis XV, effarouché par le caractère un peu leste des pièces
représentées à Champs, qui plus est même durant la Semaine sainte.Le
Bien-Aimé que l'on ne savait pas aussi scrupuleux sur le chapitre de la
morale, finit par intimer au duc l'ordre de cesser ces divertissements.
:schtroumf.


Cassiopée

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:18

#33: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Avr 04, 2008 5:19 pm


LACOSTE Le refuge du marquis de Sade



Situé sur le flanc d'un des contreforts du Lubéron, le château du
"divin marquis" surplombe de ses ruines déchiquetées le petit village
de Lacoste.Est ce la sulfureuse réputation de son plus célèbre
propriétaire qui valut au château tant de dédain et d'oubli?Menacé
d'une destruction totale, le château fut pendant quarante ans la
propriété d'un amateur d'art qui s'attacha à redonner un peu d'éclat à
ces ruines.



" JE REVIENDRAI ! PRENEZ SOIN DU CHATEAU! s'exclame le marquis de
Sade le 26 Août 1778, alors qu'il quitte sous escorte le château de
Lacoste pour le fort de Vincennes.C'est pour arrêter un fugitif que les
soldats ont entrepris le jour même, au petit matin, de défoncer à
grands coups la porte du château.En effet, trois mois plus tôt, le
marquis, qui a profité de son transfert à la prison d'Aix pour
s'évader, a trouvé refuge dans sa demeure provençale.Le marquis ne
reverra pas son château.Captif des geôles de Vincennes jusqu'en février
1784, il est ensuite transféré à la Bastille puis à Charenton, dont il
ne sort qu'en 1790.Six ans plus tard, le château est vendu pour payer
les dettes de son propriétaire.



Le site ,occupé au début du IIè siècle par un castrum romain, prend
vers le milieu du XIè siècle le nom de Costa.Un dénommé Eldebert est
alors maître de ces lieux menacés par les incursions d'autres
seigneurs.Parfaitement adapté aux contours de la roche, l'enceinte de
l'édifice prend la forme d'un polygone à dix-sept faces.Le
Château-Vieux du XIIè siècle, totalement disparu aujourd'hui, est une
forteresse d'un seul niveau, qui accueille une vaste salle voûtée.

La famille de Simiane, qui hérite de la seigneurie, élève un
édifice sur trois étages.Ce Château-Neuf, précédé d'une avant cour,
perd au début du XVI è siècle ses airs de forteresse pour devenir une
demeure seigneuriale plus confortable.

Lacoste -l'orthographe actuelle ne date que du XIXè siècle - est
alors le refuge d'une colonie vaudoise, chrétiens hérétiques établis
depuis deux siècles dans le sud-est de la France et dans les
Alpes.Proches des calvinistes, les vaudois sont victimes des
persécutions qu'infligent les troupes catholiques aux réformés.A la fin
du XVIè siècle, le village est attaqué par les troupes du baron
d'Oppède qui, malgré les négociations entreprises par Balthasard de
Simiane, seigneur de Lacoste, pillent le château et massacrent la
population.



Vers 1590, les épaisses façades sont percées de fenêtres à meneaux,
les murs du Château-Vieux sont relevés et reliés au nouvel
édifice.C'est une demeure confortable, aménagée dans le goût de la
Renaissance, que lègue au XVIIIè siècle Béatrice de Simiane à son
cousin, Gaspard françois de Sade, seigneur de Saumane et co-seigneur de
Mazan.

Parmi ses dix enfants, l'aîné, Jean-Baptiste, né en 1702, est
ambassadeur à la Cour de France et maréchal des camps et armées du
roi.Son fils, Donatien Alphonse François, qui naît à Paris en 1740,
n'est autre que le sulfureux marquis de Sade.

Le 17 mai 1763, jour de son mariage avec Renée Cordier de Launey
de Montreuil, celui-ci devient seigneur de Lacoste.Jusqu'en 1778, entre
deux séjours en prison, le marquis trouve à plusieurs reprises refuge
dans son domaine provençal qu'il a fait somptueusement meubler.En 1768,
une première affaire de moeurs, l'affaire Rose Keller, jeune mendiante
qu'il a séquestrée, lui vaut un emprisonnement qui sera suivi de
nombreuses autres incarcérations.Jusqu'en 1769, Lacoste, refuge forcé
de l'infatiguable libertin, fait l'objet d'importants travaux de
modernisation.

Le pont"torneis" du Xè siècle est remplacé par un pont dormant,
l'un des murs de la cour est abattu.Enfin le premier reçoit de nouveaux
appartements, destinés à la marquise, ainsi qu'une salle de théâtre où
sont donné, en l'absence de son épouse, quelques représentations des
pièces du marquis suivies de festins mémorables..



En 1792, le château est pillé par les Jacobins, originaires de la
région.Perdu de dettes, Sade est contraint, en 1796 de vendre son
château.Le nouveau propriétaire, le marquis de Rovère, est emprisonné
et déporté en Guyane après avoir participé à un complot royaliste.Le
château est vendu aux enchères et acquis en 1816, par Pierre Grégoire,
ancien concierge du domaine.A sa mort, le domaine partagé entre ses
héritiers est totalement délaissé.

Ce n'est qu'un siècle plus tard que quelques efforts sont entrepris pour sauver ce domaine de la ruine.

En 1952, André Bouër, natif de Lacoste, achète le château et
entreprend sa restauration.Après quarante années d'effort, l'édifice,
s'il est en partie sauvé de la ruine, n'en demeure pas moins menacé.il
est acquis récemment par le couturier Pierre Cardin, qui projette d'y
organiser un festival de musique.



La dame de Pétrarque.

Originaire d'Avignon, la maison de Sade, dont les membres
s'illustrent dès le XIIè siècle, vit naître au XIVè siècle Laure de
Sade.Certains ont cru voir en elle la jeune Laure que Pétrarque
rencontra en 1327 à Avignon.Epris de la jeune femme, le poète en fit la
figure idéalisée de la femme qu'il immortalisa dans son "Canzonière".



Le dernier des libertin.

Libre penseur et jouisseur, Sade est l'héritier d'un libertinage né
au XVIIè siècle, et dont les représentants les plus illustres se
nomment La Mothe Le Vayer ou Saint-Evremont.Le XVIIIè siècle voit
s'épanouir un libertinage de moeurs qui concentre son expression sur
l'intellectualisation de l'amour et de la séduction.Jouant sur le
langage et la démystification des codes sociaux, ce libertinage
s'épanouit admirablement chez Laclos ou chez Crébillon fils.Subversif
et provocant, Sade prolonge et amplifie ce mouvement qu'il pousse
jusqu'à des conséquences ultimes, le crime, annonçant ainsi sa chute.

Cassiopée

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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:25

#34: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Jeu Avr 10, 2008 6:58 pm


RARAY Un fabuleux décor de théatre.



Comme prisonniers d'un mystérieux sortilège, chiens de chasse, biches
et cerfs pétrifiés peuplent les crêtes des murs et les jardins du
château de Raray(Oise 60)Ce décor fascinant, mêlant inspiration baroque
et statuaire italianisante, fut exécuté au XVIIè siècle pour un
seigneur épris de chasse.C'est ce cadre que choisit Jean Cocteau pour
tourner l'un de ses chefs d'oeuvres cinématographique LA BELLE ET LA
BÊTE.



Le 27 Aout 1945, après un an de préparatifs, débute le tournage de
la Belle et la Bête.Pour donner à cette adaptation d'un conte
fantastique du XVIIIè siècle l'ampleur onirique qui lui est chère, Jean
Cocteau installe sa Bête, un Jean Marais incroyablement grimé, au coeur
des décors de Raray.

"Il faut à Marais le mufle du Lion, des yeux clairs et superbes,
une chevelure qui rayonne, des griffes, des crocs", écrit Cocteau dans
son "Journal".

Invité à partager le repas de la maîtresse des lieux, Mme de la
Bédoyère, Cocteau raconte ce déjeuner étrange, scène insolite
réunissant une vieille dame vêtue de noir et une bête monstrueuse
observée par de petits enfants muets et fascinés.Car le maquillage de
Jean Marais qui nécessitait chaque jour cinq heures de travail, ne
pouvait être ôté, ne fût-ce que l'espace d'un repas.



L'ancienne seigneurie de Raray, vassale de l'évêché de Senlis,
appartenait au XIIIè siècle aux Le Bouteiller de Senlis, dont le nom
rappelle la fonction héréditaire attachée à cette famille d'échansons
des rois de France.Vers 1600, Nicolas de Lancy prend possession de la
baronnie.

Ecuyer et trésorier général de la maison de Gaston d'Orléans, il
entreprend vers 1610 la construction d'un nouveau corps de logis accolé
à l'ancienne demeure.Sobre de facture très simple, la bâtisse classique
est prolongée par deux pavillons saillants dont l'aspect actuel date
des modifications du XVIIIè siècle.L'édifice est précédé d'une cour
d'honneur qui confère à Raray sa particularité unique.



Les origines florentines de Lucrezia de Lanchest, épouse de Nicolas
de Lancy, ont-elles contribué à faire du décor de Raray ce chef
d'oeuvre digne des plus beaux jardins italiens? Unique en France, le
bestiaire sculpté qui décore les portiques de la cour d'honneur
constitue un hommage inégalé aux grandes chasses auxquelles
s'adonnaient les seigneurs de Raray.

Cerfs,sangliers, chiens pétrifiés dans des postures variées,
deviennent les acteurs de pierre d'une mise en scène dotée d'un
extraordinaire pouvoir d'évocation.

De part et d'autre de la cour se dressent deux galeries de
dix-huit arcades que séparent des niches abritant des bustes à
l'antique, représentant des empereurs romains et des dieux et des
déesses, d'une facture quelque peu rustique.Entre les vases sculptés
ornant l'entablement se répartissent les meutes de chiens courants,
l'une chassant le cerf, l'autre le sanglier.

Au delà de la cour, une diane chasseresse surmontée d'une licorne décore une porte ouvrant sur les bois.



Passé des mains des Lancy à celle des Le Conte de Nonant, Raray est
acquis en 1760 par le marquis des Barres qui entreprend de moderniser
le château.Un étage supplémentaire est ajouté aux pavillons latéraux
tandis que le corps central est surmonté d'un attique à balustrade
.L'ensemble de la façade se dote de décorations qui se marient avec les
ornementations du siècle précédent : ainsi le fronton semi-circulaire
orné d'un cerf fut surélevé au XVIIIè siècle mais date de Nicolas de
Lancy.

En 1785, la fille du marquis des Barres épouse le vicomte de la
Bedoyère, dont proviennent plusieurs tableaux conservés au château,
notamment un portrait de Mme Geoffrin, tante du marié par Hubert
Robert.C'est au château de Raray que leur fils, Charles passe son
enfance.Lorsque Napoléon revient de l'île d'Elbe en 1815, ce brillant
officier, pourtant ami de Mme de Staël à laquelle il a rendu visite à
Coppet, est l'un des premiers à se rallier à l'empereur.Dès le retour
des Bourbons, il payera de sa vie ce qui fut considéré comme une
trahison, il fut fusillé au terme d'un jugement sommaire.Depuis cette
époque, le château est resté aux mains de la même famille, qui y
installé il y a quelques années un parcours de golf aux abords du parc.





C'est à l'ombre de la mystérieuse et intemporelle statuaire de
Raray que Cocteau décide au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de
situer l'action de La Belle et la Bête, son drame merveilleux, Jean
Marais mi-homme mi bête, séduit par la beauté fragile de Belle, évolue
au milieu des silhouettes animales.La magie de Raray contribue à celle
du film dans lequel les décors semblent avoir une vie propre :
candélabres tenus par des mains vivantes, ombres mouvantes et oniriques
habitent le clair-obscur de l'écran, composant un spectacle
inoubliable.

Ce film est adapté d'un conte de Mme Leprince de Beaumont,
préceptrice de jeunes enfants de l'aristocratie anglaise.De ce conte
extrait d'un recueil paru en 1757 et intitulé "Le magasin des enfants"
cocteau a voulu conserver la fraîcheur enfantine.






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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:25

#35: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Ven Avr 18, 2008 5:21 pm


MONTMURAN , aux Iffs (Bretagne)



Dominant la vaste plaine de Tintégniac, le château de Montmuran ne
saurait renier ses origines féodales.Forteresse défensive, qui fut
mélée aux luttes pour la succession de Bretagne, Montmuran s'adjoignit
au XVIIè siècle, un gracieux corps de logis central, édifié dans le
style classique.Lieu chargé d'histoire, qui fut aux mains de plusieurs
grandes familles, Montmuran reste inséparable de la grande figure de
Bertrand Du Guesclin.



Le soir du jeudi Saint de l'an 1354, le maréchal d'Audrehem,
lieutenant du roi de France, a été convié à festoyer avec sa bande de
gentilshommes bretons et normands au château de Montmuran par la
maîtresse des lieux, Jeanne de Combour, veuve de Jean de Tinténiac.

Ce jour de fête marque un temps de trêve dans cette longue lutte
pour la succession de Bretagne qui, depuis plus de dix ans, oppose les
partisans de Jeanne de Bretagne, épouse de Charles de Blois, soutenue
par le roi de France, et ceux de Jean de Montfort, qui bénéficie de
l'appui des anglais.Dans cette assistance, pourtant, un gentilhomme
particulièrement laid , brutal et valeureux craint quelque traîtrise
des Anglais.Prudent Du Guesclin - car c'est de lui qu'il s'agit- a fait
poster trente archers dans un chemin creux.

La précaution a été sage : venus du village voisin de Bécherel,
l'Anglais Hue de Calverly et ses hommes fondent tout d'un coup sur
Montmuran, escomptant qu'ils ne trouveront pas de résistance.C'est
compter sans la clairvoyance de Du Guesclin qui, prévenu à temps
rassemble ses hommes sur le champ et inflige aux assaillant une sévère
défaite.Au sortir de la bataille, il est récompensé de sa bravoure et
de sa prévoyance en étant armé chevalier dans la chapelle du château.



Les origines de Montmuran remontent au XIè siècle.En 1032, Alain
III, duc de Bretagne, fonde pour sa soeur Adèle l'abbaye de Saint
Georges.Dépendante de l'abbaye, la terre de Tintégniac est bientôt
constituée en fief pour Donoual, qui prendra désormais le nom de
Tintégniac.Chargé d'assurer la défense de l'abbaye, une première
forteresse est édifiée vers 1036.En 1168, elle ne résistera pas à
l'assaut du roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt, qui l'incendie
totalement, ne laissant subsister que les deux tours massives pourvues
d'un toit en forme de cône qui flanquent aujourd'hui encore la façade
principale, au nord.

Au XIVè siècle, Jean de Tinténiac entreprend une reconstruction
totale de la forteresse, qui se présente comme une enceinte pentagonale
protégée par sept tours, dont l'une fait office de donjon. A l'ouest
l'entrée est défendue par un imposant châtelet, resté inchangé jusqu'à
nous.Flanqué de deux tours à mâchicoulis, il est complété par un
dispositif défensif formé d'un pont-levis, d'une herse et de douve.sur
sa face postérieure, dans la basse cour, est édifiée dans le style
gothique flamboyant une chapelle, desservie par un escalier extérieur
qui serait postérieure à l'édifice ayant servi de cadre à l'adoubement
de Du Guesclin.



Jean de Tinténiac, qui remania et agrandit Montmuran, devait
s'illustrer lors du fameux combat de Trente, durant la succession de
Bretagne, qui opposa trente chevaliers bretons à trente chevaliers
anglais.

Après sa mort , le château passe à sa fille Isabelle, épouse de
Jean de Laval, puis à sa petite fille Jeanne, que Du Guesclin épousera
en 1373, peu après avoir protégé le château d'une nouvelle attaque
anglaise.

Restée veuve sans enfants de Du Guesclin, Jeanne de Laval se
remarie avec son cousin Guy XII de Laval, baron de Vitré.Le château
reste dans la famille de Laval jusqu'en 1547, date à laquelle Charlotte
de Laval-Montmorency, unique héritière de cette illustre maison, épouse
Gaspard de Coligny, grand amiral de France.C'est elle qui convertira au
protestantisme celui qui sera en 1572, l'une des premières victimes du
massacre de la Saint-Barthélémy.



Passé en 1665 à un parent des Coligny, Henri de Coëtquen, le
château qui a perdu toute fonction défensive, est mis au goût du
jour.Remplaçant la courtine médiévale et reliant le château d'entrée
aux deux tours datant du XIIè siècle, s'élève bientôt un corps de logis
d'architecture classique, destiné à l'habitation des châtelains.Les
remaniements du XIIIè siècle l'agrémenteront d'un avant corps en légère
saillie, surmonté d'un fronton.

Echu par héritage à la marquise de Mornay-Montchevreuil, le
château est vendu en 1750 aux La Motte, qui le conservent jusqu'à la
Révolution.

Vendu comme bien national en 1795, Montmuran acquis par la famille
Bizien, reste dans sa descendance jusqu'en 1889, date à laquelle il
entre dans la famille de La Villéon.

Montmuran appartient aujourd'hui au comte de La Villéon, qui a ouvert le château à la visite.

Ménagée dans l'épaisseur du mur de l'une des tours nord, une étuve
constitue un intéressant témoignage sur les installations sanitaires
médiévales.Cette étuve est logée dans une petite salle voûtée d'ogives,
dallée de granit et bénéficiant d'un système de chauffage par le
sol.Dans le bâtiment classique existe un original appareil à chauffer
l'eau, alimenté par un foyer de cheminée et consistant dans un bac
traversé par des conduits de chauffe et pourvu d'un robinet permettant
de tirer l'eau.



Dans la chapelle du château, où Du Guesclin fut armé chevalier, un
vitrail datant de la fin du XIXè siècle, est inséré dans une baie
Renaissance.Il retrace, outre l'histoire de la construction du château,
la vie et les exploits du connétable.On y voit notamment son adoubement
comme chevalier et son second mariage avec Jeanne de Laval ( sa
première femme fut Tiphaine Raguenel.)

Cadet d'une famille noble mais peu fortunée, Bertrand Du Guesclin
embrasse très jeune le métier des armes.Passé au service du roi de
France en 1350, il combat le parti anglais durant la guerre de
Succession de Bretagne, puis en 1366, est chargé par le roi Charles V
d'attirer les Grandes Compagnies hors de France.Vainqueur en Castille,
de Henri de Trastamare, qui combattait son frère Pierre le Cruel.

Du Guesclin nommé connétable, est l'âme de la résistance française
dès les débuts de la guerre de Cent Ans.Après avoir repoussé les
Anglais du Poitou, de la Normandie, de la Guyenne et de la Saintonge,
il meurt héroïquement en Auvergne, lors du siège de
Chateauneuf-de-Randon.Prodigieusement populaire de son vivant, ce
chevalier laid et brave est entérré dans la nécropole des rois de
France, à Saint Denis, où l'on voit toujours son gisant.






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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:26

#36: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Jeu Avr 24, 2008 6:55 pm


BRISSAC Le plus imposant des châteaux de la Loire.



Bâti sur un vaste terre-plein dominant d'Aubance, à quelques kilomètres
d'Angers, Brissac n'est pas seulement le plus haut des châteaux de la
Loire, c'est sans doute aussi le plus surprenant, avec cette façade
principale où deux tours rondes à mâchicoulis encadrent un corps de
logis qui marie la sobriété du style Louis XIII et les raffinements
d'une Renaissance qui penche subtilement vers le baroque.



Septembre 1792.A la nouvelle de l'invasion autrichienne, le peuple
de Paris, affamé et inquiet, s'échauffe à la moindre rumeur.Et voilà
justement qu'on transfère en masse des prisonniers : ces aristocrates
blèmes, entassés sur des charrettes, ne sont-ils pas les premiers
coupables, ceux-là même qui ne cessent de désigner les révolutionnaires
à la vindicte populaire ?Soudain, la foule se déchaîne contre les
puissants d'hier.

Parmi eux, Louis Hercule Timoléon de Brissac, chef déchu de la
garde royale de Louis XIV et amant de la comtesse du Barry, ancienne
favorite honnie du peuple, n'échappe pas au massacre.Sa tête finit sur
une pique, portée en trophée jusqu'au château de Louveciennes où on
l'exhibe sous les fenêtres de sa maîtresse.



Lorsque Pierre de Brézé, ministre de Charles VII et de Louis XI,
acquiert en 1434 le fief de Brissac, celui-ci s'organise autour d'une
demeure offensive, édifiée au XIè siècle par le comte d'Anjou, Foulques
de Nerra.Homme influent, fort apprécié de Charles VII, Brézé dote le
château des deux imposantes tours d'angles qui animent aujourd'hui la
façade principale.Depuis mars 1465, le roi Louis XI est en conflit
ouvert avec la ligue du Bien Public.Cette alliance, crée par Charles de
France, frère du roi, et de puissants ducs, cherche à contrer le
renouveau du pouvoir royal amorcé sous Charles VII.A la bataille de
Montlhéry, qui oppose les troupes royales aux princes séditieux, Pierre
de Brézé trouve la mort en sauvant le roi.Son fils Jacques, s'installe
au château.Meurtrier de sa femme qu'il a surpris en flagrant délit
d'adultère, il déserte le château où s'est tenu le drame.



Ainsi en 1502, Brissac est à vendre.Le roi de France, Louis XII
vient de récompenser généreusement le chambellan de Charles VIII, René
de Cossé, pour avoir su négocier sa libération durant la Guerre folle,
conflit qui l'opposa durant la minorité de Charles VIII à la régente
Anne de Beaujeu.

René de Cossé acquiert la seigneurie de Brissac dont il prend le
nom.En 1550, son fils Charles de Brissac, capitaine intrépide, devient
maréchal de France.Charles II de Brissac, lui aussi maréchal de France
et gouverneur de Paris sous la Ligue, devient en 1611 le premier duc du
nom.



Les rudes combats menés dans le Poitou durant les guerres de
Religion laissent Brissac en piteux état.Lorsqu'il le retrouve en 1606,
Charles de Brissac découvre un "château neuf à demi construit dans un
château vieux à demi détruit".

Le duc entreprend, sous la conduite de l'architecte Jacques
Corbineau, la construction d'un édifice grandiose.Un bâtiment tout en
hauteur - car le terrain ne permet guère d'étendre le château -pourvu
d'une riche ornementation baroque, s'élève en lieu et place de
l'ancienne forteresse.

Lorsque le duc s'éteint en 1621, l'ouvrage n'est pas achevé.Seule
une moitié du vaste logis a été bâtie ; le pavillon-donjon du grand
escalier, qui devait se trouver au centre, demeure étrangement accolée
à l'une des deux tours du XVè siècle qui n'ont pas été démontées.Son
fils Louis entreprend l'édification d'une surprenante aile en retour
d'équerre.Les combles et les lucarnes s'ajoutent aux cinq étages pour
créer un bâtiment d'une hauteur impressionnante.



Sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, on mène grand train à
Brissac.En 1768, Jean-Paul Timoléon de Cossé, septième duc de Brissac,
est fait maréchal de France.C'est le quatrième de la famille à obtenir
cette dignité, qu'il reçoit de Louis XV après avoir combattu les Turcs
à Corfou.Lors de la Révolution, le château est réquisitionné.Transformé
en cantonnement pour les "Bleus" de Vendée, il subit de nombreux
dégâts.

Le château est restitué à la famille de Cossé après la Révolution,
mais il faut attendre le milieu du XIXè siècle pour que soient
entreprises les premières restaurations.

Après avoir accueilli dix huit générations de Brissac, le château
est habité aujourd'hui par le treizième duc de Brissac et son épouse.



En 1476, Jacques de Brézé à fait un mariage flatteur en épousant
Charlotte de Valois, l'une des filles nées des amours de Charles VII et
de sa favorite, Agnès Sorel.

La belle épouse, qui semble avoir hérité de l'ardent tempérament
de sa mère, est surprise au château par son mari en compagnie de son
amant, Pierre de la Vergne.

Pris d'une rage meurtrière, le seigneur de Brézé les passe tous deux au fil de l'épée.



Avec ses sept étages et ses 200 salles, Brissac compte parmi les
plus imposants châteaux de la loire.Le pavillon coiffé d'un dôme
d'ardoise, qui aurait du marquer le centre de la façade et émerge de la
tour nord, culmine à 48 mètres de hauteur.Ses hautes baies cintrées,
ses pilastres, ses sculptures et ses frontons coupés en font un modèle
d'élégance.



Durant les guerres de Religion, Charles de Brissac est gouverneur
de Paris pour le compte de la Ligue.Lorsque Henri IV, sacré roi depuis
1594, entreprend le siège de la ville, Brissac, sentant la défite
inévitable, choisit d'ouvrir les portes de Paris au souverain.Pour
avoir livré Paris sans bain de sang, l'adroit gouverneur est fait duc
et pair.Goguenards, les Parisiens lui dédient cette chanson :

"Tu es sauvé, Paris : ton gouverneur Brissac a gardé ton navire et du bris et du sac".



L'intérieur du château richement décoré, abrite les collections
d'art accumulées par la famille Cossé depuis plus de cinq siècles.Le
Grand Salon a conservé son plafond doré du XVIIè siècle.

La Salle de chasse est ornée de splendides tapisseries des
Gobelins et des Flandres.On peut également admirer la chambre de
Mortemart où le jeune roi Louis XIII vint signer avec sa mère, Marie de
Médicis, la paix d'Angers ainsi qu'un petit théâtre bâti en 1883 dans
le style du XVIIè siècle.




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Re: Châteaux de France

Message par Cassiopée le Mer 29 Avr - 15:26

#37: Auteur: graindesel, Localisation: gagatorium
Posté le: Dim Mai 04, 2008 6:53 pm


MENTHON, à Menthon-Saint-Bernard. Le passé en héritage.





Bâti sur un rocher circulaire dont il épouse la forme, le château de
Menthon, véritable nid d'aigle, surveille depuis des siècles le col de
Bluffy et, de là, la route qui relie Genève à l'Italie.Constamment
réaménagé par ses possesseurs, le château de Menthon a pour
particularité d'être resté depuis le XIIè siècle entre les mains d'une
même famille.

Patron des alpinistes et des bergers , saint Bernard de Menthon serait, d'après une tradition tenace, né au château en 923.



C'est, d'après la tradition, pour échapper au mariage que ses
parents avaient arrangé pour lui avec la riche Magdeleine de Miolans
que Bernard Menthon, implorant saint Nicolas pour que s'accomplisse sa
vocation religieuse, trouva la force nécessaire pour briser les
barreaux qui barraient la fenêtre de sa chambre et pour sauter, soutenu
par des anges, la veille de ses noces.

Parvenu à la vallée d'Aoste, le jeune homme se fit prêtre et
excerça son apostolat auprès des bergers.Il aurait au terme d'un combat
épique, vaincu les diables qui s'étaient emparés de la statue de
Jupiter perchée sur le col du Mont-Joux et fondé les hospices du Grand
et du Petit-Saint-Bernard.Pie IX en fit, en 1920, le patron des
alpinistes.



L'existence historique de saint Bernard de Menthon et son
rattachement à l'illustre maison de Menthon, soutenus depuis le XVè
siècle, n'ont jamais pu être prouvés.Quoi qu'il en soit, il est fort
probable que la chambre du saint, ne vit jamais sa naissance, puisque
la construction est postérieure au Xè siècle.



L'existence de la famille de Menthon sur les lieux est cependant
attestée dès le XIIè siècle ; les Menthon, dont le nom signifie en
celte "sur le rocher", possèdent alors des terres qui s'étendent jusque
dans le Genevois.Sur le site, autrefois occupé par un oppidum romain,
la première fut sans doute une tour de guet ou un donjon.Elle se
transforme au XIVè et XVè siècle en une solide forteresse, comportant
trois tours couronnées d'un chemin de ronde et reliées par des
courtines, et d'une basse-cour servant de refuge aux habitants du
village en cas d'attaque ennemie.

L'ensemble est dominé par la tour dite " des armes" qui a la forme
d'un quadrilatère irrégulier.De cette époque datent le portail, qui
constitue la seule entrée du château, la salle des pélerins, ancienne
cuisine ainsi nommée car elle accueillait les pélerins se rendant à
Saint-Jacques de Compostelle, à Jérusalem ou a Rome, ou encore la
chapelle, remaniée au XVIè siècle.



A la Renaissance, l'austère forteresse fait l'objet de nombreuses
transformations : des appartements sont aménagés dans les anciens
chemins de ronde, à l'exemple de la salette, la chambre
traditionnellement occupée par la maîtresse des lieux, qui conserve un
bel ensemble de tapisseries d'Aubusson datant du début du XVIIè siècle.

Les aménagements les plus importants ne datent cependant que du
milieu du XVIIIè siècle, lorsque le comte Bernard de Menthon, qui mène
grand train dans son hôtel de Chambéry, aménage une nouvelle façade
pourvue d'une terrasse donnant sur le lac et donne au grand salon et à
la salle à manger leur physionomie actuelle.A cette époque, le jeune
Jean-Jacques Rousseau empruntera fréquemment le château pour venir
dispenser des leçons de musique à la jeune Sophie de Menthon, fille des
châtelains.Brièvement passé par mariage, à la famille Veuillet de la
Saulnière, le château, épargné de toute dégradation lors de la
Révolution, fait retour aux Menthon dès le début du XIXè siècle.



Vers 1880, le comte René de Menthon, cédant à la mode néogothique
redécore les appartements et remanie l'édifice dans le goût romantique,
l'agrémentant de tourelles et de pignons et dotant la cour intérieure
d'une galerie à colombages.Dans le même temps, la chapelle reçoit un
ensemble de peintures murales évoquant les principaux épisodes de la
vie de saint Bernard.

Le château, dont les derniers aménagements intérieurs datent de
1920, passe dans la seconde moitié du XXè siècle à François de Menthon,
figure de la vie politique locale, qui sera ministre du général de
Gaulle à la Libération.

Menthon appartient aujourd'hui au comte Olivier de Menthon qui
continue de veiller sur cette demeure où le souvenir de sa famille se
perd dans la nuit des temps.Il y a entrepris d'importants travaux de
restauration et a ouvert la visite de quelques unes des 105 pièces que
compte le château.



Engagé dans la Résistance à l'occupant allemand durant la Seconde
Guerre mondiale, François de Menthon(1900-1984) fut, à la Libération
l'un des fondateurs du Mouvement républicain populaire (M.R.P)
d'inspiration démocrate(chrétienne, aux côtés de Robert Schumann,
Pierre-Henri Teitgen, Francisque Gay et Georges Bidault.Ministre de la
Justice de 1944 à 1946, il fut procureur au tribunal de Nuremberg et
présida l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.



Le grand salon du château où est conservé une tapisserie aux armes
de France, datant du XVIIIè siècle, possède une cheminér
monumentale.Sur son manteau sont sculptées les armes des Menthon,
surmontées d'une banderole portant leur devise
"Partout Menthon, toujours Menthon".



Apportée en dot au XIXè siècle à Balthazar de Menthon par son épouse,
héritière d'une grande famille de parlementaires, les Richardot de
Choisey, la bibliothèque ne compte pas moins de 12 000 volumes datant
pour leur majeure partie de la période antérieure à la Révolution.Le
fonds très riche, associe des parchemins en peau de chèvre ou de mouton
à des incunables et à des ouvrages du XVIIIè siècle.

L'une de ces pièces les plus remarquables est le texte d'un
mystère du XIVè siècle qui ralate la vie de saint Bernard de Menthon.



D'origine savoyarde, Mgr Dupanloup (1802-1878), célèbre pour avoir
recueilli l'ultime confession de Talleyrand et pour avoir démissionné
de l'Académie française quand le grammairien Littré, précédé de sa
réputation de libre penseur, fut élu à l'Académie française, séjourna
fréquemment au château.Si la concordance des dates l'avait permis, il
aurait pu y rencontrer, en 1890, le futur auteur de l"Immoraliste",
André Gide (1869-1951) qui rédigea ) Menthon une partie des "Cahiers
d'André Walter"..








Cassiopée

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Re: Châteaux de France

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